Bilan positif d’activités pour Habitat et Humanisme Somme

Comme le dit le père fondateur du mouvement, Bernard Devert, « la source de la fraternité est l’engagement », bravo à toute cette équipe d’Habitat et Humanisme qui contribue à redonner du souffle à celles et ceux qu’ils accueillent pour contribuer à cette terre plus humaine que nous désirons tous.

Bernard MASSARINI

Bilan positif d’activités pour Habitat et Humanisme Somme

Bernard MASSARINI
Bernard MASSARINI

Ce 16 juin, dans une salle de congrès du Crédit Agricole, Habitat et Humanisme Somme tenait son Assemblée Générale. Une quarantaine de personnes assistaient à cette occasion de faire le bilan annuel.

Occasion de rappeler que le mouvement Habitat et Humanisme en France loge 9300 familles, plus de 5000 dans ses propres logements, le reste dans des logements mobilisés auprès de « propriétaires solidaires ». Le mouvement a élargi sa palette d’activité : En plus du logement accompagné pour des publics en précarité, il s’est doté des moyens d’accueillir les migrants (1080 places d’accueil) et gère maintenant 40 EPHAD.

Habitat et Humanisme Somme loge et accompagne 51 familles dont 35 dans les logements de la pension de famille Maison Monsieur Vincent, achevée en 2015 grâce au soutien de la congrégation des lazaristes et depuis 2020, dans huit nouveaux logements (TI, T2 et T3) ainsi qu’une maison dans les environs d’Amiens. Les autres logements sont mobilisés auprès de « propriétaires solidaires » qui confient leur logement à l’association, moyennant un loyer en dessous du marché, mais avec l’assurance d’une tranquillité de gestion de leur bien.

Habitat et Humanisme Somme regroupe plus de 200 sympathisants et une trentaine de bénévoles dont quelques-uns encore en exercice professionnel ce qui impose d’animer autrement la relation et leur participation, car la compétence professionnelle des actifs est souvent précieuse !

Les nouvelles normes de logement imposées (norme de consommation d’énergie) rendent plus complexe leur acquisition ou leur mobilisation.

L’équipe regrette de n’avoir pas pu encore accueillir de migrants Afghans ou Ukrainiens, faute de logement disponible.

 Les activités de l’association s’organisent autour de trois axes :

  • le pôle immobilier dont le suivi des nouveaux projets (une négociation est en cours avec un promoteur de réhabilitation d’une friche industrielle sur laquelle H et H souhaite l’acquisition d’une vingtaine de logements) et l’entretien des logements existants.
  • Le pôle ressources et communication de l’association qui planifie et organise les évènements pour une meilleure visibilité de l’association.
  • Enfin le pôle accompagnement qui aide les 4 salariés dans les activités permettant d’améliorer le quotidien des résidents.

De nombreux partenaires (autres associations, entreprises mécènes) facilitent la mise en œuvre des activités et des sorties. Les résidents de la Maison Monsieur Vincent bénéficient en proximité d’un jardin partagé où ils produisent des légumes qu’ils cuisinent, ensuite dans l’atelier cuisine que propose régulièrement la maison. Ils ont récemment visité le château de Versailles et avec la Fondation Abbé Pierre participé à un festival de danse à Avignon. Le prochain évènement sera la réalisation d’une exposition photo sur le thème : de l’art dans l’assiette »

Oui comme le dit le père fondateur du mouvement, Bernard Devert, « la source de la fraternité est l’engagement », bravo à toute cette équipe d’Habitat et Humanisme qui contribue à redonner du souffle à celles et ceux qu’ils accueillent pour contribuer à cette terre plus humaine que nous désirons tous.

P. Bernard MASSARINI, cm

 

 

 

 

 

 

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Accompagner le parcours d’un réfugié

Nous continuerons à créer une culture de solidarité, et nous aurons le souci d’améliorer le bien-être dans les pays d’origine des personnes qui migrent, pour aider leurs proches à pouvoir demeurer dans leurs pays.

Bernard MASSARINI

Accompagner le parcours d’un réfugié

Bernard MASSARINI
Bernard MASSARINI

À Séville, dans la maison provinciale des Filles de la Charité d’Espagne-Sud, l’Alliance Vincentienne des Sans-Abris a organisé la rencontre des 7, 8 et 9 juin. Nous avons été invités ces 7, 8 et 9 juin 2002, pour évoquer et réfléchir à l’accompagnement du parcours des réfugiés. Les sœurs ont su nous faire partager l’énergie andalouse et les chaleurs déjà estivales pour agrémenter notre séjour.

