Institué lecteur et acolyte à Villepreux (24 janvier 2018) :

Invité à tenir liés les deux aspects du charisme vincentien dans l’exercice des ministères

Un temps favorable pour Dieu

Au cours de la célébration eucharistique clôturant officiellement l’année jubilaire de 400 ans du charisme vincentien, j’ai eu la grâce d’être institué lecteur et acolyte. Quand je médite à toutes les grâces que Dieu ne cesse de me combler, je me rends compte combien l’institution de ces ministères ne fut pas la moindre de ces grâces.

En effet, il y a un peu plus de cinq ans que je désire être institué lecteur et acolyte. Ce désir remonte de mes années de formation en théologie, quand je cheminais encore dans la toute jeune congrégation des Travailleurs Missionnaires. Le désir était simplement motivé par la logique humaine qui, souvent, ne tient compte que de l’ordre établi des choses. Pour mon cas, il s’agissait de tenir compte des habitudes de la formation des futurs prêtres. Il était tout à fait normal qu’après la première année de théologie le candidat prêtre demande à être institué lecteur ; et après la deuxième année c’est l’acolytat. J’étais donc convaincu que cela devrait être la suite logique de ma formation. Je ne pensais pas que Dieu pouvait disposer autrement ; parce que les chemins de Dieu ne sont pas ceux des hommes (Cf. Is 55,8). Quand il s’est avéré que je ne pouvais pas être institué ni lecteur ni acolyte à cause de la situation juridique de mon ancien institut, j’ai compris qu’il me fallait encore apprendre à me laisser guider par l’Esprit de Celui qui m’appelle. Ne s’agissait-il pas de travailler à sa moisson que j’étais appelé ? Si c’est bien le Christ qui appelle qui il veut, quand il veut et pour l’envoyer où il veut, il me fallait donc attendre le temps favorable.

Le temps favorable a été la clôture de l’année jubilaire de 400 ans du charisme vincentien à Villepreux. Le cadre de l’institution de mes ministères m’a montré que Dieu voulait me combler des grâces que je n’aurais jamais pu imaginer. Je suis institué dans la Congrégation de la Mission, entouré de presqu’une quarantaine de confrères dont le Supérieur général, dans la joie de clôturer une année jubilaire si riche en événements ayant contribué à raviver la flamme du charisme vincentien. Ce fut donc pour moi une grande joie et un grand encouragement pour mon cheminement vocationnel. Mon institution en tant que lecteur et acolyte fut un prolongement des bénédictions reçues durant l’année de grâce du jubile de 400 ans du charisme vincentien. C’est l’année durant laquelle j’ai fait mon Séminaire Interne et prononcé mon Bon propos ; c’est encore au cours de cette année que j’ai eu la joie de vivre le grand événement du symposium à l’occasion de la célébration du même jubile au niveau mondial, avec toute la Famille vincentienne autour de notre Saint Père à Rome.

 

Les grâces reçues pour une mission et pour un engagement

Si j’ai beaucoup bénéficié de toutes ces grâce, c’est en même temps une mission que j’ai reçue et un engagement que j’ai pris. En effet, une relecture de l’institution de mes ministères me permet de dire que la Divine Providence a voulu que je sois institué lecteur et acolyte à Villepreux, ce haut lieu vincentien où les deux aspects du charisme vincentien, à savoir la mission et la charité, se sont rencontrés pour la première fois. Comment ne pas voir dans l’exercice de mes ministères une invitation à tenir ensemble ces deux aspects ? C’est d’ailleurs ce que m’a rappelé notre Visiteur dans son exhortation le jour de l’institution. En tant que lecteur, c’est la Parole de Dieu que je suis invité à méditer et à vivre d’Elle, à lire et à transmettre ; ainsi accomplirai-je la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à travers les différents services qui me sont confiés. Et en tant qu’acolyte, en même temps que je sers la table eucharistique, je suis aussi invité à servir « la table quotidienne qui rassemble les confrères dans la fraternité ». Plus encore, je suis invité à servir « la Table du Frère qui rassemble les personnes en difficultés et qui ont faim d’une parole et d’une présence. »[1] En plus des engagements liés aux ministères mineurs auxquels je suis institué, j’ai un devoir d’être témoin de tous les bienfaits de Dieu reçus durant l’année jubilaire. ; c’est d’ailleurs ce qui, quelques fois, fait naître en moi un sentiment de peur parce que « à qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup. » (Lc 12,48) Cependant, ma peur est vaincue par le fait que je ne suis pas seul, je suis soutenu et encouragé par mes confrères qui m’aiment. C’est pourquoi il ne me reste qu’à rendre grâce à Dieu qui se choisit les plus faibles, qui comptent sur Lui, afin de les combler de sa force et de faire d’eux les instruments entre ses mains.

Gaspard NTAKIRUTIMANA, CM 🔸

Gaspard NTAKIRUTIMANA

Gaspard NTAKIRUTIMANA

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Ce fut donc pour moi une grande joie et un grand encouragement pour mon cheminement vocationnel. Mon institution en tant que lecteur et acolyte fut un prolongement des bénédictions reçues durant l’année de grâce du jubile de 400 ans du charisme vincentien.

NOTE :

[1] Exhortation du Père Christian MAUVAIS, CM, Visiteur de la Province de France, lors de l’institution des ministères mineurs à M Gaspard NTAKIRUTIMANA, CM, Villepreux, le 24 janvier 2018.