COMMEMORATION DE TOUS LES DEFUNTS. ET LES MORTS ANONYMES ?

Dans une société indifférente, nous essayons simplement de restaurer les personnes dans leur dignité humaine

MSMA

COMMEMORATION DE TOUS LES DEFUNTS. ET LES MORTS ANONYMES ?

Gaspard NTAKIRUTIMANA
Gaspard NTAKIRUTIMANA

Dans l’Eglise, le 2 novembre est une journée de la commémoration de tous les fidèles défunts. Les chrétiens marquent cette date en se rendant au cimetière pour un temps de prière sur les tombes des proches. Beaucoup, dès le 1 novembre, se rendent au cimetière pour déposer les fleurs ou allumer un cierge.

Ces bons gestes, quelques soit le bon cœur qui les accomplit, semblent montrer un caractère exclusif qui est contraire à l’esprit de la journée de la commémoration de tous les défunts. En effet, dans certains cimetières on trouve des carrés réservés aux morts anonymes : ceux qui meurent dans la rue sans identité, quelques fois loin de leurs familles. Selon le Collectif national des Morts de la rue, ces personnes décédées dans l’anonymat seraient 623 en 2021. Toutes ces personnes sont souvent oubliées par des fidèles chrétiens qui visites les cimetières en cette journée dédiée à la commémoration de tous les défunts et même durant tout le mois de novembre qui, traditionnellement, prolonge la même commémoration. Heureusement que l’Esprit Saint travaille dans le cœur de ceux qui veulent porter leur charité au-delà du visible. Marseille Solidarité de Morts Anonymes (MSMA) est une association présidée par le Père Eric SAINT-SEVIN, Lazariste, qui donne l’exemple de l’attention portée à toutes ces personnes souvent oubliées ou tout simplement ignorées. La vidéo ci-dessous nous explique le mode d’action de l’association. Nous vous renvoyons également au PDF qui accompagne ce texte où vous trouverez un bon article du journal La Provence consacré à MSMA.

Gaspard NTAKIRUTIMANA, cm

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397ème anniversaire de la Congrégation de la Mission. Province de France

Aidés par les expériences des Provinces Lazaristes italiennes et des Provinces européennes ignatiennes francophones, comment vivre la mission dans notre nouvelle Province de France ?

Commission de Formation

397ème anniversaire de la Congrégation de la Mission. Province de France

A l’occasion du 397ème anniversaire de la Congrégation de la Mission, les confrères lazaristes de la Province de France se sont retrouvé pour une session de formation et pour la célébration de la fête. Malgré la crise sanitaire que nous traversons, presque 40 confrères ont pu répondre à cet événement qui est devenu une tradition pour notre Province.  Cette année, l’événement est sobre car il n’a pas été ouvert au grand public par mesures de sécuritaire sanitaire.

Pour la province de France, l’anniversaire de la fondation de la Congrégation de la Mission n’est pas seulement une occasion de faire la fête. C’est aussi une bonne occasion où les confrères lazaristes se retrouvent pour leur formation permanente.

Cette année, la Commission de formation a voulu que la Province de France fasse sa rétrospection après ses 6 ans d’existence. Elle a trouvé que le meilleur moyen de le faire était de regarder ce qui a été fait ailleurs par d’autres provinces qui ont vécu la même expérience de l’union des provinces pour former une. Le but n’était pas de faire une comparaison, mais plutôt d’apprendre de l’expérience des autres, mais également de pouvoir apprécier ce que nous avons pu bien faire sous l’action de l’Esprit Saint, tout en envisageant un meilleur avenir de notre Province. Le thème de la session, traduit très bien l’esprit de cette démarche : « Aidés par les expériences des Provinces Lazaristes italiennes et des Provinces européennes ignatiennes francophones, comment vivre la mission dans notre nouvelle Province de France ? »

Durant deux jours, du 24 au 25 janvier, les exposés des pères Nicola ALBANESI, cm, de la Province lazariste d’Italie, et Jacques GEBEL sj, de la Province Jésuite Européenne Francophone nous ont permis de questionner notre action pastorale et de nous rendre compte que la construction de notre province n’est pas encore achevée. Il y a encore un chemin à faire, mais un chemin à faire ensemble ; où les talents des uns et des autres seront sollicités pour un projet commun. Les expériences qui nous sont présentées montrent que la construction d’une province est un long processus. Il y a souvent des résistances et des tensions, ce qui ne doit pas nous effrayer ; car ces résistances et tensions sont une bonne occasion d’établir un dialogue franc et de sentir la nécessité de l’action de l’Esprit Saint.

