Dans bien des domaines nous sommes en état de surprise, et comme nous disons parfois « devant le fait accompli » aussi bien devant la mort d’un être cher, de membres de nos familles, de nos confrères, d’amis, que par ce qui advient à notre monde, à nos pays, à nos sociétés, à nous groupes humains ou religieux .

Homélie 32e Dimanche Ordinaire. 8 novembre 2020. Chapelle st Vincent de Paul – Paris

« Veillez donc, vous ne savez ni le jour, ni l’heure »

Dans bien des domaines nous sommes en état de surprise, et comme nous disons parfois « devant le fait accompli » aussi bien devant la mort d’un être cher, de membres de nos familles, de nos confrères, d’amis, que par ce qui advient à notre monde, à nos pays, à nos sociétés, à nous groupes humains ou religieux.

Qui savait qu’un virus nommé Covid-19 allait surgir dans le monde et jusqu’à chez nous en faisant tant de dégâts humains et sociaux, entravant nos manières de vivre, nos habitudes, nos fonctionnements et jusqu’à perturber nos manières d’être dans les relations ?

Qui savait qu’à tel moment précis, la « tempête Alex » allait provoquer la catastrophe dans une région du sud est de la France faisant des victimes et laissant des familles dans le désarroi face à l’effondrement de leurs habitations avec toutes les conséquences humaines et matérielles.

Qui savait que la folie extrémiste et terroriste allait frapper à nouveau de telle manière et en tel lieu et à telle heure ?

Bien sûr, on peut se dire que des épidémiologistes, des scientifiques, des spécialistes en sécurité était bien en poste et au travail et le sont encore aujourd’hui. Mais en fait, la vigilance ne peut empêcher ce qui peut advenir d’advenir et ce qui doit advenir d’advenir.

La vigilance est de l’ordre de notre attention soutenue, conscience éveillée, attitude intérieure se manifestant dans notre manière d’être et en capacité de prendre des moyens adaptés aux situations.

« Veillez donc, vous ne savez ni le jour, ni l’heure »

C’est ainsi que Jésus, s’adressant hier à ses disciples, nous interpellent nous ses disciples aujourd’hui.

On nous campant les personnages des vierges sage set des vierges folles Dans la parabole que nous rapporte Saint Matthieu, Jésus nous ouvre sur la réalité du royaume. Plus précisément comme nous lisons dans la traduction liturgique sur ce que sera le Royaume des Cieux : « Le royaume des cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces »

Les noces : Il s’agit de la venue du Seigneur, l’époux dont l’humanité en est l’épouse. Il nous a demandé d’être prêts à l’accueil du Seigneur qui vient. Du Seigneur qui viendra non pas simplement à la fin des temps, mais qui vient déjà dans l’aujourd’hui de la vie, dans ce monde d’aujourd’hui qu’il a déjà sauvé. Jésus nous interpelle sur notre capacité à la vigilance, sur notre perspicacité à discerner et à reconnaitre son visage et son passage.

Vierges folles et vierges sages : Les cinq vierges dites folle, font écho au peuple insensé dont parle le Deutéronome. Peuple insensé dans le sens où il s’est détourné de Dieu, ne le mettant plus au cœur de son existence, oubliant qu’il en est son créateur. Cette folie elle est comme rupture d’Alliance. Les cinq vierges dites sages, Font écho à la sagesse comme nous l’entendions dans la première lecture. Il s’agit de l’Esprit de Dieu accueilli et agissant dans le cœur de l’homme qui lui permet d’être alors prévoyant comme celui qui a bâti sa maison sur le roc dira Jésus. Ainsi nous sommes renvoyés à nos existences personnelles : de quel côté je suis ?de quel côté sommes-nous ? Des prévoyant ? Des insensés

Le sommeil : le sommeil dans lequel toutes les dix, sages et folles s’endorment au milieu de la nuit, ne symbolise-t-il pas toutes nos tiédeurs, nous indifférences nous engourdissements, parfois même nos doutes ?

Le refus des vierges sages de donner de leur huile : Cette attitude peut au premier abord nous choquer dans cette parabole. En effet Jésus n’a-t-il pas toujours enseigné le partage, la solidarité, le soutien fraternel « Donne à qui te demande » nous dit-il. Mais regardons de plus près : ce n’est pas que les vierges sages ne veulent pas partager, mais ce qu’elles ne peuvent pas partager cette huile, car cette huile c’est « le Bien aimé » c’est-à-dire leur foi en la personne de Jésus. Et la foi, nous le savons bien, nous ne pouvons pas là donner à l’autre, nous ne pouvons pas la transmettre, nous ne pouvons qu’en témoigner.

Témoigner de la foi : c’est cette expérience que nous avons vécue lors de notre dernière rencontre communautaire jeudi soir où nous avons laissé circuler la fois entre nous. Chacun dans la confiance a pu dire et témoigner de la manière dont le Christ est centre de sa vie. Nous avons besoin les uns des autres et la foi de l’autre ne peut que venir conforter la mienne, chacun restant unique dans sa relation au Christ.

« Veillez donc, vous ne savez ni le jour, ni l’heure. »

La liturgie de ce dimanche nous rappelle donc que c’est l’amour de Dieu qui doit imprégner notre vie. C’est ainsi que nous entretenons notre désir de Dieu et de son royaume. Cette prévision d’huile précieuse c’est la grâce du baptême. La parole de Dieu, l’Eucharistie sont une nourriture qui nous permet de rester en état de veille. C’est chaque jour que le Seigneur vient à notre rencontre pour nous modeler à son image.

Demandons-lui de nous garder veilleurs en persévérant dans la foi et dans l’amour.
Amen

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