La vague de migrants passant par la Grèce : L’implication des confrères de Thessalonique

La vague de migrants passant par la Grèce :

L’implication des confrères (Lazaristes) de Thessalonique

Je me souviens encore de ce mois d’aout 2015, nous étions en pleine assemblée interprovinciale, un soir après le diner, nous suivions le journal télévisé, c’est alors qu’à notre grande surprise nous voyions la première vague de migrants débarquer en Allemagne.

Il faut souligner que, presque tous fuyaient la guerre qui fait rage en Syrie ; passant par la Turquie, ils s’étaient tous retrouvés en Grèce, porte d’entrée de l’Europe et transférés à la capitale Athènes. Ils devaient encore parcourir environs 600 km pour se retrouver dans la localité d’Idouméni. Idouméni faut-il le dire, est à 75km de Thessalonique, et partage la frontière avec la Macédoine que nous Grecs, appelons (Skopia). A Idouméni les migrants restaient quelques heures, voir quelques jours avant de continuer leur périple vers le reste de l’Europe, cependant il leur fallait d’abord remplir quelques formalités administratives avant de traverser la frontière.

Face à cette situation tragique, nous, Pères Lazaristes ne pouvions rester indifférents, et ce d’autant plus que nous sommes les seuls dans cette partie de la Grèce qui représentons l’Eglise Catholique universelle. Il fallait s’organiser au plus vite pour répondre aux besoins élémentaires de ces derniers. Les annonces furent faites à la paroisse pour apporter une aide (vêtements, aliments…..), avec les volontaires nous nous rendions à Idouméni tous les jours pour distribuer tout cela aux migrants. Cependant l’arrivée massif des migrants venant cette fois-ci pas seulement de la Syrie, mais aussi de l’Iran, du Pakistan, et de l’Afrique du nord rendait nos efforts presqu’insignifiants, c’était comme une goutte d’eau jetée à la mer.

En un temps record nous somme passé d’une centaine de migrants à 2 000 milles arrivées par jours, puis 5 000 milles, par la suite 7 000 milles, jusqu’à atteindre le record de plus de 10 000 milles arrivées par jour. Il fallait bien faire quelque chose face à cette vague déferlante de migrants, heureusement, nous comptions sur la divine Providence.

Caritas, au niveau de la Grèce et au niveau international vola à notre secours, c’est ainsi que nous avions installés des toilettes et des douches à idouméni ainsi que deux conteneurs, nous rangions les vêtements dans l’un et dans l’autre les aliments.

D’aout 2015 à Juin 2016, avec les deux minibus dont dispose la paroisse, nous nous rendions à Idouméni tous les jours avec huit à quinze volontaires. Le travail des volontaires consistait à mettre une dizaine d’aliments (fruits, dattes, fromages, biscuits, chocolats) dans des sachets pour les distribuer aux migrants. Le travail était organisé de la manière suivante : une équipe était chargée de remplir les sachets d’aliments, une autre de les distribuer aux migrants à la descente du bus, une troisième équipe s’occupait de la distribution de vêtements et chaussures, une quatrième en lien avec d’autres organismes faisait la cuisine.

A l’approche de l’hiver, l’inquiétude naissait, allons-nous tenir ? Les volontaires allaient-ils continuer à répondre présents pour effectuer ce travail si exigeant ? Fort heureusement nous pouvions une fois de plus compter sur la divine Providence, car les volontaires affluaient, nos vaillants jeunes n’étaient pas en reste, ils constituèrent une équipe dynamique qui se rendait tous les Dimanches à Idouméni. Signalons que malgré le froid rude de l’hiver, les volontaires et les jeunes travaillaient dans une sacrée ambiance de joie. Nous étions tous émerveillés par le travail accompli, tout le monde se surpassait, lorsqu’il fallait repartir à Thessalonique, après huit ou dix heures de travail effectuées. Les jeunes trouvaient encore des ressources pour entonner quelques chants populaires du pays, distillant la joie et des sourires aux migrants.  Où trouvaient-ils cette joie et cette force ? Certainement dans ces mots de Saint Vincent De Paul « Les pauvres sont nos maitres et seigneurs »

Chaque jour nous confions tout ce travail au Seigneur en lui demandant de nous donner la force pour pouvoir reprendre la route très tôt le lendemain, en effectuant à nouveau les 75 km nous séparant de Thessalonique à Idoumeni, nous effectuons parfois ce trajet sous la pluie ou sous la neige. Une fois nous avions eu l’honneur de recevoir le cardinal Luis Antonio Tagle chargé de la Caritas international, nous nous étions rendus avec lui à Idoumeni et il avait pu toucher du doigt la réalité en mettant la main à la pâte pendant huit heures.

