COMMEMORATION DE TOUS LES DEFUNTS. ET LES MORTS ANONYMES ?

Dans une société indifférente, nous essayons simplement de restaurer les personnes dans leur dignité humaine

MSMA

COMMEMORATION DE TOUS LES DEFUNTS. ET LES MORTS ANONYMES ?

Gaspard NTAKIRUTIMANA
Gaspard NTAKIRUTIMANA

Dans l’Eglise, le 2 novembre est une journée de la commémoration de tous les fidèles défunts. Les chrétiens marquent cette date en se rendant au cimetière pour un temps de prière sur les tombes des proches. Beaucoup, dès le 1 novembre, se rendent au cimetière pour déposer les fleurs ou allumer un cierge.

Ces bons gestes, quelques soit le bon cœur qui les accomplit, semblent montrer un caractère exclusif qui est contraire à l’esprit de la journée de la commémoration de tous les défunts. En effet, dans certains cimetières on trouve des carrés réservés aux morts anonymes : ceux qui meurent dans la rue sans identité, quelques fois loin de leurs familles. Selon le Collectif national des Morts de la rue, ces personnes décédées dans l’anonymat seraient 623 en 2021. Toutes ces personnes sont souvent oubliées par des fidèles chrétiens qui visites les cimetières en cette journée dédiée à la commémoration de tous les défunts et même durant tout le mois de novembre qui, traditionnellement, prolonge la même commémoration. Heureusement que l’Esprit Saint travaille dans le cœur de ceux qui veulent porter leur charité au-delà du visible. Marseille Solidarité de Morts Anonymes (MSMA) est une association présidée par le Père Eric SAINT-SEVIN, Lazariste, qui donne l’exemple de l’attention portée à toutes ces personnes souvent oubliées ou tout simplement ignorées. La vidéo ci-dessous nous explique le mode d’action de l’association. Nous vous renvoyons également au PDF qui accompagne ce texte où vous trouverez un bon article du journal La Provence consacré à MSMA.

Gaspard NTAKIRUTIMANA, cm

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MISSIONNAIRES, A LA SUITE DU CHRIST, EVANGELISATEUR DES PAUVRES

Une soirée « vocation » de réflexion et de partage. Soyez les bienvenues!

MISSIONNAIRES, A LA SUITE DU CHRIST, EVANGELISATEUR DES PAUVRES

Pierre MARIONNEAU
Pierre MARIONNEAU
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PRESENTATION A L’ASSEMBLEE GENERALE DU PROJET DE RENOVATION DE LA MAISON-MERE DE LA CONGREGATION DE LA MISSION

Cette maison est un patrimoine  spirituel et matériel de toute la Congrégation et non pas seulement de la Province de France. Nos racines et notre histoire en tant que Congrégation sont définitivement imbriquées avec cette édifice qui a évolué sans cesse au long des deux derniers siècles. Son histoire est passionnante en son avenir prometteur.

Roberto GOMEZ

PRESENTATION A L’ASSEMBLEE GENERALE DU PROJET DE RENOVATION DE LA MAISON-MERE DE LA CONGREGATION DE LA MISSION

Roberto GOMEZ
Roberto GOMEZ

Il m’a été demandé de vous rendre compte du projet de rénovation de la Maison-Mère de la Congrégation de la Mission. Merci de m’avoir donné l’occasion de le faire. Cette maison est un patrimoine  spirituel et matériel de toute la Congrégation et non pas seulement de la Province de France. Nos racines et notre histoire en tant que Congrégation sont définitivement imbriquées avec cette édifice qui a évolué sans cesse au long des deux derniers siècles. Son histoire est passionnante en son avenir prometteur.

Permettez-moi de rappeler quelques éléments importants de l’histoire de la Maison-Mère pour mieux comprendre les enjeux, les tenants et les aboutissants  du projet de rénovation de notre Maison :

  1. La Congrégation de la Mission a trouvé son « Deuxième Berceau » au 95 rue de Sèvres il y a 205 ans. En effet, depuis le 9 novembre 1817 l’ancien hôtel de LORGES est devenu l’espace où la Congrégation de la Mission a retrouvé vie et vigueur après les événements de la révolution française. A ce moment-là, les membres de la  Congrégation étant dispersés ne possédaient pas un endroit où se rassembler dignement. Le Vicaire Général de l’époque, Mr Verbert, a obtenu de l’État français l’ancien hôtel de LORGES et une somme de 90 000  francs permettant l’amélioration du bâtiment et l’adaptation aux besoins de la Congrégation qui recommençait une nouvelle étape de son histoire. Les supérieurs généraux successifs ont donné forme et dynamisme à cette maison tout au long du XIX° et du XX° siècles.