L’équipe de préparation avait tout bien pensé, dès l’arrivée nous recevions nos groupes, salles, lieux de service à visiter avec notre petit badge.

Nous étions 80 des cinq continents, passant de l’Océanie avec l’Australie et la Papouasie Nouvelle Guinée, à l’Afrique (avec notamment Madagascar, le Rwanda, le Ghana), l’Amérique du Nord et Sud avec les USA – St John Université, la SSVP, les AIC – , l’Europe (avec L’Ukraine, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne – les AIC, les CM, les FDLC -, la Slovaquie, l’Angleterre-), joie de retrouver une partie de la famille vincentienne présente dans 160 pays et selon les diverses estimations de 5 millions de membres. Étaient avec nous une 40aine de participants qui suivaient la rencontre par internet. Je n’ai pu faire que deux jours sur trois

La sœur Visitatrice ouvre la rencontre en nous invitant à entrer dans l’esprit de Fratelli tutti pour que continue le projet des 13 maisons entamé lors du jubilé de 2017 et à continuer à vivre la dynamique proposée par le pape François envers les migrants : accueillir, accompagner, promouvoir et intégrer les migrants que nous rencontrons.

Ensuite, ce fut à Mac Grevy, le directeur de l’Alliance Vincentienne des Sans-Abris, de nous rappeler qu’une personne sur sept de la planète est sans-abris pour raison de pauvreté ou migrante. Il nous a partagé que grâce à l’opération 13 maisons, les vincentiens avaient aidé plus de 7000 personnes à retrouver un toit. Il nous invite à faire que ces trois jours nous aident à savoir améliorer le sort de celles et ceux qui sont en situation de migration.

C’était au tour d’un membre de l’équipe de nous proposer une dynamique en anglais et espagnol pour nous présenter. Un petit quart d’heures à se questionner les uns et les autres sur divers sujets vincentiens, occasion de rire, faire connaissance, sachant que les premiers qui terminaient une ligne de la feuille allaient se voir remettre un bel éventail orné aux motifs de Séville par l’équipe d’animation.

Quelques interventions ont nourri la réflexion : le Père Maloney, Mgr Vitilo, le P Agostino, Mgr Baggio, Mac Grevy et nous avions des modérateurs, des personnages clefs dans notre vie vincentienne : Jim Claffey notre représentant à l’ONU, la sœur Carol Keehan FDLC, Andrew Mc-Night et de nombreux témoins pères lazaristes, filles de la Charité et sœurs de la charité de la fédération nord-américaine, administrateur de Depaul International, président international de la Famille vincentienne, ont apporté leur pierre à ce champ de service dans lequel nombre sont actifs au service des divers migrants.

L’Alliance Vincentienne des Sans Abris, forte de la déclaration obtenue à l’ONU sur les sans-abris, a dégagé avec l’Institut Universitaire sur les sans-abris à St-John university la définition suivante des sans-abris : «Les personnes à la rue, les personnes vivants en Bidonville et les personnes migrantes.» C’est pour mieux répondre aux défis que nous adressent ces derniers que l’AVH a organisé cette rencontre.

Après avoir écouté le père Maloney, remplacé par Jim Claffey, notre représentant à l’ONU, car en récupération du COVID, nous a rappelé nos saints prédécesseurs, héros de ce service : que ce soient les frères Renard et  qui prenaient les risques pour faire circuler l’argent et les biens nécessaires, puissent améliorer le sort des déplacés de guerre, des galériens et des otages des barbaresques en Algérie et Tunisie, tous les déplacés du XVIIème , faisant appel aux financeurs : la Duchesse d’Aiguillon, un membre d’une société secrète le conte de Renty, ou de nobles dames qui donneront des bijoux de plusieurs milliers et parfois de millions d’euros, et faisant servir les Filles de la Charité et les Pères veillant à leur fournir un toit, de la nourriture, les soins et l’accompagnement spirituel . Une prise en charge systémique comme nous aimons le dire dans la famille vincentienne, même s’il lui manquait de penser la durée du service.

