Frédéric PELLEFIGUE

Au temps de st Vincent de Paul… et aujourd’hui

LE BAPTÊME 

EDITORIAL

Depuis les débuts de son pontificat, le Pape François invite et entraîne l’Eglise à une conversion pastorale. Il en rappelle le motif, le 21 décembre 2019 lors de ses vœux à la Curie Romaine : nous nous trouvons dans un changement d’époque. Pour illustrer cette réalité, nous pouvons nous rappeler l’expérience de st Vincent de Paul, comme Jean Morin a pu la présenter[1]. Vincent de Paul commence son action missionnaire alors qu’il est porté par une théologie de l’évangélisation « conçue en période de chrétienté et pour une période de chrétienté, où le problème posé n’est guère celui de la foi en elle-même mais plutôt celui d’une pratique et d’une vie religieuse et morale en cohérence avec la foi ». Mais le missionnaire, découvrant la pauvreté spirituelle, va être amené rapidement à changer ce point de vue évangélisateur initial. De plus, des réalités nouvelles, comme la rencontre des chrétiens réformés (exemple de Marchais !) et l’expansion des missions ad gentes, se développent et elles mettent face aux divergences de croyances. Va se mettre en place « une sorte de théologie du minimum vital et une sacramentalisation d’urgence : le baptême bien sûr, et les fameuses ʺvérités nécessaires à salutʺ ». Vincent de Paul en vient à centrer l’évangélisation sur l’amour de Jésus Christ et la foi elle-même.

Dans ce numéro des Fiches Vincentiennes, nous nous proposons de retrouver avec nos fondateurs cette démarche de proposition du baptême, pour nous aider à mieux prendre en compte notre présent pastoral. Nous envisageons de traiter la question du salut dans un prochain Cahier.

Ces derniers temps, l’actualité a pu nous interroger sur la réception du sacrement de baptême de l’Eglise. Il a notamment été question de « dé-baptisation », dans un article de La Croix du 16 juin 2019. Le phénomène est présenté comme lié au contexte de la crise des abus sexuels et nous pouvons l’estimer comme marginal mais réel. Il reflète pour le moins une appréhension incomplète du sacrement, apparenté à une seule adhésion volontaire du sujet, rétractable à souhait.

Nous pensons aussi au développement du baptême ‘civil’ ou ‘républicain’. Sans pouvoir en indiquer une réalité sociologique, il nous arrive d’en entendre parler. Il semble correspondre au désir de parents de lier leur enfant à une marraine et un parrain, de partager avec la famille un moment de fête solennelle pour  l’enfant, … en dehors d’une référence religieuse.

Depuis vingt ans déjà, on peut observer que la réalité pastorale du sacrement du baptême a bien évolué, avec un net recul des baptêmes de bébés (en voie de stabilisation ?) et, au contraire, un nombre augmentant pour les adultes. L’Eglise de France s’efforce de prendre en compte ces évolutions, tant par le travail de la conférence des évêques que par l’engagement de nombreux paroissiens avec leurs pasteurs au service de cette pastorale.

Ouvrons ce nouveau cahier, pour entendre nos fondateurs au sujet du baptême. Ils vont nous paraître comme pressés, bousculés par l’urgence – comme st Vincent – et d’autre part soucieux de tenir à la doctrine – comme ste Louise. Voilà un trait amusant du croisement de leurs personnalités, car nous aurions pu nous attendre à une qualification inverse.

Ecoutons-les en écho à nos actualités, pour mieux aborder celles-ci.

Accompagner vers la vie de baptisé

En France – chiffre en constante augmentation – plus de 4200 adultes ont été baptisés dans le temps pascal 2019. Dans nos communautés chrétiennes il est de plus en plus fréquent de voir venir des adultes de tous âges et de toutes conditions, qui s’interrogent sur Dieu et désirent être baptisés. Les accueillir ne peut être l’affaire du prêtre ou de quelques paroissiens, mais doit devenir celle de toute une communauté, qui pourra s’en trouver renouvelée.

Un accompagnement différencié

Depuis la publication du Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (RICA), c’est une démarche d’accompagnement qui leur est proposée, dans leur découverte du Christ. Il s’agit, non pas tant de les préparer à une célébration de baptême, que de les aider à vivre en disciple du Christ et à pouvoir prendre leur place dans l’Église pour y nourrir leur lien à Dieu.