Dans la communauté nous avons hébergé un prêtre et un diacre, tous deux de la Syrie, le temps pour eux de refaire des forces, d’obtenir leurs documents et de continuer leur périple vers l’Allemagne. Leur témoignage fut poignant, presque toute leur région d’origine fut décimée, et abandonnée.

Au mois de Mai 2016, la frontière entre la Grèce et Skopia (Macédoine) fut fermée, pendant près de deux semaines, la tension monta entre les migrants et les forces de l’ordre, car certains migrants voulaient franchir par force la frontière. Le camp fut mis à feu, et aucun volontaire ne pouvait y avoir accès, les autorités avaient décidé de déplacer les migrants vers les camps à Thessalonique et dans les villes environnantes d’où les tensions.

Le petit camp d’Idouméni en ce moment comptait environ 13 000 milles migrants, ceux qui parvenaient à s’échapper du camp se retrouvaient aux bords de la route menant à Thessalonique, ils recevaient des sandwichs et autres aliments de notre part. Nous sillonnions la route toute la journée en essayant d’aider le maximum de migrants ; avec la destruction du camp, certains étaient restés affamés pendant plusieurs jours.

 

Le travail dans le camps de migrants et en dehors, après leur déplacement d’Edoumeni

Environ 27 camps furent installés à Thessalonique et les localités environnantes, ici s’arrêta le travail des volontaires, qui avaient accompli un travail louable et immense, une poignée fut sélectionnée pour pouvoir distribuer cette fois ci des fruits et des légumes tous les jours dans 7camps.

Aujourd’hui, l’état s’occupe de la nutrition des migrants, notre aide est beaucoup plus morale et psychologique. Nous essayons comme on peut d’apporter le réconfort à ceux qui sont éprouvés et abusés en nous rendant dans les différents camps.

Nous travaillons en collaboration avec les sœurs de Mère Thérésa, qui en ce moment logent chez elles plus d’une vingtaine de femmes et enfants Syriens. Tous les vendredis je me rends avec deux d’entre elles tôt le matin aux environs de 6 heures au vaste marché international de légumes et de fruits, et nous nous présentons devant chaque étalage, recevant ainsi gratuitement fruits et légumes en abondance. Les sœurs se chargent du ramassage, et moi je range tout dans la petite camionnette. Tous ces aliments servent à nourrir cette vingtaine de migrants que les sœurs hébergent. Nous organisons de temps en temps des pique-nique avec eux.

En lien avec les Filles de la Charité nous avions obtenu d’elles, un appartement où nous avions logé pendant un an une famille chrétienne syrienne. Au niveau de la paroisse nous avions également logé un jeune dont la vie était menacée dans l’un des camps.

Avec l’aide du Seigneur nous continuons ce service.

Père Agapit, CM 🔸

Nous essayons comme on peut d’apporter le réconfort à ceux qui sont éprouvés et abusés en nous rendant dans les différents camps.

Pères Lazaristes :

Frangon, 19

54625 Thessaloniki

+30-23 10 53 95 59

@: lazaristes@the.forthner.gr

Père Pedro Opeka à Amiens. 1er juillet 2017 à 15h en l’église Sainte-Anne d’Amiens : « Dans les pas de saint Vincent de Paul, une dynamique au service des pauvres »

Père Pedro Opeka à Amiens.

« Dans les pas de saint Vincent de Paul, une dynamique au service des pauvres »

1er juillet 2017 à 15 h en église Sainte-Anne d’Amiens

En ce 400ème anniversaire de la fondation du charisme vincentien, le Père Pedro Opeka, un des fils spirituel de Monsieur Vincent, missionnaire à Madagascar, et fondateur de l’Association humanitaire « Akamasoa » nous livre, son expérience auprès des pauvres d’Antanarivo qui vivaient sur la décharge publique.

Le Père Pedro OPEKA, sera à AMIENS le samedi 1er juillet 2017 à 15 h – Eglise Sainte Anne

Le Père Pedro est un homme d’exception, les organisateurs de ces rencontres voudraient que ces visites puissent laisser des traces…

Père Pedro, prêtre lazariste, est né en 1948 à San Martin (Argentine) de parents slovènes. C’est près de son père, en Argentine, que le jeune homme apprit très tôt le métier de maçon. C’est là aussi qu’il découvrit sa vocation et qu’il choisira de consacrer toute sa vie, à la suite de Sainte Mère Teresa et de l’humble sœur Emmanuelle, aux plus démunis et à Dieu.