Les interventions des Pères Nicola ALBANESI, cm et Jacques GEBEL sj étaient suivies des réflexions des confrères dans les carrefours avec des remontés pour la grande assemblée. Ainsi les échanges étaient faits d’un côté entre confrères dans les carrefours et de l’autre côté entre les confrères dans la grande assemblée et les intervenants.

Nous ne sommes pas seulement restés dans cet exercice qui parait rude et purement académique. Nous étions quand même réunis pour célébrer l’anniversaire de la Congrégation ! Les cafés et les repas étaient des moments forts de fête et des occasions d’échanger des nouvelles des confrères. Un temps de loisir autour du film « Sans plus attendre » accompagné d’une bière fraiche a également marqué notre fraternité. Nous n’avons pas non plus oublié le côté spirituel : les offices ont été célébrés. La messe de la mémoire de Saint François de Sales est présidée par le P Pierre MARIONNEAU cm. Le sommet de la fête sera la messe de la conversion de Saint Paul Apôtre qui nous rappelle la fondation de notre chétive compagnie par Saint Vincent de Paul. Cette messe est présidée par le P Frédéric PELLEFIGUE qui vit la première fois cet événement en tant que Visiteur de la Province de France.  

    

Homélie : 1er Dimanche de l’Avent – Année C

Le temps de l’Avent n’est pas un temps d’une attente oisive et passive. C’est un temps d’efforts, je dirai même un temps où nous redoublons nos efforts comme ceux qui sont aux champs de batail.

Gaspard NTAKIRUTIMANA

Homélie: 1er Dimanche de l’Avent – Année C

Chers frères et sœurs en Christ,

Avec le premier dimanche de l’Avent, une nouvelle année liturgique commence : l’année C.

Le temps de l’Avent est un Temps liturgique de 4 semaines (ou presque) qui précèdent Noël ;

Souvent quand on parle de l’Avent, on pense directement à une période où nous sommes dans l’attente de célébrer la grande fête de Noël ; pour les enfants c’est un temps où on attend impatiemment voir les chaussures posées tout près des cheminés, ou tout près des sapins de Noël. Parce que Papa Noël va passer par là. Pour certains parents, c’est un temps d’angoisse ; ils pensent au budget qui sera débloqué pour satisfaire les attentes de leurs enfants et ils sont inquiets parce qu’ils ne savent pas comment être à la hauteur de toutes ces attentes. Ce n’est pas seulement au niveau de la famille où il y a l’attente ; les centres commerciaux sont en attente : quel sera le chiffre d’affaires ?

Avent, c’est aussi un temps des préparatifs, les sapins de noël, les guirlandes, les crèches. Tout est fait pour que les fêtes de noël retrouvent leur splendeur. Je dis bien, les fêtes de noël parce que souvent, Noël est noyé dans ce brouillement d’ordre purement commercial. Le mystère de Noël, le mystère qui est à l’origine de la fête est oublié.

Pour nous Chrétien, nous qui sommes venu aujourd’hui en cette messe pour commencer le temps de l’Avent quel sens donnons nous à l’Avent ? Oui, c’est bien sûr un temps de l’attente et c’est un temps de préparation. Mais, quelle attente et quelle préparation ?  

Le temps de l’Avent nous rappelle que nous sommes un peuple en marche vers le dernier jour, le jour du retour du Fils de l’homme, de notre Sauveur Jésus Christ. Durant les derniers jours du Temps ordinaire, nous avons médité sur la fin des temps, où le Fils de l’homme viendra. Cette méditation va se poursuivra dans les premiers jours de l’Avent. C’est donc durant la première partie où nous sommes invités à tourner nos regards vers l’avenir ; à nous examiner pour voir où nous en sommes dans notre pèlerinage d’ici-bas sur la terre. Un temps où nous sommes invités à vivre dans une attente confiance, dans un abandon à Dieu qui tient toujours ses promesses pour ceux qui comptent sur son amour.   