Lorsqu’un adulte demande le baptême, la paroisse va mettre en place une équipe d’accompagnement. Comme chaque catéchumène est différent, l’idéal est qu’il ait ses propres accompagnateurs, qui prendront en compte sa singularité. L’équipe aura la souplesse nécessaire pour s’adapter à chacun et répondre à ses propres interrogations. En laissant le catéchumène exprimer ses découvertes, l’équipe lui permet de prendre conscience que le Christ s’adresse à lui, et agit déjà, dans la réalité de sa vie. Bien sûr, il a besoin d’être guidé. Mais c’est en partant de ses questions qu’un enseignement approprié pourra lui être donné. Il le rejoindra dans sa recherche de sens et son cheminement. Peu à peu, chaque catéchumène percevra par lui-même les conversions auxquelles le Christ l’appelle.

Pour ce faire, il existe de nombreux documents. Le diocèse d’Aire-et-Dax a fait le choix de Matins d’Évangile, qui propose un itinéraire de découverte du Christ puisant largement dans les textes bibliques et le Magistère de l’Église. Néanmoins l’équipe d’accompagnement pourra trouver d’autres moyens ou d’autres lieux. Ainsi, par exemple, une catéchumène d’une trentaine d’année, qui se questionnait beaucoup sur la prière et sur le discours de l’Église quant à la sexualité et le célibat, a pu aller rencontrer une religieuse cloîtrée, puis vivre la prière des complies avec toute sa communauté. Un autre, sensible à la Vierge Marie, et qui avait besoin de signes concrets pour savoir prier, est allé passer une journée à Lourdes avec ses accompagnateurs.

Des étapes célébrées

La durée de l’accompagnement, variable selon chacun, s’échelonne sur environ vingt à trente mois. Ce temps, assez long, s’avère nécessaire à la maturation de la vocation chrétienne, car il est jalonné de rencontres, de découvertes, d’étapes célébrées.

Ces étapes, célébrées tant au sein de l’équipe d’accompagnement qu’en paroisse ou en diocèse, permettent au catéchumène de se situer sur le chemin de sa relation à Dieu. Elles lui rappellent, ainsi qu’aux accompagnateurs, que le Christ est le premier enseignant et que c’est lui qui convertit.

C’est au cours de ces célébrations que la communauté chrétienne doit exercer son rôle d’accueil et d’attention. Le catéchumène doit s’y sentir le bienvenu, il doit percevoir que tous ces gens, encore inconnus, qui se réunissent pour prier et célébrer, vont le porter dans leur prière et dans l’amitié. Il fera là l’expérience d’un bain ecclésial qui lui expliquera l’Église mieux que tout discours. Accompagnant un quadragénaire agoraphobe, une paroisse a choisi de lui faire célébrer certaines étapes lors de la messe de semaine dans un oratoire à taille humaine. La vingtaine de paroissiens habituels de cette messe a su créer avec lui des liens tout simples qui les faisaient se reconnaître dans la rue. Cet homme a fait l’expérience que Dieu se donnait à lui, tant par la grâce de la célébration qu’au contact d’autres baptisés.

Le temps de la mystagogie

Une fois le baptême célébré, l’accompagnement du néophyte doit se poursuivre. Le RICA invite à un temps dit de mystagogie. S’échelonnant de Pâque à Pentecôte, il consiste en ce que toute la communauté chrétienne entoure et soutienne d’attention et d’amitié le néophyte, pour l’aider à trouver sa place en son sein et à approfondir le sens du baptême.

Des liens se sont noués et des amitiés formées au travers des célébrations et des rencontres. C’est souvent en ces occasions que le catéchumène aura trouvé son parrain ou sa marraine. On comprend ici que le suivi post-sacrement a commencé dès le début de la démarche.

Dans le diocèse d’Aire-et-Dax, l’actuel choix pastoral est de célébrer la confirmation non pas en même temps que le baptême mais le jour de la Pentecôte. Les néophytes sont invités à la préparer par une journée diocésaine de retraite, vécue dans une abbaye, qui permet la découverte d’un nouveau lieu d’Église et la rencontre d’une variété de chrétiens. Le choix de la Pentecôte les aide à vivre le rythme liturgique de l’Église. Quelques semaines après, une marche diocésaine leur est proposée ainsi qu’à leurs accompagnateurs, à tous les catéchistes et familles des enfants catéchisés : nouvelle occasion de rencontres et de découvertes.