En 1970 père Pedro découvre Madagascar et toute sa misère. En 1975 il s’embarque définitivement dans son pays de mission et crée en 1989 l’association AKAMASOA (qui signifie « Les bons amis ») qui a permis d’aider et de nourrir à ce jour 400 000 personnes en détresse, d’accueillir 25 000 malgaches dans les 22 villages qu’elle a construits aux abords de la décharge de la capitale mais aussi à travers tout le pays. Ces villages comprennent des maisons unifamiliales, de nombreuses écoles (12 850 enfants scolarisés « Ces milliers d’enfants…, ce sont de petits anges qui ont droit à avoir un avenir… » Père Pedro), des dispensaires, des bibliothèques… Tout ce travail est réalisé par des malgaches qui ont appris leur métier sur le tas et sans l’aide de leur pays.

Tous les dimanches, c’est un stade qui accueille pour la messe dominicale jusqu’à 7 000 fidèles réjouis. Une véritable fête !

Pour poursuivre son œuvre, Père Pedro a besoin d’une aide financière. C’est ainsi que le Père André-Marie FOUTREIN, moine, prêtre, poète, peintre et potier, consacre toute sa vie à soutenir l’œuvre de celui qui est devenu son grand ami.

Le 31 janvier 2017,  le Cardinal Pietro PAROLIN, Secrétaire d’Etat du Vatican (représentant direct du Pape FRANÇOIS) a visité AKAMASOA. Le Cardinal a été le témoin de la réussite du Père PEDRO et l’a encouragé à continuer ce travail contre la pauvreté et en faveur de la personne humaine.

Une belle page qui s’ajoute dans l’histoire et les annales  d’AKAMASOA.

Comptant beaucoup sur votre présence, au nom de tous les amis organisateurs, nous vous prions de croire,  à l’assurance de nos sentiments les plus cordiaux.

 

 

Conférence-Témoignage du Père Pedro Opeka
samedi 1er juillet 2017 à 15 h
ÉGLISE SAINTE ANNE D’AMIENS – 63 rue Vulfran-Warmé // 80000 AMIENS
Pour ceux qui le souhaitent, célébration eucharistique à 18h30
suivie d’un repas partagé et d’un concert d’Amis
Partenaires :

Congrégation de la Mission – Communauté d’Amiens

63 Rue Vulfran-Warmé – 80000 Amiens

 

Association Eglise Sainte Anne

63 rue Vulfran-Warmé – 80000 Amiens

Pèlerinage de l’Ascension

Pèlerinage de l’Ascension

Nous voici au tout début de notre pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer. Lorsque nous disons cela en tête un lieu : « là-bas, dans le Sud, en dessous de Arles, perdu derrière les étangs et marécages Camarguais ». Il en est de même lorsque nous allons à Lourdes, on repère un lieu. Or le pèlerinage n’est pas tant d’aller dans un lieu que d’aller à la rencontre de quelqu’un. A Lourdes nous allons rencontrer Marie, à st Jacques nous allons à la rencontre d’un des apôtres, ceci, pour nous ressourcer auprès de ceux qui sont un exemple pour nous, une ligne directrice pour notre propre vie. En venant ici nous pourrions plutôt dire que nous allons en pèlerinage à Sara, à sainte Sara ainsi qu’à Marie Jacobée et Marie Salomé. Dire ceci c’est changer notre posture intérieure. Par exemple, quelqu’un empêché de venir jusqu’ici pour des raisons de santé, ça ne l’empêche pas de faire un pèlerinage tout en restant chez lui, en se nourrissant de tel ou tel lecture spirituelle ou en regardant telle ou telle émission via le Net.

Lorsque nous prenons un lieu pour évoquer un pèlerinage, le souci c’est qu’on y met un terme : « Ça y est je suis arrivé au bout ». Comme si un pèlerinage avait une fin. Ça a une finalité mais pas une fin. Un pèlerinage est en fait une manière de prendre le temps d’évaluer où nous en sommes du véritable pèlerinage de notre vie sur cette Terre. Toute notre vie est un pèlerinage. Dieu dit à Abraham « pars et va vers le pays que je te donnerai ». Il n’avait pas de destination, il avait comme GPS cette parole de Dieu et cette certitude qu’il était accompagné par lui comme guide de sa vie, prêt à faire tout ce qu’il lui demanderait. C’est pour cela qu’il est le père de tous les croyants, ceux qui mènent leur vie à partir de l’écoute de Dieu.