A l’origine l’édifice était tout petit, étroit et inconfortable ; non adapté aux besoins de la Congrégation renaissante. Mr Etienne le décrira comme « l’étable de Bethléem ». Il n’y avait même pas une chapelle pour la célébration de la liturgie. La chapelle actuelle fut consacrée  le 1° novembre 1827 par l’archevêque de Pairs à cet époque, Mgr de Quélin (10 ans après notre arrivée). Les reliques de saint Vincent sont transférées en grande pompe le 25 avril 1830. Les tribunes et les bas-côtés seront construits bien plus tard entre les années 1855 et 1860 puisque la chapelle était devenue trop petite pour les lazaristes et les dévotions populaires.

Le reste de la maison se développe petit à petit selon les besoins de la Congrégation. La salle à manger fut élargie, d’autres locaux sont construits, les numéros 93 et le 97 rue de Sèvres sont acquis progressivement. C’est Mr Etienne qui finira l’ouvre bien commencée par Mr Verbert. La Congrégation de la Mission connaît alors une période florissante. Des missionnaires sont envoyés depuis la Maison-Mère dans le monde entier : l’Orient, la Perse, la Grèce, la Chine, l’Amérique Latine. Des missionnaires connus et moins connus ont laissé leur vie dans ces missions. Il suffirait d’interroger les confrères vivant dans ces provinces. La Maison-Mère est devenue progressivement le « deuxième berceau » de la Congrégation, le cœur  de la compagnie.

Pendant cette période nous ne sommes pas propriétaires de la Maison-Mère, mais locataires de l’État français.

  1. Le départ du Supérieur général et de la curie à Rome en 1963. Ce départ marquera une nouvelle étape dans la vie et le devenir de la Maison-Mère[1]. Le Supérieur général part à Rome et les ressources  économiques s’envolent avec lui. Jusqu’à ce moment, c’est la Curie qui prend en charge la transformation et la vie quotidienne de la Maison-Mère. Celle-ci est alors confiée aux bons soins de la province de Paris tout en gardant la désignation de « Maison-Mère de la Congrégation de la Mission ». Ce départ voulu par la Congrégation elle-même, change beaucoup de choses dans la grande maison tant au niveau pratique qu’au niveau de l’organisation ; vous pouvez l’imaginer ! Malgré le départ de la curie à Rome, la Maison-Mère continue d’être le cœur spirituel de la Congrégation, le lieu de la mémoire vivante de la Compagnie, la gardienne d’un patrimoine spirituel et matériel inestimables. Qu’il suffise de penser à la Chapelle et aux archives historiques.

Avant de poursuivre, je voudrais être clair : nous ne souhaitons ni ne demandons que la Curie Générale retourne à Paris. Il n’y a aucune ambigüité là-dessus de notre part.

Depuis 1963, la maison continue de s’adapter aux besoins des époques changeantes : des douches dans tous les étages (mais non pas dans le chambres),  des ascenseurs, des téléphones, puis l’internet. Le nombre des confrères vivant à demeure diminue lentement mais sûrement. Pour faire face économiquement parlant aux besoins, la Maison-Mère doit ouvrir ses portes pour accueillir des gens d’église, des laïcs, des associations  et une série d’événements ponctuels qui apporteront de la vie et des ressources à la maison.

Nous ne sommes toujours pas propriétaires de la maison. Nous sommes toujours locataires de l’État.

  1. Le 6 octobre 2006, l’État français nous rend propriétaires de toute la Maison-Mère[2]. Nous ne possédions en fait que le 93 et le 97 rue de Sèvres ainsi que les 88-90-92 rue Cherche Midi (anciens locaux de la Maison Provinciale de Paris). Désormais, cette maison est pleinement la nôtre ! Ce « cadeau » de l’État français change aussi beaucoup de choses. De fait, en 1986, le visiteur de l’époque, P. Claude Lautissier, avait signé un contrat (un bail en français) de longue durée avec le représentant de l’état pour une période de 65 ans. En 2051 on aurait dû quitter la Maison-Mère. Cela explique la difficulté d’entreprendre des travaux à long terme. On n’était pas chez nous.