Il importe aussi d’aider le néophyte à trouver et prendre sa place au sein de la communauté. Pour cela l’écoute s’avère, encore et toujours, nécessaire. L’inventivité aussi. La tendance naturelle d’une communauté est de vouloir faire entrer la personne dans ses activités habituelles. Or, un néophyte ne trouvera pas toujours, au sein de sa paroisse, ce qui lui convient. Mais l’écoute permettra de le guider vers un lieu d’Église qui lui conviendra. Ainsi, un néophyte, ouvrier en usine, avait l’habitude, après le travail, d’aller prendre un pot avec ses collègues. Ceux-ci l’interrogeaient souvent sur son baptême, ce qui entraînait beaucoup de discussions. Comme il se sentait peu motivé par les activités de sa paroisse, son curé lui a proposé d’être un témoin de la foi parmi ses collègues, et a mis en place avec lui une équipe pour l’aider à trouver les réponses adéquates. Un nouveau lieu pastoral – et missionnaire – était né dans cette paroisse.

On le voit, préparer un adulte à recevoir le baptême est un réel cheminement, tant pour lui que pour ceux qui l’accompagnent. C’est aussi toute une communauté chrétienne qui doit se mettre en route. C’est une chance pour elle, car l’Esprit Saint, qui travaille le cœur des catéchumènes, produit aussi des fruits en son sein.

Bruno Portier

Vicaire épiscopal pour le Pays Dacquois. Délégué épiscopal à la formation

 

 « Comme la vie publique du Fils de Dieu était destinée à détruire le pouvoir du diable et le règne du péché, il lui a plu de la commencer par l’humiliation du péché, au baptême, puis au désert ».  Pierre de Bérulle, Les mystères de la vie du Christ, Cerf 1988, p.79

LE BAPTEME selon les FONDATEURS

S’il est un lieu qui touche le cœur de tout vincentien, malgré les vicissitudes du temps, c’est le baptistère de l’église du village du Pouy, aujourd’hui saint Vincent de Paul (Landes). Avec la terre et les poutres de Ranquines, ces éléments issus de la nature nous parlent avec éloquence, du double principe humain et divin, qui fonde la sainteté de notre pâtre landais. Comment ne pas remarquer que la pierre qui enchâsse la cuve baptismale est comme de roc. N’est-ce pas la parabole la plus éloquente qui manifeste le don reçu de Dieu, la foi ? Vincent est devenu là le meilleur de lui-même. Et bien plus tard, en 1612, curé de Clichy, plus heureux que le pape, il rend la pareille aux enfants de la paroisse, baptisant sur une même cuve de pierre, encore visible de nos jours et renvoyant à ces fondamentaux : « La foi, si vous en aviez gros comme un grain de sénevé … » (Lc 17, 6). Vincent a répondu oui par son parrain et sa marraine interposés, et toute sa vie, au fil des ans, il a pris son baptême au sérieux. Ce fut le roc de son existence.

Devenu prêtre, il sait rendre compte de ce que le baptême signifie et produit chez le chrétien bien préparé ; tout comme ste Louise de Marillac, il parle en théologien averti (I). Devenu fondateur, il est capable de nous expliquer, avec elle, comment la vocation de « consacré, de donné », produit un engagement qui a valeur d’éternité (II). Et quand il veut élargir l’horizon de ses fondations, il sera heureux d’envoyer à Madagascar, les plus valeureux et les plus précieux de ses missionnaires qui écrivent une magistrale épopée missionnaire (III).

  1. Théologie du baptême chez les fondateurs

La pensée exprimée de st Vincent ne connaît pas de longs développements sur le baptême. Il connaît ses classiques et pour lui, c’est la base solide qui nous fait adhérer à Jésus-Christ :  « Par le baptême nous nous revêtons ainsi de Jésus-Christ »

« Saint Paul dit que par le baptême nous nous revêtons ainsi de Jésus-Christ : ʺVous qui êtes baptisés en Jésus-Christ, vous êtes revêtus de Jésus-Christʺ ;  ʺvous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christʺ (Gal 3, 27). Que faisons-nous quand nous établissons en nous la mortification, la patience, l’humilité, etc. ? Nous y établissons Jésus-Christ ; et ceux qui travaillent à toutes les vertus chrétiennes peuvent dire, comme saint Paul : ʺCe n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moiʺ. » (Conférence du 2 mai 1659, De la mortification – XII,224-225)