L’Avent est aussi un temps qui nous plonge dans l’attente messianique du peuple de Dieu. La première lecture de ce jour fait écho de la promesse de Dieu faite à son peuple : « j’accomplirai la parole de bonheur, (…) je ferai germer pour David un Germe de justice et il exercera dans le pays le droit et la justice. » Vous connaissez la promesse de Dieu à David dans le 2ème livre de Samuel 7,12 : « Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. » La réalisation de cette promesse va marquer le temps messianique. Cependant, tout le monde ne va pas reconnaître ce temps où Dieu accomplit sa promesse car, « le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ; à ceux-là, il fait connaître son alliance. » (Ps24,14) Mais, attention, on ne doit pas penser que nous sommes dans un ordre exotérique où tout est caché aux « non-initiés ». Non, Saint Paul nous dit que nous avons appris des Apôtres comment il faut nous conduire pour plaire à Dieu, et grâce soit rendue à Dieu, c’est ainsi que nous nous conduisons déjà ; mais comme l’Apôtre nous le demande, nous devons faire de nouveaux progrès (cf. 1Th4,1).

Bien aimés du Christ, nous pouvons comprendre que le temps de l’Avent n’est pas un temps d’une attente oisive et passive. C’est un temps d’efforts, je dirai même un temps où nous redoublons nos efforts comme ceux qui sont aux champs de batail. Les événement cosmiques et conflictuels décrits dans l’Evangile symbolisent bien tous les moments de notre vie où nous sommes confrontés aux épreuves de différentes sortes qui veulent nous pousser au désespoir, comme cette période de la crise sanitaire qui ne finit pas. C’est à ce moment que nous devons nous redresser et relever la tête car notre rédemption est plus proche que jamais. Jésus nous donne les armes pour combattre et pour vaincre : d’abord nous tenir sur nos gardes pour discerner ce qui veut nous éloigner de la foi, et ensuite rester éveillé et prier en tout temps. Voilà, chers frères et sœurs, la vraie source de nos forces pour le combat, le combat où nous sommes victorieux parce que nous nous appuyons sur Celui qui a le dernier mot. Les épreuves et les découragements ne vont pas manquer dans notre vie chrétienne, mais, si nous comptons sur notre Seigneur Jésus, nous aurons toujours la joie et nous n’aurons plus peur de l’avenir.

Le temps de l’Avent enfin, c’est le temps de la persévérance et de la patience dans l’attente où Dieu tiendra ses promesses pour nous : Il est fidèle à ses promesses, il ne ment pas !

Au cours de cette Eucharistie prions pour notre société où le désespoir gagne de plus en plus les cœurs. Que nos frères et sœurs qui désespèrent redécouvrent le goût de vivre. Prions aussi pour les décideurs politiques, qu’ils contribuent à bâtir des sociétés qui espèrent un lendemain meilleur. Que ce temps de l’Avent nous aide à nous hâter à la rencontre de Celui qui vient habiter au milieu de nous ; Lui qui nous montre le vrai sens de la vie.

Père Gaspard, cm  

 

Institué lecteur et acolyte à Villepreux (24 janvier 2018) : invité à tenir liés les deux aspects du charisme vincentien dans l’exercice des ministères

Institué lecteur et acolyte à Villepreux (24 janvier 2018) :

Invité à tenir liés les deux aspects du charisme vincentien dans l’exercice des ministères

Un temps favorable pour Dieu

Au cours de la célébration eucharistique clôturant officiellement l’année jubilaire de 400 ans du charisme vincentien, j’ai eu la grâce d’être institué lecteur et acolyte. Quand je médite à toutes les grâces que Dieu ne cesse de me combler, je me rends compte combien l’institution de ces ministères ne fut pas la moindre de ces grâces.