Mgr Vitti, secrétaire du Secrétariat des migrants du dicastère du développement durable, représentant du Saint-Siège à Genève, a ancré le service de ces personnes dans le premier testament nous rappelant que le peuple choisi ne devait pas oublier qu’il avait été déporté : «Tu n’exploiteras ni n’opprimeras l’émigré, car vous avez été des émigrés au pays d’Égypte» (Ex 22,20 ) et dans le livre du Lévitique «Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous, vous l’aimerez comme vous-même parce que vous-même avez été des étrangers dans le pays d’Égypte» (Lev 19, 34) disant qu’il fallait accueillir le pauvre comme son frère pour faire mémoire de la largesse de Dieu devant la souffrance de son peuple. Le second testament nous rappelant qu’en accueillant l’étranger on peut recevoir des anges : « N’oubliez pas l’hospitalité car en quelques-uns ont logé des anges sans le savoir» (He, 13,2). Il nous a ensuite rappelé que depuis le XIXème siècle les papes, face aux migrations économiques, n’ont cessé de redire que nous devions pratiquer l’amour du prochain dans l’accueil du migrants et nous a dit qu’au plan des états il existe deux grands types de migrants, les réfugiés couverts par la convention de Genève et le pacte des migrations, avec ses vingt principes pour offrir aux personnes en déplacement un traitement digne ; les états pourraient mettre en œuvre ce traité qu’ils ont adopté en 2016
(https://www.ohchr.org/fr/migration/global-compact-safe-orderly-and-regular-migration-gcm)

Mgr Baggio, sous-secrétaire du secrétariat des migrants nous dira que selon les rapports de l’ONU, un habitant sur sept est en situation de migration soit comme déplacé pour conflit, migrant économique ou migrant climatique. Il est aussi important de savoir que 56% des migrations ont lieu à l’intérieur des pays. Il a parcouru Fratelli Tutti, nous disant que situant la question de la migration avec la parole du bon samaritain, nous ne pouvons qu’être en attitude positive caractérisée par quatre dynamiques, accueillir, écouter, promouvoir et intégrer. Le pape rappelle que nous nous tenons éveillé évoquant pour cette dynamique la parabole du bon samaritain pour faire que les migrants soient dignement accompagnés. Nous saurons prendre le temps d’écouter celles et ceux d’entre nous qui se déplacent, en leur donnant un statut et un espace social leur permettant de reconstruire leur existence, et les invitant à partager leurs richesses pour que continue à s’édifier la fraternité humaine que nous sommes invités à édifier.

Puis vint le temps d’écoute et des témoignages : de proximité auprès des Ukrainiens avec les frères en Ukraine offrant leurs résidences et leurs chapelles pour accueillir et réconforter les frères en urgence cherchant refuge et les sœurs de Slovaquie sur la frontière présentes pour répondre dans l’urgence aux premières nécessités de celles et ceux qui fuyaient et qui, la guerre s’installant, on laisser la sœur psychologue pour aider à écouter les traumas devant la dureté de la situation. Des sœurs en Afrique ouvrant des espaces d’accueil de femmes en fuites victimes du trafic et formant les jeunes à éviter d’y tomber. D’autres dans la recherche de ressources pour financer les activités qu’entrainent toutes ces réalités complexes. Des sœurs et des frères laïcs dans la construction de réseaux pour répondre de façon la plus adaptée aux nouvelles personnes arrivant dans les espaces d’accueil. Car il est évident que nous ne pourrons travailler dans ce genre d’activité si nous ne sommes pas en réseau avec des partenaires ou ne créons pas ces réseaux pour permettre une meilleure connaissance des réalités, une approche plus précise des lois afin d’offrir un service plus performant.

La visite d’une dizaine des 14 projets animés par les sœurs de Séville nous a rapproché des jeunes en attente de papiers qui se forment aux métiers agricoles ou de service dans la restauration et des femmes retirées au trafic humain.

Les temps de prières nous ayant mis en présence d’un frère réfugié politique, sauvé de l’exécution sommaire, ou d’une jeune mère de famille retirée au trafic humain, pour offrir au Seigneur notre action de grâce de sa présence qui relève dans nos existences.