Soucieux de donner une catéchèse appliquée aux Filles de la Charité dont la majorité ne possédait pas la lecture, il explique et décortique ce qu’il faut savoir et faire connaître aux plus incultes. Il ne manque pas d’entrer dans les détails : « Il faut tenir les promesses … faites »

« Vous êtes chrétiennes, mes soeurs, et par conséquent obligées à faire la guerre au monde par les promesses que vous avez faites à Dieu en votre baptême. Quand on vous a demandé : ʺRenoncez-vous au diable, au monde et à ses pompes ?ʺ vous avez dit : ʺJ’y renonce.ʺ Et quoique vous ne l’ayez pas dit vous-mêmes, mais par la bouche de vos parrains et marraines, vous devez garder cette fidélité à Dieu et satisfaire à la promesse qu’ils ont faite pour vous. Vous ne voudriez pas renoncer au sacré caractère que vous avez reçu en ce sacrement, ni à la grâce et à la foi qui vous y ont été conférées. Il faut donc tenir les promesses que vous y avez faites ; autrement vous seriez chrétiennes à la vérité, car le caractère ne se peut pas ôter ; mais, n’en faisant pas les œuvres, vous ne le seriez que de nom. Pensez un peu à cela, mes soeurs, je vous prie. ʺJe suis chrétienne par une grâce toute spéciale de Dieu. Tant d’autres seront damnés pour ne l’avoir pas été, qui auraient été meilleurs que moi si Dieu leur eût fait cette miséricorde. Voudrais-je renoncer à ce que j’ai promis à Dieu ? Quel crime serait-ce et de quelle peine ne mériterais-je point d’être châtiée !ʺ Sans doute que, si vous entrez fortement dans ces sentiments-là, vous conserverez l’esprit de Dieu et détruirez l’esprit du monde. » (Conférence du 28 juillet 1648, Sur l’esprit du monde –  IX, 433-434)

Les Dames de la Charité sont plus cultivées mais ne possèdent pas nécessairement toutes les finesses catéchétiques et st Vincent ne manque pas de les exhorter à la vigilance : « Faute d’être baptisés »

« Si l’on abandonne ce bon œuvre, Dieu ne sera point connu par ces pauvres gens auxquels vous le faites connaître ; ces âmes ne lui seront point réconciliées, comme elles le sont par le moyen d’une bonne confession générale ; ceux qui mourront et guériront dans l’Hôtel-Dieu ne ressentiront plus les effets de la bonté de Dieu par le ministère de votre Compagnie ; quantité d’enfants mourront dans le péché originel faute d’être baptisés, et seront venus au monde sans y sentir les effets de la bonté de Dieu ; et Dieu, qui, en ce temps, s’est voulu servir du ministère de votre sexe pour faire les biens incomparables qui se font en votre Compagnie, en sera frustré. Que si vous abandonnez cet œuvre, que diront les fidèles ? Certes, ils diront les paroles de l’Evangile au sujet de ceux qui commencent des bonnes œuvres et puis les quittent dans les difficultés : ʺVoici un homme qui a commencé à bâtir et n’a pu acheverʺ. Il y a plus ; il est à craindre qu’on ne tombât dans le malheur de ceux dont parle Notre-Seigneur : ʺCelui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas apte au Royaume de Dieuʺ, et à ce que saint Paul prononce contre ceux qui ont été illuminés de Dieu et ont goûté du bonheur d’être employés au service de Dieu, desquels il est dit qu’il est impossible qu’ils soient sauvés ». (Canevas d’entretien aux dames – 6 avril 1647, Sur la persévérance dans les bonnes œuvres– XIII,795-796).