Nous pouvons donc dire que nous commençons notre pèlerinage à sainte Sara ainsi qu’à sainte Marie Salomé et sainte Marie Jacobée. C’est elles qui vont nous interpeller pour savoir où nous en sommes sur notre parcours terrestre.

Elles sont venues nous apporter la Bonne Nouvelle de l’évangile. Elles nous invitent donc à prendre l’évangile comme carte routière ou plutôt « cheminal » je ne sais pas si ça se dit mais notre vie prend bien souvent des petits chemins que de grandes autoroutes bien tracées. On pourrait dire que c’est notre GPS mais là ça ne va pas car le GPS nous demande de ne pas réfléchir, ni de rien regarder autour de soi mais simplement d’être bêtement attentif à « tournez à droite ; prenez la deuxième sortie » etc. vous connaissez. S’il est mal connecté ou mal paramétré,, il peut nous emmener dans des impasses. Car notre chemin se doit d’être personnel même si nous avons le même guide et même si nous avons à faire route ensemble !

C’est le paradoxe de notre identité nous sommes tout à la fois semblables puisque notre modèle de construction est Dieu, mais celui-ci étant unique nous avons à rechercher notre particularité. Etant tous unique, nous sommes donc tous aussi différents. Notre chemin se doit d’être à vivre avec les autres car ils ont quelque chose à nous dire pour notre propre chemin mais aussi il est à chercher d’une manière personnelle sans jamais avoir à imposer quelque itinéraire aux autres mais tout à la fois savoir témoigner de nos propres découvertes pour en enrichir les autres.

Un bon randonneur c’est très bien que pour savoir où il va il lui faut tout de même savoir d’où il vient. C’est pour cela qu’il regarde régulièrement la carte en repérant par où il est passé. Je vous propose de regarder quelque peu le chemin parcouru en Eglise au sein de notre aumônerie. Je n’en ai pas une grande expérience et mes paroles s’appuierons beaucoup sur ce que j’ai entendu par les anciens, c’est-à-dire ceux qui sont sur cette route depuis déjà fort longtemps ayant eux même la mémoire des anciens qu’ils ont connus. J’élargi ce regard à ce qui s’est vécu dans d’autres aumôneries ou Mouvements ayant la même démarche d’être proche de ceux que nous voulons accompagner.

Avant, être d’Eglise c’était être beaucoup dans la dévotion, prier, aller à la messe etc. et derrière cela ne pas trop faire cas des problèmes de ce monde ni de sa gestion. « La souffrance que tu subie ici te garantit une bonne place au paradis, donc souffre en silence et confie toi en Dieu… !!! ». Nous avons parfois réduit l’évangile à un système éducatif qui maintenait toute une population dans la docilité. On avait quelque peu oublié que Jésus n’était pas un mièvre ni une grenouille de bénitier. Il était ardant à défendre l’exclu et à corriger toutes les mauvaises idées qu’on pouvait avoir sur Dieu qu’il appelle Père. On s’était éloigné de l’exigence évangélique, notre boussole, qui nous disait d’être très proche des personnes qui sont souvent loin de l’Eglise ou plus exactement dont l’Eglise était loin ! Alors sont apparus les Mouvements de jeunesse ainsi que les Mouvements d’adultes et les aumôneries pour accompagner toute catégorie de personne ayant une particularité pour lire plus correctement leur itinéraire humain en regardant la carte évangélique. Savoir se faire proche du pauvre, du délaissé. Savoir relever celui qui est abattu par les épreuves. Ainsi ont été créées les aumôneries des prisons, des personnes handicapées, des visites aux malades, des migrants avec un groupe particulier dès qu’il y a une nationalité différente. Ainsi est né cette idée d’accompagner les Voyageurs un groupe dont l’Église s’intéressait peu.

Cette mouvance a été très attentive à chaque petite présence du Verbe divin en chaque personne. De fait Vatican II nous redira avec force que l’Esprit de Dieu est en toute personne et qu’il faut le révéler car c’est ainsi que grandit le royaume de Dieu. S’impliquant à repérer cela et à voir qu’il y avait des conditions de vie indignes de la personne humaine, l’Eglise via ces Mouvements et aumôneries s’est investie dans des actions pour une société plus juste, plus en adéquation avec le projet de Dieu d’avoir un monde fraternel. Cela permettait de mettre quelque peu à distance cette direction qui nous faisait voir « que » l’objectif du paradis sans prendre en compte les itinéraires particuliers de chacun. Cela nous a permis de découvrir toutes les beautés sur des chemins différents, c’est à dire de rendre grâce pour la présence de Dieu en toute personne. Cette attention est capitale si nous ne voulons pas perdre de vue la présence de l’Esprit dans nos vies. Mais le risque de cette posture intérieure c’est d’en oublier tout de même l’objectif final : être dans le Royaume de Dieu.