Vincentiens nous conserverons quelques attitudes dans nos pratiques, nous garderons les yeux ouverts, pour voir les personnes, et nous quitterons nos sandales dans les rencontres car les terres des sœurs et frères sont terres sacrées. Nous serons des voix prophétiques pour faire connaitre leur voix. Nous saurons vivre notre originalité vincentienne et nous nous ferons proches de celles et ceux que nous accueillerons, en veillant aux langues des espaces dont ils viennent. Nous privilégierons le cheminer avec, l’écoute active et la compassion, nous ferons que l’accueilli soit protagoniste de son histoire, pour vivre un service intégral. Nous favoriserons l’intégration culturelle du déplacé en promouvant leur participation.

Nous veillerons à sensibiliser le public sur le drame des déplacés, nous développerons une communication interne et feront en sorte que s’ouvrent des brèches. Nous oserons interagir au plan politique, sauront établir des réseaux de décideurs, nous mobiliserons les entités publiques pour qu’elles répondent aux déplacés. Le P Agostino, coordinateur international, nous a expliqué que sont déjà nées une dizaine de fraternité vincentienne en espagnol et en anglais : dont celles des graphistes, des musiciens, des avocats, des psychologues, des assesseurs de formation , les intéressés peuvent joindre cette adresse pour se joindre à l’une d’entre elles : cnavarrete05@yahoo.com. Aussi a-t-il été créé une banque de matériel vidéo disponible en plusieurs langues : https://vinflix.net, un espace pour proposer des lieux en recherche de bénévoles  http://famvin.help.

Nous continuerons à créer une culture de solidarité, et nous aurons le souci d’améliorer le bien-être dans les pays d’origine des personnes qui migrent pour aider leurs proches à pouvoir demeurer dans leurs pays. Nous chercherons aussi à anticiper les futures crises prévoyant outils et imaginant des voies de solution pacifiques. Nous nous appuierons  sur les vingt points du pacte mondial des migrations de l’ONU, demeurant dans l’attitude à laquelle le pape nous invite à entrer : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.

Bernard MASSARINI cm

 

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L’Inter-noviciat fête ses 50 ans et la session 2021-2022 se termine

La vie religieuse est l’espace vide offert comme signe dans un monde de consommation pressée. Elle ouvre à la gratuité. Ce sont d’importants espaces qui incarnent la bonne nouvelle au quotidien pour nos contemporains.

Mgr Dominique Blanchet

L’Inter-noviciat fête ses 50 ans et la session 2021-2022 se termine

Bernard MASSARINI
Bernard MASSARINI

Du jeudi soir 9 juin au dimanche 12 à 13h, Perceval et moi-même étions à la dernière session de l’inter-noviciat. Et la congrégation était à l’honneur, j’animais la soirée anniversaire des 50 ans, Perceval avec son équipe était chargé d’animer la soirée festive de clôture et j’assurai l’homélie de conclusion pour la fête de la Trinité. Notre présence a été appréciée cette année par le bureau et les divers maitres de novices, nous étions des nouveaux qui sont parvenus à s’intégrer harmonieusement.  Toute l’année ce furent 18 congrégations -12 féminines et 6 masculine-. La session s’est ouverte ce jeudi 9 juin à 16h et à 17h pour commencer le travail sur la mission. C’est pour la célébration des cinquante ans de l’Inter-noviciat, que nous interrompons le travail, commençant par recevoir Mgr Dominique Blanchet, évêque de Créteil, et vice-président de la Conférence épiscopale.

L’évêque nous a tout d’abord raconté son histoire pour évoquer la vie religieuse. Issu d’un diocèse de l’Ouest ayant fait naitre une vingtaine de congrégations, il se souvient des deux religieuses de son école : la sœur qui faisait les cours et celle qui offrait les meringues. Sa première paroisse, comme prêtre avait une dizaine de maisons mères, puis dans son premier diocèse, il n’y avait qu’une dizaine de religieuses et religieux ; enfin le diocèse de Créteil qu’il vient de recevoir, il y a un an et demi, est un diocèse aux 90 langues et aux 80 congrégations religieuses présentes.

Il dit que la vie religieuse est l’espace vide offert comme signe dans un monde de consommation pressée. Elle ouvre à la gratuité. Ce sont d’importants espaces qui incarnent la bonne nouvelle au quotidien pour nos contemporains. Suivront une vingtaine de minutes d’échange soutenu pour prolonger sa présentation.

 

Nous rejoignons la grande chapelle où nous sommes une centaine, les invités des autres congrégations ayant participé à l’inter-noviciat ces dernières années nous ayant rejoint.  Une très belle liturgie animée par nos musiciens, guitaristes, flutistes et bassistes qui ont agrémenté les moments d’intériorisation de la liturgie.