 « Le comble de tous maux »

« Et enfin, qui était le comble de tous maux, c’est que plusieurs mouraient sans être baptisés. » (Canevas d’entretien aux dames – entre 1640 et 1650, Sur l’œuvre des enfants trouvés – XIII,798)

A ses missionnaires, il rappelle la réalité du mal originel, contre lequel il faut sans cesse lutter. Il donne une véritable exhortation de persévérance dans la foulée du baptême et de la vocation : « Nous donner à Dieu de la bonne manière »

« La seconde raison que nous avons de nous donner à Dieu, pour nous raidir et tenir ferme contre ces mauvaises maximes, c’est que le diable se sert de nous-mêmes et prend des armes chez nous pour nous faire embrasser ses maximes et nous faire quitter celles de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Vous savez que, depuis le péché originel, quoiqu’il s’efface par le baptême, il nous est demeuré ce fomes peccati (ce foyer de péché) ; nous avons en nous notre concupiscence qui excite l’amour et le désir d’avoir du bien, de nous satisfaire, de faire notre propre volonté ; cela est né avec nous et n’en sortira jamais, si ce n’est par les vertus qui composent l’esprit de la Mission. Puisque le diable est l’auteur de ces mauvaises maximes dont parle notre règle et qu’il trouve chez nous des armes pour nous perdre, il faut nous donner à Dieu de la bonne manière pour nous raidir et tenir ferme contre ces vices qui veulent détruire l’empire que Jésus-Christ a établi en nous. Voilà les maux. » (Conférence du 29 août 1659, Des maximes contraires aux maximes évangéliques – XII,313- 314)

« Considérer les grâces que vous avez reçues de Dieu »

« Mes filles, pour sujet de votre oraison, exercez-vous, toute cette semaine, à considérer les grâces que vous avez reçues de Dieu, même dès votre petite jeunesse, les dangers dont vous avez ouï dire à vos parents que vous avez été délivrées par la Providence de Dieu et pour cela partagez votre vie en plusieurs périodes, celle du baptême et des autres sacrements, et particulièrement celle de la vocation, et dites : ʺLorsque je n’y pensais pas, Dieu pensait à me conduire en une communauté qui me serait un moyen de salutʺ. Et tant de grâces qu’il vous veut faire dans l’exercice de votre charge ! Je sais une personne qui a été extrêmement touchée de l’amour de Dieu par la remarque d’une grâce qu’elle a reçue en sa naissance, sans laquelle peut-être elle n’eût jamais été baptisée. Vous ne sau­riez croire combien cela lui a servi ». (Conférence du 31 juillet 1634, Explication du règlement – IX, 12)

De son côté, ste Louise de Marillac, théologienne et mystique tout à la fois, nous donne un beau spécimen de pensées sur le baptême. Elle fait pénétrer dans les secrets de son cœur, et sa vive sensibilité éclaire la route de toutes et de tous :  « Une naissance spirituelle »

« Nous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, avons été baptisés en sa mort.

Le baptême étant une naissance spirituelle, il s’ensuit que celui en qui nous sommes baptisés soit notre Père, et ainsi que bons enfants nous devons avoir de la ressemblance, puisque baptisés en la mort de Jésus-Christ, toute notre vie doit être une mort continuelle. Partant, il serait très préjudiciable à l’âme de vivre en délices, vu aussi que cette mort en laquelle nous sommes baptisés, est causée par l’amour que Notre-Seigneur nous porte de toute éternité, lequel il ne nous eut su mieux exprimer que par une mort anticipée ; car si les créatures font tant état de cette vie, qu’elles la préfèrent à toutes choses, quelles raisons notre cher Maître avait-il d’estimer la sienne accompagnée de toute vertu et d’un corps tout plein de santé ! Donc comme bonne fille que je veux être, dans le désir aussi d’imiter ce très bon Père, et pour être fille vraiment de mort, je ne veux plus, moyennant sa sainte grâce, ne pas aimer la mort qui nous doit unir à Jésus-Christ pour l’Eternité n’étant pas raisonnable que les membres fuient tant qu’ils peuvent ce que leur Chef a tant avancé.

Vivons donc comme mortes en Jésus-Christ, et comme telles, plus de résistance à Jésus, plus d’actions que pour Jésus, plus de pensées qu’en Jésus, enfin plus de vie que pour Jésus et le prochain, afin que dans cet amour unissant, j’aime tout ce que Jésus aime, et que par cet amour dans son centre qui est cet amour éternel d’un Dieu vers ses créatures, j’obtienne de sa bonté, les grâces que sa miséricorde me veut faire ». (Pensées sur le Baptême – A. 23 – Ecrits 778)