Il faut nous nous laisser interpeller par le fait qu’un très gros pourcentage de chrétiens ne croit pas à la résurrection. Si on se fie aux enquêtes sur ce sujet on peut lire que nous serions que 10% des chrétiens à croire à la résurrection, en tout cas pour nous pauvres mortels. Ça, c’est une donnée qui ne rentre vraiment pas dans ma compréhension. C’est saint Paul qui nous le dit « si Christ n’est pas ressuscité, nous sommes les plus malheureux des hommes. Car nous nous mentons à nous-mêmes ». A quoi cela sert-il de vivre les préceptes évangéliques si en final c’est pour finir dans le trou, bouffés par les vers. Excusez la violence de mon propos mais c’est la question fondamentale que se posent particulièrement les jeunes que nous rencontrons. Il ne sert à rien de faire quelque chemin que ce soit puisque la destination est mortelle ! L’une des grandes pauvretés de notre monde, particulièrement occidental est la non-espérance.

Le paradis est une notion trop évanescente, une nébuleuse inatteignable alors notre jeunesse s’enferme dans tout un tas d’addiction qui leurs font fuir la réalité, trop désespérant pour eux. Ça leur donne du plaisir mais pas de la joie, ils s’éclatent mais il n’y a pas de paix.

Lorsque Claude m’a proposé d’intervenir pour cette matinée, je lui ai demandé quel en était le thème. Il m’a dit que j’avais carte blanche, tout en rajoutant que pour le pèlerinage on s’appuierait comme fil conducteur sur l’Ascension. C’est pour alimenter ce thème que je vous parle de pèlerinage depuis tout à l’heure. Notre pèlerinage même s’il n’a pas de destination il a tout de même une finalité : vivre pleinement le Royaume de Dieu. Eh oui nous ne sommes pas chrétiens que pour cette vie terrestre, notre route se continue au-delà de l’impensable. Au-delà de la mort il y a la vie. Si on loupe ça on loupe tout. Une petite anecdote pour dire comment certains chrétiens peuvent vivre notre foi. J’étais quatre ans à la Courneuve en Seine Saint Denis et j’ai accompagné des personnes qui faisaient la retraite dans la vie avec la dynamique des exercices selon Ignace. La formule se vit sur le temps du carême. L’une de mes accompagnées m’émerveillait car elle avait de grandes dévotions, elle prenait pas mal de temps de prière chaque jour. Merveilleux. Vers la fin de la retraite nous en arrivons à la méditation des textes de résurrection. Et j’ai dû lui faire une remarque du style : « tu te rends compte qu’on va ressusciter ! » Et là elle éclate de rire et me dit « ha non ça ce n’est pas pour moi !!! » Je suis resté sans voix. Une chrétienne si fervente qui ne croyait pas à la vie éternelle. Mais alors pourquoi tant de dévotions ? Quel but ?

En occident et tout particulièrement en France, nous sommes hyper cartésiens. Nous devrions mettre comme saint patron des Français, saint Thomas : « Je ne crois que ce que je vois ». Tout d’abord saint Paul est très clair, croire ce que l’on voit ce n’est plus croire. Croire ; la foi c’est savoir que quelque chose existe alors même que nous n’avons aucune preuve rationnelle. Et le fameux Thomas qui fait son incrédule en se croyant être plus intelligent que la moyenne, se fait ramasser par Jésus. Vous connaissez tous le passage où cette fois-ci il est là quand Jésus apparaît et il lui dit : « mon pauvre Thomas tu crois parce que tu me vois, bienheureux ceux qui croient sans avoir vu ». On se croit supérieur en restant en dehors de la sphère de la croyance, de la foi mais en fait on enferme le mystère de la vie dans la petite compréhension de notre cerveau. Pauvre athée. J’aime dire que les athées sont des croyants qui croient à l’inexistence de Dieu. Ils font les fanfarons en mettant en avant leur incapacité à entrer dans le mystère de la vie, ils montrent par là leur peur de ne pas tout maitriser mais pour comprendre un peu mieux ce si grand mystère, il faut accepter d’entrer dans l’abandon ; vivre l’abandon, ne plus rien maitriser.