En effet, il y a un peu plus de cinq ans que je désire être institué lecteur et acolyte. Ce désir remonte de mes années de formation en théologie, quand je cheminais encore dans la toute jeune congrégation des Travailleurs Missionnaires. Le désir était simplement motivé par la logique humaine qui, souvent, ne tient compte que de l’ordre établi des choses. Pour mon cas, il s’agissait de tenir compte des habitudes de la formation des futurs prêtres. Il était tout à fait normal qu’après la première année de théologie le candidat prêtre demande à être institué lecteur ; et après la deuxième année c’est l’acolytat. J’étais donc convaincu que cela devrait être la suite logique de ma formation. Je ne pensais pas que Dieu pouvait disposer autrement ; parce que les chemins de Dieu ne sont pas ceux des hommes (Cf. Is 55,8). Quand il s’est avéré que je ne pouvais pas être institué ni lecteur ni acolyte à cause de la situation juridique de mon ancien institut, j’ai compris qu’il me fallait encore apprendre à me laisser guider par l’Esprit de Celui qui m’appelle. Ne s’agissait-il pas de travailler à sa moisson que j’étais appelé ? Si c’est bien le Christ qui appelle qui il veut, quand il veut et pour l’envoyer où il veut, il me fallait donc attendre le temps favorable.

Le temps favorable a été la clôture de l’année jubilaire de 400 ans du charisme vincentien à Villepreux. Le cadre de l’institution de mes ministères m’a montré que Dieu voulait me combler des grâces que je n’aurais jamais pu imaginer. Je suis institué dans la Congrégation de la Mission, entouré de presqu’une quarantaine de confrères dont le Supérieur général, dans la joie de clôturer une année jubilaire si riche en événements ayant contribué à raviver la flamme du charisme vincentien. Ce fut donc pour moi une grande joie et un grand encouragement pour mon cheminement vocationnel. Mon institution en tant que lecteur et acolyte fut un prolongement des bénédictions reçues durant l’année de grâce du jubile de 400 ans du charisme vincentien. C’est l’année durant laquelle j’ai fait mon Séminaire Interne et prononcé mon Bon propos ; c’est encore au cours de cette année que j’ai eu la joie de vivre le grand événement du symposium à l’occasion de la célébration du même jubile au niveau mondial, avec toute la Famille vincentienne autour de notre Saint Père à Rome.

 

Les grâces reçues pour une mission et pour un engagement

Si j’ai beaucoup bénéficié de toutes ces grâce, c’est en même temps une mission que j’ai reçue et un engagement que j’ai pris. En effet, une relecture de l’institution de mes ministères me permet de dire que la Divine Providence a voulu que je sois institué lecteur et acolyte à Villepreux, ce haut lieu vincentien où les deux aspects du charisme vincentien, à savoir la mission et la charité, se sont rencontrés pour la première fois. Comment ne pas voir dans l’exercice de mes ministères une invitation à tenir ensemble ces deux aspects ? C’est d’ailleurs ce que m’a rappelé notre Visiteur dans son exhortation le jour de l’institution. En tant que lecteur, c’est la Parole de Dieu que je suis invité à méditer et à vivre d’Elle, à lire et à transmettre ; ainsi accomplirai-je la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à travers les différents services qui me sont confiés. Et en tant qu’acolyte, en même temps que je sers la table eucharistique, je suis aussi invité à servir « la table quotidienne qui rassemble les confrères dans la fraternité ». Plus encore, je suis invité à servir « la Table du Frère qui rassemble les personnes en difficultés et qui ont faim d’une parole et d’une présence. »[1] En plus des engagements liés aux ministères mineurs auxquels je suis institué, j’ai un devoir d’être témoin de tous les bienfaits de Dieu reçus durant l’année jubilaire. ; c’est d’ailleurs ce qui, quelques fois, fait naître en moi un sentiment de peur parce que « à qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup. » (Lc 12,48) Cependant, ma peur est vaincue par le fait que je ne suis pas seul, je suis soutenu et encouragé par mes confrères qui m’aiment. C’est pourquoi il ne me reste qu’à rendre grâce à Dieu qui se choisit les plus faibles, qui comptent sur Lui, afin de les combler de sa force et de faire d’eux les instruments entre ses mains.

Gaspard NTAKIRUTIMANA, CM 🔸

Ce fut donc pour moi une grande joie et un grand encouragement pour mon cheminement vocationnel. Mon institution en tant que lecteur et acolyte fut un prolongement des bénédictions reçues durant l’année de grâce du jubile de 400 ans du charisme vincentien.

NOTE :

[1] Exhortation du Père Christian MAUVAIS, CM, Visiteur de la Province de France, lors de l’institution des ministères mineurs à M Gaspard NTAKIRUTIMANA, CM, Villepreux, le 24 janvier 2018.