  1. Le Baptême et l’engagement

De la vocation chrétienne à la vocation consacrée, st Vincent et ste Louise sautent le pas aisément. Pour eux, qu’il s’agisse des vœux ou des ordres sacrés, il s’agit bien de s’engager dans la logique baptismale et de tenir ferme le cap. D’abord tous les chrétiens sont appelés à la perfection : « Chacun doit tendre à se conformer à Notre-Seigneur »

« Plaise à Dieu nous faire la grâce de conformer toujours nos conduites à ses conduites et nos sentiments aux siens, qu’il tienne nos lampes allumées en sa présence et nos coeurs toujours tendant à son amour et toujours appliqués à se revêtir davantage de Jésus-Christ en la manière que nous venons de montrer ! Tous les baptisés sont revêtus de son esprit, mais tous n’en font pas les œuvres. Chacun donc doit tendre à se conformer à Notre-Seigneur, à s’éloigner des maximes du monde, à se lier d’affection et de pratique aux exemples du Fils de Dieu, qui s’est fait homme comme nous, afin que nous soyons non seulement sauvés, mais sauveurs, comme lui ; cela s’entend, en coopérant avec lui au salut des âmes. » (Conférence du 13 décembre 1658, Des membres de la Congrégation de la Mission – XII,112-113)

Résolument attaché à la doctrine courante, st Vincent sait que nous sommes marqués par les suites du péché originel ; il veut que les siens soient des lutteurs. Et il fait entendre aussi la recommandation de Jésus, « Si tu veux être parfait … », et va dans le même sens quand il présente la vocation à la vie consacrée comme « un nouveau baptême » : « Ces vœux sont un nouveau baptême »

« Ces vœux sont un nouveau baptême ; ils opèrent en nous ce qu’y avait fait le baptême ; car, par le baptême, on est retiré de l’esclavage de Satan, on est fait enfant de Dieu, on a droit et part au paradis. C’est ce que font les vœux. Ainsi une personne qui veut être parfaite, ne se contente pas d’avoir été baptisée et d’avoir, en son baptême, renoncé au diable, à ses œuvres et à ses pompes ; mais, de plus, elle vend ses biens, elle renonce aux plaisirs et aux honneurs. Or, nous sommes en cet état, par la miséricorde de Dieu. Oh ! Quel sujet donc de l’en remercier ! « Mais cela ne suffit pas, dit un saint Père, d’être dans un état de perfection et de n’y pas tendre, de n’y pas travailler. » D’aucuns disent que avoir fait les vœux et les accomplir, c’est un continuel martyre. Saint Bernard dit que « cet état des vœux n’est pas si affreux que voir le pistolet prêt à être déchargé, l’épée nue prête à frapper, les feux allumés prêts à brûler, les bourreaux en rage et furie pour nous maltraiter. Ils sont de plus longue durée ; ils sont continuels. Les tourments des bourreaux durent peu de temps, en comparaison de toute la vie d’un homme qui a fait ces vœux, pour lesquels il se mortifie sans cesse et se contredit par la destruction de lui-même et de sa propre volonté. » (Conférence du 7 novembre 1659, Des vœux – XII,371)

Ste Louise de Marillac a cette belle page sur le baptême, synthèse quasi mystique selon sa manière habituelle car elle écrit pour elle-même : « La sacrée profession faite de ma part à mon Dieu, en mon baptême »

« Me confiant en l’infinie miséricorde de mon Dieu, je lui demande pardon de tout mon cœur, avec entière absolution, tant des péchés accusés que de ceux dont je ne me souviens pas ; et particulièrement de l’abus que j’ai fait des Saints Sacrements, qui n’a su être sans un grand mépris de sa bonté, dont je me repens derechef de tout mon cœur, m’assurant sur le mérite de la mort du Sauveur de mon âme, comme sur l’unique fondement de mon espérance, en vertu de laquelle j’avoue et renouvelle la sacrée profession faite de ma part à mon Dieu, en mon baptême, et me résous irrévocablement de le servir et aimer avec plus de fidélité, me donnant toute à lui ; et pour ce sujet je renouvelle aussi le vœu que j’ai fait de viduité et les résolutions de pratiquer les très saintes vertus d’humilité, obéissance, pauvreté, souffrance et charité, pour honorer ces mêmes vertus en Jésus-Christ, lesquelles si souvent, il m’a inspirées par son amour ». (Acte de Protestation – A. 31 – Ecrits 692)