Les évangiles que nous écoutons durant le temps Pascal nous enseignent beaucoup sur cette vie en Dieu. Elle est déjà à vivre ici dans l’intensité de la prière, la qualité relationnelle que nous entretenons avec nos semblables et particulièrement avec les plus fragiles de notre monde, en se souciant de l’international ou dans notre pays ou encore dans notre entourage proche, voir même dans notre propre famille. Tout cela est dans l’optique de vivre pleinement notre relation à Dieu. Il s’est fait homme pour que nous devenions Dieu. Notre foi est folle. Oui je crois profondément que je verrai Dieu. Dieu est Trinité, il est relation, il est rencontre. La définition la plus compréhensible pour nous est celle que nous donne st Jean : « Dieu est amour -et il continu en disant- qui aime connaît Dieu ».

Lorsque nous sommes « en amour » comme disent les Québécois, la notion de temps disparaît. Combien de jeunes se font engueuler en rentrant bien plus tard que l’horaire autorisé parce qu’ils étaient simplement avec leur amoureux. Lorsque nous sommes chez quelqu’un que nous aimons, on ne voit pas le temps passer, par contre si le bus a deux minutes de retard alors là ça nous parait une éternité. L’amour est hors temps ou plus exactement l’amour, c’est-à-dire « Dieu » pour nous les chrétiens, c’est le présent. Ce n’est pas pour rien qu’à la demande de Moïse sur son identité, Dieu répond « JE SUIS ». Récemment j’ai rencontré un passionné de la bible, la lisant en direct en hébreux et en grec. Il me disait combien était dommage certaines traductions qui réduisent le sens du texte. Et pour cette traduction de « JE SUIS » il dit que ce n’est pas complet, il faudrait dire : « JE SUIS, là ». Je n’ai donc pas à le chercher ailleurs et en même temps il nous faut y aller. Remémorez-vous les discussions de Jésus avec ses disciples ; Seigneur, montre nous le chemin et l’autre de dire nous ne savons pas où tu vas ». Et tous les passages dans st Jean lorsque le Christ prie son Père ainsi que la relation qu’il nous révèle entre lui et son Père et lui et nous. C’est compliqué et ça nous montre surtout que nous n’avons pas les capacités à comprendre intellectuellement ce mystère de l’éternité. Cela ne nous interdit pas d’en saisir le sens par l’intelligence de la foi.

Lors de nos interventions auprès des jeunes dans les collèges et les lycées, la question de la vie après la mort vient régulièrement. Pour leur expliquer ce dont je crois en tant que chrétiens, je passe par le détour de notre vie avant d’arriver dans ce monde. Je leur dis qu’avant d’arriver sur cette Terre, nous étions dans un autre monde, celui du ventre de notre mère. Ça les fait un peu sourire mais tout de même il y a matière à méditer. Nous étions dans un autre monde qui n’a quasiment rien à voir avec celui-ci : nous avons passé neuf mois dans le ventre de notre mère. C’est un monde très différent d’ici. Ici c’est aérien, là c’est aquatique ; ici c’est la lumière et les couleurs, là c’est l’obscurité ; ici c’est du solide, du vertical, de l’horizontal, là, chez lui ça baigne ; ici nous communiquons, nous sommes à plusieurs, lui, sauf exception, il est seul. Les professionnels de la santé nous disent que l’enfant dans le ventre de sa mère est capable de saisir qu’une seule chose de notre monde : « Est-ce que je suis désiré, attendu ? Est-ce que je vais trouver ma place ? Va-t-il y avoir de l’amour ? Ou au contraire vais-je arriver dans un monde hostile, où je ne trouverai pas ma place où je ne serai pas attendu ? ». Ils nous disent même que selon ce que l’enfant capte, il pourra y avoir des répercussions dans sa vie aérienne. Lorsqu’il y a une naissance, de ce côté-ci nous sommes tout à la joie, nous sommes heureux, on va le voir etc. mais de l’autre côté, que s’est-il passé ? Il n’est plus là, il a quitté, il est parti. Il y a même des femmes qui vivent difficilement la naissance, qu’on appelle le baby-blues. Elles vivent cela quasiment comme un deuil, car leur enfant était là (dans leur ventre) et il n’y est plus. Il y a un vrai manque, la relation a changé. Alors que pendant neuf mois, elle a été le monde de son enfant, là il n’est plus !