 

Au terme de la messe, le P Peyqueux (Eudiste), secrétaire de la CORREF, remercie l’institution pour le service offert à la vie religieuse. Il rappelle une crise lorsque dans les années 80 l’inter-noviciat dut rendre compte à Rome pour répondre aux craintes qu’on avait dans les dicastères, qu’un espace ecclésial groupant des hommes et des femmes se destinant à la consécration ne soit un mauvais signe donné au monde. Il mentionne ensuite son évolution par l’accueil de l’internationalité, y reconnaissant l’expression de la dynamique de d’Eglise qui s’ouvre à l’inculturation.

Une Excellente paëlla nous est ensuite servie avant que nous  ne rejoignions la salle des fêtes où sœur Patricia (du Carmel apostolique) et moi-même, animons le temps de mémoire des cinquantes ans.

Nous ouvrons en donnant la parole à deux formateurs qui nous racontent ce que représente pour eux l’inter-noviciat auquel ils prêtent leurs énergies et ce qu’il a été pour eux. Puis le petit film d’une dizaine de minutes (dont le montage a été fait par un paroissien de nos frères de Villepinte) : témoignages de novices sur les cinquante dernières années qui nous offriront une plongée dans l’histoire de ce lieu d’Eglise. Il sera prolongé par la flashmob collectif sur le thème de Glorious : « Dans la joie ». Ce temps se terminera par une chorégraphie exécutée par quelques novices du Vietnam et du Paraguay nous invitant à entrer dans la dynamique de l’Esprit-Saint, ouvrant ainsi l’aventure à poursuivre son chemin au service de l’Eglise aux multiples visages et cultures ….

 

 

Le soir suivant c’est la soirée de clôture conduite par l’équipe de notre confrère Perceval qui vont créer une congrégation dans lequel le temps et l’espace vont prendre toute la place mais veillons à n’y pas perdre notre latin.

 

 

 

Nous souhaitons de nombreuses années encore à ce merveilleux service de la vie religieuse dans l’Eglise. Bon vent à l’Inter-Noviciat de Chevilly Larue.

 

Bernard Massarini, le 14-6-2022

 

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A Sainte-Anne, Zahlé-France donne un concert pour les écoles du Liban

Les pères lazaristes ont été partenaires de la fondation de l'Œuvre d'Orient en 1856 ; une œuvre qui avait pour objectif le soutien des écoles françaises au Proche-Orient, et qui continue encore aujourd'hui à œuvrer dans plusieurs pays de cette région.

Bernard MASSARINI

A Sainte-Anne, Zahlé-France donne un concert pour les écoles du Liban

Bernard MASSARINI
Bernard MASSARINI

Ce 1er mai 2022, prolongeant la grande tradition vincentienne d’éducation au Proche-Orient, l’église Sainte Anne était heureuse d’accueillir le concert de l’association Zhalé-France. En effet, les pères lazaristes ont été partenaires de la fondation de l’Œuvre d’Orient en 1856 ; une œuvre qui avait pour objectif le soutien des écoles françaises au Proche-Orient, et qui continue encore aujourd’hui à œuvrer dans plusieurs pays de cette région.

Près de 200 personnes sont venues exprimer leur solidarité avec les écoles du Liban.

Après le mot d’une jeune picarde d’origine libanaise présidente de l’association, la parole a été donnée au directeur culture de la ville d’Amiens. Il a rappelé le lien historique entre la France et le Liban. Il a également évoqué la tragique explosion du port qui a laissé une bonne partie du pays dans la grande pauvreté, entraînant le départ de nombreuses familles. Il terminera en remerciant de la participation des amiénois venus nombreux pour soutenir les écoles de ce peuple d’un petit pays durement éprouvé.

Ce sont des jeunes qui ouvrent le concert : une lisant un poème de Gibran sur les enfants, accompagnée au piano, puis nous écoutons une lettre de Camus lue par une autre, accompagnée par une élève du collège Ste Famille.

Enfin les 2 artistes arméniens et Libanais : Alexandre Chenorkian et Charbel Charbel commencent le concert violon et piano.

L’église Sainte Anne est heureuse de traduire, au nom de tous les picards, la solidarité de l’église d’Amiens envers nos sœurs et frères du Liban.