La Maison-Mère est une maison de la Province de Paris d’abord puis de la Province de France, mais de par son histoire et son devenir elle a bien une dimension internationale : elle est la Maison-Mère de toute la Congrégation même si concrètement cela ne se vérifie pas ou peu dans les faits. Le CIF (Centre International de Formation) fut l’occasion d’ouvrir davantage la maison à l’international mais les confrères ne se sont pas toujours sentis accueillis comme confrères dans ces murs. Ils étaient de passage et avaient leur rythme de vie ; leur participation à la vie communautaire des confrères sur place s’est faite peu à peu en toute fraternité. Ce fut un premier pas mais cela ne fait pas pour autant que les confrères qui viennent des autres provinces se sentent vraiment chez eux à la Maison-Mère. Il nous faut le reconnaitre et nous vous demandons de bien vouloir nous pardonner.

  1. Projet de Rénovation de la Maison-Mère : dans l’automne 2019 la Province de France présente un projet de rénovation intégral de la Maison-Mère au Supérieur général et à son Conseil (cf. document Power point). Le but étant de refaire de la Maison-Mère le cœur de la Compagnie et de la famille vincentienne. Rendre cette maison accueillante, chaleureuse et à nouveau missionnaire. On pourrait dire de manière simple que nous sommes assis sur une mine d’or tellement la maison est grande, bien placée et les possibilités d’évangélisation illimitées. Les célébrations 400ème centenaire de la fondation de la Congrégation peuvent marquer un nouveau départ dans le devenir de notre Maison. Nous avons rêvé pouvoir célébrer cette assemblée générale 2022 dans une Maison-Mère rénovée. D’ailleurs, aux Philippines lors de la dernière rencontre des Visiteurs, une consultation avait été soumise dans ce sens-là. On était partis dans cette direction-là. Le P. Général a demandé alors au P. Mark Pranaitis de recollecter des fonds pour cette œuvre. La Covid étant arrivée, tout a été ralenti… hélas les travaux n’ont pas pu commencer comme prévu et l’argent n’a pas pu être collecté.

La Maison-Mère a besoin d’être rénovée. Elle est le patrimoine de chaque province et de chaque membre de la CM. Notre maison est au cœur de Paris. Nous sommes idéalement placés. Cette maison peut encore rendre d’immenses services à la Congrégation de la Mission, à la famille vincentienne, à l’église locale et universelle, aux pauvres, à l’évangélisation et au chantier immense de la charité. Le cœur de la « petite compagnie » continue de battre à Paris. Sa mémoire historique il faut la chercher dans les rues de Paris, dans ses institutions et bâtiments, dans la géographie nationale et les innombrables visages qui ont marqué son histoire.  Les premières missions ont eu lieu dans la campagne française, le génie de la charité affective et effective est né Châtillon les Dombes et à Folleville, à Villepreux… et dans l’âme de notre Père gascon.  Les reliques de saint Vincent (son corps et son cœur) sont vénérées à notre chapelle et à la Rue du Bac. Nous vénérons également dans notre chapelle les martyrs de Chine.

La Province de France s’est lancée depuis deux ans avec ses fonds propres dans la rénovation de la maison par étapes. 54 chambres ont été déjà rénovées.  Une partie étant réservée à un meilleur accueil des lazaristes et des gens d’église. Depuis le mois de janvier l’accueil de la maison est en chantier. Vous pourrez le constater de vos  yeux lors de votre prochaine visite à la Maison-Mère.

Il reste beaucoup à faire et la Province de France se rend compte qu’elle ne pourra pas toute seule mener à bien cet ouvre. Nous avons besoin d’idées, d’énergies, de personnes capables de s’investir dans un tel ouvrage et nous avons besoin aussi de recours financiers. Le P. Générale et la Curie ainsi que  le P. Mark ont déjà trouvé un million et demie de dollars. Mais il nous faut bien davantage pour que la Maison-Mère puisse proposer à toute la Compagnie et à la famille vincentienne un élan nouveau du côté de la charité  et des nouveaux services missionnaires.

La Maison-Mère est internationale, cela est un fait. La communauté locale actuelle compte 22 membres dont la moitié ne sont pas d’origine française. Nous voulons accueillir les confrères bien et mieux, nous savons que les célébrations du 400 centenaire de fondation de la CM sont une occasion propice (un kairos en langage biblique) pour redonner vie et dynamisme à ce « deuxième berceau » de la compagnie.

Pour tout cela, la Maison-Mère a besoin aujourd’hui de votre aide et soutien. Jadis, c’était la Compagnie, depuis la Maison-Mère qui créait, entretenait, venait en aide aux Provinces. Aujourd’hui, comme autrefois Jérusalem qui avait engendré les églises et a dû en recevoir une aide (Rm 15,26), à présent c’est la Maison-Mère qui a besoin de l’aide de ses enfants. N’est-ce pas là un juste retour des choses ?