En fait l’enfant était dans un monde, le monde aquatique et il est passé dans un autre monde ; bienvenue dans le monde aérien. Nous allons vivre ici quelques décennies, plus ou moins de temps selon la vie de chacun, là aussi un mystère. Puis un moment nous allons vivre la même expérience ; nous allons passer dans un autre monde. Le mot « passage » chez les Juifs et les Chrétiens ça se dit « pâque ». Lorsque quelqu’un décède, on dit « il n’est plus là, il nous a quitté, il est parti ». En fait, et là je dis bien la foi des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans, et même d’autres religions, donc des milliards d’hommes et de femmes, il est parti dans l’autre monde qu’on nomme différemment selon nos traditions, le monde divin, le monde de Dieu, le paradis, le monde des entités, le monde de la lumière ou de l’amour etc. Il y a même des personnes en occident qui ne veulent pas entendre parler de religions, ils disent que ce ne sont que des créations humaines, mais qui savent bien qu’il y a une vie après la mort. Nous sommes tout à la fois mortels et éternels.

Tout comme un bébé n’est pas capable de comprendre que le ciel est bleu et les arbres sont verts, il nous est difficile de savoir « comment » ça va être de l’autre côté mais ça ne nous empêche pas de saisir que Dieu nous aime et que nous sommes attendus pour vivre dans la plénitude de l’amour infini de Dieu. Sinon franchement que venons-nous faire aux Saintes Mariés de la Mer ? Ayons une cohérence entre notre foi et notre style de vie.

On nous interdit dans notre patrie si ardente à défendre la liberté, de parler de nos convictions en les reléguant au domaine du privé, et nous les cathos, nous l’avons tellement intégré que nous avons fini par nous priver de foi. Il est grand temps que nous relevions le défi d’être des chrétiens heureux et fiers d’être des vivants pour l’éternité.

Pour cela il faut reprendre les textes d’évangile où le Christ nous enseigne ces réalités d’en haut ainsi que les écrits du nouveau testament sinon nous risquons fort d’avoir le même reproche que les disciples sur le chemin d’Emmaüs : « que votre cœur est sans intelligence et lent à croire tout ce que les prophètes ont annoncé.

Il y a aussi les paraboles sur le royaume ou le jugement dernier. C’est vraiment plein d’enseignement sur la Vie.

Une dernière remarque avant ma conclusion. Il nous faut être vigilants à nos petites expressions, elles disent quelque chose de notre conception de la vie. Je suis toujours étonné d’entendre des chrétiens reprendre cette phrase « on n’a jamais vu quelqu’un revenir des morts ». Ça, ça donne raison à Abraham dans la parabole du pauvre Lazare où le riche lui demande d’envoyer ce Lazare auprès de ses frères, et Abraham de répondre « quelqu’un pourrait bien revenir d’entre les morts ils ne le croiront pas davantage ». Nous les chrétiens nous savons que le Christ est ressuscité et qu’il nous a ouvert la porte de l’éternité.

Voici donc bien des pistes pour vivre notre pèlerinage auprès de ces Saintes qui nous sont si chères et qui des à présents, depuis le royaume de Dieu où elles vivent en plénitude de l’amour divin nous expriment déjà que ce qui nous attend c’est vraiment divin.
Je conclue avec une petite histoire toute simple, mais avant je me permets de faire une petite remarque sur la forme de cette journée. Nous sommes en journée de récollection. Il est vrai que ça fait longtemps qu’on ne sait pas vu, on a la joie de se retrouver, on veut avoir des nouvelles des uns et des autres mais comme dit l’ecclésiaste il y a un temps pour tout. Nous sommes ici pour une matinée de récollection, vivons-la pleinement. Osons rester en silence jusqu’au temps de l’apéro. Nous savons tous que le silence est un lieu privilégié de la rencontre de notre Dieu, c’est un rendez-vous pour un cœur à cœur avec notre Seigneur. Nous ne sommes pas ici pour venir à une rencontre de franchouillarde camaraderie, nous sommes ici pour accompagner le peuple des Voyageurs, être témoins de Celui qui nous rassemble, c’est auprès de lui dans la communion de son esprit que nous allons à nous laisser enseigner et déjà « pèleriner » vers le Père qu’il est venu nous révéler.

Voici donc une conversation que nous avons réussi à intercepter entre deux bébés.
Dans le ventre de leur mère, deux bébés discutent.

Bébé athée :
– et toi, tu crois à la vie après l’accouchement ?

Bébé croyant :
Bien sûr. C’est évident que la vie après l’accouchement existe. Et nous sommes ici juste pour devenir plus forts et prêts pour ce qui nous attend après !

– Tout ça, est insensé. Il n’y a rien après l’accouchement. Est-ce que tu peux t’imaginer toi, à quoi une telle vie pourrait ressembler ?