Voilà pourquoi, il est important de renouveler ces vœux chaque année. L’histoire nous enseigne les usages qui s’imposeront, par exemple chez les Filles de la Charité : la « rénovation » chaque 25 mars et la consécration des conférenciers des mardis, chaque Jeudi-Saint : « Selon les promesses que j’ai faites au saint baptême »

« Et afin de se lier davantage à Dieu, à Monseigneur notre prélat et au corps de la Compagnie, chacun fera une oblation, en manière de bon propos, tous les ans, le jour du jeudi saint par laquelle on renouvellera les promesses qu’on a faites à Dieu au saint baptême, celle d’obéissance qu’on a faite à son prélat en prenant les saints ordres, et le bon propos qu’on a fait de mourir en la Compagnie et d’en observer les règlements. Voici à peu près comme on peut faire cette oblation :

Vive Jésus, vive Marie ! Sauveur du monde, Jésus-Christ, je … vous choisis aujourd’hui pour l’unique exemplaire de ma vie et vous offre le bon et irrévocable propos de vivre selon les promesses que j’ai faites au saint baptême et prenant les saints ordres, et me propose d’observer les règlements de la Compagnie des ecclésiastiques et de vivre et mourir en icelle, moyennant votre sainte grâce, que je vous demande par l’intercession de votre sainte Mère et de saint Pierre ». (Règlement des ecclésiastiques membres de la conférence des Mardis – XIII,129)

Et reste le couronnement de notre baptême, sa réactivation par la réconciliation pénitentielle et  la vie avec Dieu pour toujours : « Ce sacrement est comme un second baptême »

 « Mes chères sœurs, le sujet de cette conférence est de la confession. Il se divise en trois points. Le premier est des raisons qui obligent les Filles de la Charité à savoir bien se confesser ; le second, des fautes qu’elles peuvent faire en leurs confessions ; le troisième, des moyens de faire de bonnes confessions. C’est un grand sujet, mes sœurs, bien important… Ma sœur, dites-nous, s’il vous plaît, vos pensées.

– Monsieur, sur le premier point, j’ai pensé qu’une des raisons qui nous obligent à nous savoir bien confesser, c’est que nous ne pouvons pas bien enseigner les malades à se bien confesser si premièrement nous ne le savons faire.

Une autre raison est que ce sacrement est comme un second baptême, en tant qu’il nous remet en grâce ; c’est ce qui nous oblige à nous en approcher avec grande préparation ». (Conférence du 5 mars 1641, Sur la confession – IX,543-544)

« Ceux qui mourront  baptisés iront glorifier Dieu pendant toute l’éternité»

« Un autre moyen, mes chères filles, c’est de vous représenter souvent la grâce que Dieu vous a faite en vous appelant à lui rendre service en la personne de ces petits enfants. Depuis que vous les assistez, leur nombre a été de plus de douze cents ou environ ; ils ont tous eu le saint baptême, et peut-être, si vous n’en aviez pris le soin, seraient-ils tous morts sans baptême, et partant privés de la vue de Dieu pour une éternité, qui est la plus grande peine des damnés. O mes filles, quel bonheur pour vous de pouvoir contribuer à un si grand bien, et comme vous vous devez tenir honorées d’avoir eu cette grâce, et cette autre encore que, par votre soin, nombre de ces petits enfants vivent ! Si cela continue, avant dix ans il y en aura bien au moins sept ou huit cents ; et ceux qui mourront baptisés iront glorifier Dieu pendant toute l’éternité. O mes filles, quel bonheur ! Vous avez part aux louanges qu’ils donnent à Dieu ; ils représentent à Dieu la charité que vous avez eue pour eux et toutes les peines qu’ils vous ont données. Ce vous est un aide bien grand pour faire votre salut, que la charité exercée à l’endroit de ces pauvres petites créatures, auxquelles vous donnez la vie, ou plutôt conservez celle que Dieu leur a donnée, par le soin que vous en avez. O mes filles, quel bonheur ! » (Conférence du 7 décembre 1643, Sur l’œuvre des enfants trouvés – IX,138-139)