Roberto Gomez cm

Supérieur de la Maison-Mère

Assemblée Générale de la CM

A Rome le 2 juillet 2022

[1] La province de Toulouse est créée en 1953, 10 ans avant le départ de la Curie générale à Rome. Un bon nombre de confrères et de ressources sont réservés pourque cette province puisse prendre de l’élan.

[2] Cf. Courrier du Ministère de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire français du 6 octobre 2006, (Archives de la Maison-Mère). Le ministère de l’intérieur et celui des finances reconnaissent que les Lazaristes sont les propitierais de la parcelle cadastrale BD 04.

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Chaque mois une proposition pour se nourrir de st Vincent de Paul

Notre mission principale est de faire connaitre st Vincent de Paul et sa spiritualité ainsi que nourrir une réflexion auprès de toute personne passant au Berceau pour mener au mieux leur vie, les nourrir de l’évangile et mieux prendre conscience de ce que vivent les laissés pour compte de notre société.

Vincent GOGUEY

Chaque mois une proposition pour se nourrir de st Vincent de Paul

Vincent GOGUEY
Vincent GOGUEY

Depuis un an, l’équipe d’animation spirituelle du Berceau s’est renouvelée. Notre mission principale est de faire connaitre st Vincent de Paul et sa spiritualité ainsi que nourrir une réflexion auprès de toute personne passant au Berceau pour mener au mieux leur vie, les nourrir de l’évangile et mieux prendre conscience de ce que vivent les laissés pour compte de notre société.

Au chapitre D, dédié à l’animation vincentienne, le projet provincial de la Congrégation de la Mission exprime la volonté de l’Assemblée :

D. Animation vincentienne

21. Nous sommes héritiers d’une spiritualité vécue et transmise par notre fondateur Saint Vincent de Paul. Elle est le ferment de notre vie, que d’autres peuvent partager, soit en étant membres de la Famille Vincentienne, soit à titre individuel. Dans la fidélité à la Mission du Christ poursuivie par saint Vincent, il nous revient de participer activement au rayonnement de cette spiritualité.

22. Nous l’organisons dans une triple dynamique en nous appuyant particulièrement sur les propositions du Pôle Animation Vincentienne :

  • Former, par l’initiation et l’approfondissement, en proposant des temps de prière et d’enseignement (sous forme de récollections, retraites, sessions, pèlerinages, etc.) ;

23. Nous nous appuyons en particulier sur deux réalités, la Maison-Mère et le Berceau, où nous disposons déjà de moyens8 servant à cette animation.

C’est dans cette dynamique que l’équipe de pilotage du Berceau lance cette année 22/23 une proposition de retraites et récollections mensuelles. Nous avons fait le choix de mettre un thème à ces temps de rencontres pour rejoindre des réalités de vies diverses et ainsi adapter le message de st Vincent au plus près de leurs réalités.

Deux fois par jour il y aura un petit enseignement et en fin d’après-midi un temps de partage pour nous enrichir de la compréhension de chacun. Les laudes et vêpres, menées par les deux communautés sur place, seront un soutien à la prière. Le reste de la journée est en silence. Un accompagnement personnel est possible ainsi que la rencontre d’un prêtre. Sauf exception, ces retraites sont animées par un ou deux membres de l’équipe de pilotage du Berceau.

Toutes ces thématiques sont là pour rejoindre le plus grand nombre possible, alors, chers confrères, chers vincentiens n’hésitez pas à être des relais de ces propositions. Plus nous serons nombreux à nous nourrir de st Vincent et sa compréhension de l’évangile plus notre monde s’avancera vers le projet de Dieu.

Vincent Goguey cm.

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Faire du VTT évangélise-t-il ?

Cette période si particulière qu’est l’adolescence est marquée par la difficulté à savoir qui l’on est d’où une certaine vulnérabilité parfois mélangée à de la toute-puissance. Grand mystère de la vie lorsqu’on apprend à devenir adulte.

Vincent Goguey, cm

Faire du VTT évangélise-t-il ?

Vincent Goguey, cm
Vincent Goguey, cm

Du 10 au 14 juillet a eu lieu le Pélé-VTT, cinq jours de pédalage pour des collégiens accompagnés par toutes les autres tranches d’âges. Nous avons été de Notre Dame de Buglose à La Bastide d’Armagnac, via les chemins en forêts ou petites routes de campagne. Un cadre magnifique qui fait découvrir les Landes d’une manière intéressante.