La communauté des pères lazaristes de l’église Sainte Anne

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Les activités de la diaconie de la “Somme l’Oasis Saint Ho”

Suite au synode du diocèse d’Amiens en 2018,  la diaconie de la Somme s’est mise place. Une équipe qui veille sur tout ce que les communautés chrétiennes catholiques et instances diocésaines font au service du développement humain intégral. C’est la naissance d’un service qui reçoit une église désaffectée. L’équipe est constituée d’une laïque coordinatrice, accompagnée par un diacre permanent et sa femme et notre confrère Pierre MARIONNEAU. Ensemble ils font équipe pour être l’oreille et les bras des services diocésains auprès des plus fragiles : sans abris, familles en difficultés, migrants, personnes malades, personnes seules.

L’équipe se fait écho des activités du Secours Catholique, de la pastorale de la santé, de la pastorale des migrants, de la pastorale de la prison, des Conférences de la Société Saint Vincent de Paul amiénoises (qui proposent des paniers alimentaires en plus de la rencontre de proximité par les visites domiciliaires). Nous comptons aussi avec des initiatives au service des pauvreté : Cœur soleil sur Amiens (une association qui partage un repas hebdomadaire et propose la garde d’enfants en fin d’après-midi, du soutien scolaire, des cours de français langue étrangère), le réseau Welcome de Jeunes réfugiés services (des familles qui accompagnent des jeunes mineurs migrants dans leurs démarches administratives leur offrant un hébergement). Il y a aussi les maraudes réalisées auprès des sans-abris.

Nous pouvons aussi mettre en évidence les multiples paroisses qui récoltent le panier dominical tout l’hiver pour soutenir les familles aux faibles ressources, celles qui ont ouvert des vesti-boutiques (lieux de distributions de vêtements pour aider les personnes à faibles ressources), ou des boutiques solidaires (offrant des produits alimentaires pour aider les familles aux faibles budget). Il y en a aussi qui gèrent des studios pour accueillir des migrants en attentes de papiers.Je me suis personnellement inscrit dans l’initiative « Oasis St Ho », un service de l’église Saint Honoré qui, chaque lundi en fin d’après-midi, propose une maraude et chaque jeudi une célébration eucharistiques à 11h30, suivie d’un repas partagé. « Oasis St Ho » propose également, dans le narthex de l’église, un salon d’accueil quotidien des sans-abris et sans papiers, du lundi au vendredi, de 15h à 17h.

Le jeudi 10h l’équipe de coordination se retrouve pour échanger sur les nouvelles des uns et des autres (des accueillis) et coordonner diverses activités, soit proposées par le service soit faites en coordination avec d’autres associations, et échanger des nouvelles sur le service de soins qui utilise une des pièces des locaux pour rencontrer certains des visiteurs. Nous sommes une dizaine sur la vingtaine des bénévoles pour la célébration de l’eucharistie ; à laquelle nous rejoignent 1, 2 ou 3 sans-abris. Parfois d’émouvants échanges marquent la célébration. Une fois, un trentenaire sans-abri arrivé en France depuis plusieurs années en provenance d’un pays de l’est, au moment de la communion s’approche pour demander une bénédiction. Après un séjour d’internement en psychiatrie qui l’avait affecté, il refuse de prendre la communion tout en me faisant comprendre qu’il lui faut se confesser avant. Je lui réponds « oui tu demanderas pardon à Jésus après, mais là il s’invite chez toi et tu as besoin de sa force ». Il va se mettre à genoux, communier et rester pleurant toute son action de grâce. Lorsque nous nous dirigeons vers le repas il me remercie « toi tu es un beau prêtre, tu donnes Jésus pour nous donner force »

Au repas ils sont une dizaine chaque semaine à venir déguster ce que l’esprit fermier a concocté. L’esprit fermier est une coopérative de 11 producteurs picards qui vendent leurs produits fermiers agricoles et laitiers et préparent quelques recettes qu’ils proposent de consommer sur places à leurs clients. Chaque jeudi ils nous fournissent leurs restes de la veille pour une vingtaine de personnes qui savourent des plats régionaux, de délicieux fromages et des yogourts préparés par leurs soins.

Tous savent que lorsque l’on passe la porte on ne hausse pas le ton et l’on s’écoute. Plusieurs disent qu’ils aiment cet espace « où l’on mange sans disputes, sans cris, sans s’envoyer la nourriture à la figure ». Puis tous participent à la vaisselle avant de se quitter vers 13H30 en hiver et 14h30 à la belle saison, car nous avons la chance de prendre le repas dans le jardin, ce qui crée un climat d’intimité très agréable.