Eh bien je ne connais pas tous les détails. Mais là-bas il y aura beaucoup de lumière, beaucoup de joie. Et par exemple là-bas, on va manger avec notre bouche.

– Mais c’est n’importe quoi ! Nous avons notre cordon ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Et de cette autre vie, il n’y a encore eu aucun revenant. La vie se termine tout simplement par l’accouchement.

Non ! Je ne sais pas exactement à quoi cette vie, après l’accouchement, va ressembler mais dans tous les cas nous verrons notre maman et elle prendra soin de nous.

– Maman ? Tu crois en maman ? Et où se trouve-t-elle celle-là ?

Mais elle est partout ! Elle est tout autour de nous ! Grâce à elle nous vivons, et sans elle nous ne sommes rien. Elle veille sur nous à chaque instant.

– C’est absurde ! Tu l’as déjà vue toi ? Moi non plus ! C’est donc évident qu’elle n’existe pas. Et puis, si elle existait vraiment, pourquoi ne se manifeste-t-elle pas ?

Et bien là je ne suis pas d’accord car parfois lorsque tout devient calme, on peut l’entendre quand elle chante… sentir quand elle caresse notre monde… je suis certain que notre vraie vie ne commence qu’après l’accouchement.

Vincent GOGEY, CM 🔸

Notre chemin se doit d’être à vivre avec les autres car ils ont quelque chose à nous dire pour notre propre chemin mais aussi il est à chercher d’une manière personnelle sans jamais avoir à imposer quelque itinéraire aux autres mais tout à la fois savoir témoigner de nos propres découvertes pour en enrichir les autres.

Un sanctuaire pour se poser et se reposer


Un sanctuaire pour se poser et se reposer

pour ne pas rendre vain tant d’effort…

Bonjour chers Confrères,

Une bonne partie d’entre vous connaissent notre grande propriété de Notre Dame de Prime Combe à coté de Sommières dans le Gard. Une partie des bâtiments abrite une communauté de Bénédictins de l’espérance (frères ayant un handicap) depuis 1997. La chapelle principale a été totalement refaite où la messe est célébrée dès que c’est possible. Le reste des bâtiments est inutilisés.

Depuis plusieurs années, Eric Saint Sevin (économe à l’époque de la province du Sud) a patiemment aménagé une partie ce lieu pour qu’il puisse servir d’une manière ou d’une autre. Les méandres administratifs et les obligations de sécurité sont difficiles à gérer mais sa ténacité a eu gain de cause. Aujourd’hui une partie est « ouvrable » en tant que gîte d’étape. Alors, pour ne pas rendre vain tant d’effort, nous nous lançons dans cette ouverture, dès ce 15 juin et pour tout l’été pour une première expérience.

Voici le site qui vous donne les informations utiles pour connaitre ce lieu et les conditions. N’hésitez pas à faire connaitre le lieu, c’est un manière d’être présent à des personnes loin de l’église.

L’histoire de ce sanctuaire commence au IX° siècle. Après une longue histoire faite de hauts et de bas, l’aventure continue, ce lieu de pèlerinage a maintenant un gîte d’étape qui nous permet de vous accueillir.

Notre Dame de Prime Combe, un sanctuaire dans un magnifique cadre de verdure de Garrigue Gardoise. Elle vous accueille pour le temps d’une pause, pour une ou plusieurs nuits dans un calme de grande qualité. C’est une région où il est facile de faire des randonnées à la journée pour revenir se ressourcer au point de départ.

Que vivre en venant là?

Dans un monde de plus en plus stressé, comprimé, n’ayant plus le temps de rien, surtout des choses simples et des rencontres gratuites, ce lieu à pour but de permettre la rencontre. Nore conviction: la rencontre de l’autre dans sa différence est source d’enrichissement et d’interpellation pour chacun. De la connaissance de l’autre nait le respect et ouvre un horizon pour un chemin commun. Permettre la rencontre de personnes venant d’horizons différents. Le temps de la pause peut être l’occasion de découvrir ce lieu de pèlerinage dédié à Notre Dame du Bon Secours.  Vivre un temps de méditation à la chapelle ; de rencontrer un prêtre pour un entretien personnel ; susciter un échange sur des sujets en lien avec le sens de la vie, le devenir de notre société, de notre monde. De rencontrer d’autres randonneurs et participer à un temps de discussion sur des thèmes variés.

Vincent Goguey ♦

Pour ne pas rendre vain tant d’effort, nous nous lançons dans cette ouverture, dès ce 15 juin et pour tout l’été pour une première expérience.

Vincent Goguey