Ils étaient près de 70 inscrits pour cette aventure et ce fut bien bon à vivre. Mais en quoi est-ce évangélisateur ? Le séjour a débuté dès le vendredi après-midi pour les staffs (lycéens qui s’occupent de l’aspect matériel du camp, plus une présence concrète auprès des collégiens à leur arrivée sur le camp) et les animateurs (étudiants ou jeunes pro qui encadrent tout le temps de la route). Lors d’un temps de partage la question était de se remémorer des souvenirs de leurs propres années collège. Interpelant de percevoir que la plupart des anecdotes partagées ont une coloration négative. Apprentissage de la mixité sociale, qui peut parfois choquer quand on arrive d’un coin de campagne retiré, la confrontation des caractères et l’importance de faire parti d’un groupe, d’un clan. Cette période si particulière qu’est l’adolescence est marquée par la difficulté à savoir qui l’on est d’où une certaine vulnérabilité parfois mélangée à de la toute-puissance. Grand mystère de la vie lorsqu’on apprend à devenir adulte. La question posée permet de mieux percevoir le public que l’on veut servir. Qu’on le veuille ou non, dès qu’on est « plus grand » on devient des exemples pour les plus jeunes, avec le risque d’être un « mauvais » exemple ! Grande responsabilité d’avoir à tirer vers le haut cette jeunesse qui nous est confiée.

Il est toujours intéressant de voir arriver ces jeunes avec leurs parents, tout timide, exceptés les anciens de l’année précédente qui ont joie de retrouver les copains. La tension intérieure est palpable. Vais-je arriver à me faire des copains ? Vais-je arriver à m’intégrer ? Vais-je arriver à tenir la vitesse pour rouler et savoir tenir dans toutes les sortes de chemins ??? Juste l’accueil est déjà un défi à relever, première étape vers un peu plus de socialisation.

Il y avait 6 équipes de 10 à 12 jeunes plus les animateurs et l’accompagnateur spirituel. Trois fois dans la journée on faisait une halte spirituelle. La première était souvent à partir d’une de leur question d’ado ou un sujet qu’ils voulaient qu’on aborde. La relation aux autres et la relation au petit copain ont une place de choix dans leurs préoccupations mais aussi les questions existentielles d’où vient cette vie (la notre ou simplement celle de la planète) ? Mais aussi la question du Mal ou du pardon ou encore comment faire confiance ? L’importance de l’écoute respectueuse de chacun permet une vraie qualité de partage et un avènement pour chacun à une nouvelle compréhension de son propre chemin.

Le Deuxième temps était souvent basé sur la découverte d’une parole d’évangile pour tenter de saisir ce que le Seigneur nous donne comme enseignement pour réussir notre vie. Compréhension du texte suivi d’un temps de méditation via l’initiation et l’expérience du silence intérieur. Cela ne va pas de soi pour tous mais le cadre de la nature où cela se vivait aide bien pour entrer dans ce monde intérieur qu’ils connaissent si peu.

Enfin le troisième temps est dédié à la dévotion à Marie via la récitation d’une dizaine du chapelet. Là encore un temps d’initiation. Savoir entrer dans le cœur à cœur avec Marie pour nous laisser imprégner des mystères de son Fils Jésus-Christ.

L’attitude et la manière d’être des adultes sont aussi évangélisatrices, principalement par le biais du service qu’ils rendent aux jeunes. La transmission de la foi peut avoir besoin de parole mais a besoin de témoins concrets. Que tous les TTV soient ici remerciés pour leur investissement.

Chaque jour était proposée la messe et la liturgie des heures mais ce sont principalement la messe du début et celle de clôture qui viennent marquer la dimension communautaire couronnée par la célébration d’adoration et réconciliation. Un grand moment face à soi même pour faire vérité sur notre propre chemin afin de se libérer de lourdeurs intérieures. Célébrations intenses et revigorantes.

Le dernier jour les T-shirt se remplissent de signatures, signe qu’on ne veut pas oublier, qu’il y a un vécu qui a été bon. Il n’est pas rare d’entendre après séjour, des parents nous dire « vous nous l’avez totalement changé » « je ne reconnais plus mon enfant, impressionnant comme il a grandi ». Oui l’expérience du vivre ensemble où l’on apprend à partager ce qui nous habitent intérieurement sans jugement est signe de maturation. Accompagné d’un regard évangélique cela devient de l’évangélisation, c’est-à-dire faire découvrir à tous que nous pouvons être porteur d’une bonne nouvelle juste par la vie qui est en nous et tendre à en rendre grâce à notre Dieu, notre créateur.

Vincent Goguey cm.

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