 L’après-midi, lors de chaque temps-salon entre 15h et 17h, nous sommes à deux pour accueillir tous ceux qui passeront chaque jour, une quinzaine pour prendre un café, un thé et quelques gâteaux (restes du repas de midi ou des biscuits achetés grâce aux dons des amiénois qui connaissent notre service et sont heureux d’y contribuer.

Ce temps de pause est un temps très apprécié par tous. Lors de la dernière journée mondiale de lutte contre la misère, plusieurs ont participé en écrivant leur morceau de la voile du bateau de notre traversé. L’un d’entre eux a bien traduit ce que tous nous vivons dans ces temps de présence fraternelle : « Être écouté, regardé dans les yeux, alors on se sent mieux dans sa tête ».

Il y a parfois la réparation de petits bobos causés par quelques échanges un peu musclés où il faut effacer les traces de sang et panser la marque des coups. Mais il y a aussi ce jeune mineur sans-papiers qui dit en français correct sa peine d’être hébergé en centre d’hébergement d’adultes. Il y a encore ce sans-papiers qui demande à être confessé. En fait, il s’effondre car il a perdu son fils dans un accident d’auto il y a quelques années et ne peut même plus participer aux soins de sa petite fille atteinte du cancer. Il a réussi à n’avoir que 1 euro et ne peut pas participer à soigner sa fille. Lorsque qu’après un long temps d’écoute je lui dis ma peine de n’avoir pas d’argent, il me répond : « mais ce n’est pas ce que j’attends de toi, tu es le seul qui peut comprendre ma peine et avec qui je peux pleurer sans rire ». Il dit sans fioriture la place du croyant dans la relation à ses frères : être le visage de la tendresse de Dieu.

Lors des accueils, nous sommes toujours à deux pour nous soutenir au cas où éclaterait une dispute ou pour qu’il y ait un de disponible, si l’un des visiteurs nécessite un temps d’écoute particulier. La plus grande partie des accueillis sont des hommes. Sur une quinzaine de passages, seules 2 ou 3 sont des femmes. Ce qui est comme à tous, c’est qu’ils disent leur joie de trouver un espace de repos dans leur journée où ils peuvent venir parler. Certains, même parmi les musulmans s’isolent, seuls dans la nef, pour écouter le silence. Ils se sentent, disent-ils, plus forts et en paix.

Nous voulons aider toutes ces personnes à retrouver un îlot d’humanité dans leur vie chaotique. En effet, la plupart d’entre elles doivent appeler le 115 à dix-heures pour savoir s’ils auront un espace pour dormir dans l’un des foyers d’accueil.  Malheureusement, nous n’avons pas le nécessaire pour aider ces personnes fragiles à se stabiliser ; car quoi de plus inquiétant que de ne pas savoir si l’on va dormir à l’abri. Si pour les plus jeunes cela peut paraître une partie de l’aventure, pour celles et ceux qui ont plus de quarante ans au contraire, cela continue à les déconstruire.

Lors de la cérémonie d’hommage, les personnes sans-abris et/ou sans papiers vont nous communiquer les prénoms et les âges de leurs amis décédés au cours de deux dernières années et cela nous permettra de dire notre respect et d’exprimer notre communion à leurs intentions : Ils étaient 16 en 2020 et 6 en 2021. 

Lieu d’écoute et de repos dans leur vie bloquée dans les dédales d’une société incapable de leur donner un toit pour vivre, à l’« Oasis Saint Ho » nous continuerons d’être une discrète présence, saveur d’évangile qui donne à goûter un peu de la douceur de l’existence, telle qu’elle devrait être pour toutes et tous. Comme une part d’entre eux est de la religion musulmane, ils sont touchés par la bonté exprimée par cet accueil. Ils nous disent que cela a un peu à voir avec la douceur du Créateur qui est à nos côtés : « c’est un peu comme si Dieu était là » nous a dit un jour l’un d’entre eux. Oui il est là au milieu de nous lorsque nous vivons cette respectueuse hospitalité car, ne l’oublions pas, « en les accueillant ce sont des anges que nous logeons sans le savoir » (Cf. Hé 13,2).

Bernard MASSARINI