Quelle épopée ! Dans la logique de l’époque, l’envoi par la Propagande de missionnaires à Madagascar est le sommet de l’histoire de la Congrégation de la Mission. Elle manifeste le zèle de ses membres. L’histoire de la Mission est sans égale et les noms des confrères décédés fleurissent comme un martyrologe. Citons parmi tous : Nicolas Gondrée, Mathurin de Belleville, Claude Dufour, Nicolas Prévost. En 1657 st Vincent exhorte ceux de Saint-Lazare : « Quelqu’un de cette Compagnie dira peut-être qu’il faut abandonner Madagascar ; la chair et le sang tiendront ce langage, qu’il ne faut plus y envoyer ; mais je m’assure que l’esprit dit autrement » (XI,420-422). En puisant dans le volume de la correspondance et les notices[2] des premiers envoyés, nous voyons que quelques-uns se situent, comme de véritables indicateurs d’une pastorale baptismale missionnaire.

« Nous venons de commencer l’œuvre de Notre-Seigneur »

« Ayant achevé, j’allai célébrer la sainte messe, à la fin de laquelle je reçus au baptême une fille adulte pour être donnée en mariage à un nègre[3], baptisé à Nantes, et le compagnon de celui qui fut baptisé à Paris. Celui-ci s’est aussi marié, peu après, à une négresse que j’ai encore baptisée. De retour de l’église, n’ayant rien pour consoler mon pauvre confrère, languissant, qui touchait presque à la mort, je lui dis ce que je venais de faire à l’église. « Eh bien ! Mon cher ami, voilà que nous venons de commencer l’œuvre de Notre-Seigneur, en baptisant une adulte, et nous en recevrons bientôt une autre, quand j’aurai achevé de l’instruire ; n’en êtes-vous pas bien aise ? » ». (Notices III, p.50-51)

« Le premier Pierre »

« Les fêtes de Noël se passèrent en gagnant notre jubilé, administrant aussi les sacrements et prêchant aux Français, comme nous en avons la coutume. Le jour des Rois étant arrivé, pour correspondre au mystère de la vocation des gentils, nous commençâmes à baptiser les enfants non adultes. M. de Flacourt nomma le premier Pierre, et voilà la première pierre de notre Église spirituelle (…)

 J’allai pendant le mois d’août aux montagnes les plus proches de nous. J’instruisais le jour ceux qui étaient aux villages, et le soir, au clair de la lune, les autres qui revenaient du travail. Je fus extrêmement consolé de ce qu’ils croyaient de tout leur cœur, et je disais, les larmes aux yeux : ʺQu’est-ce qui empêche de les baptiser ?ʺ Mais craignant qu’ils n’abusassent du baptême, et faute de prêtre pour les entretenir dans la piété chrétienne, je remis le tout à l’adorable providence de Dieu. J’aurais baptisé les enfants, mais j’en fus détourné par la crainte qu’on ne pût les discerner des autres, vu principalement que les païens changent fréquemment de demeure.

Ceux que j’ai baptisés aux villages voisins de notre habitation se peuvent reconnaître, parce qu’on les appelle dans le pays par leur nom de baptême. Ce serait une chose trop longue et ennuyeuse, si je voulais énumérer les noms, les voyages, les villages et les gens auxquels j’annonçai Notre Seigneur Jésus-Christ, et les particularités qui s’y passèrent (…)

J’avais porté une grande image du jugement dernier, du paradis et de l’enfer. A chaque village je leur criais que j’étais venu afin que leurs yeux pussent voir et leurs oreilles entendre les choses de leur salut. Après leur avoir expliqué les vérités qu’il fallait croire et les commandements de Dieu qu’il faut pratiquer, je leur montrais les demeures de l’éternité et les priais de choisir le haut ou le bas, le paradis ou l’enfer. (…)

Je passai par Fanshère et je montrai mes images au roi, qui les connaissait déjà et qui les expliquait. Puis je le priai de me permettre de baptiser les enfants de son village. Il me dit qu’il ne l’empêcherait pas (…).

  Je vous dirai, Monsieur, que tous ces pauvres languissants n’attendent que l’« agitation de l’eau » : et la main de quelques bons ouvriers pour les jeter dans la piscine du baptême (Jn 5, 4). Combien de fois, évangélisant à la campagne, ai-je entendu, non sans verser des larmes, ces pauvres gens crier : « Où donc est cette eau qui lave les âmes et que tu nous as promise ? Fais-en venir et ajoute les prières ». Mais je diffère, craignant qu’ils ne la demandent encore matériellement, comme cette femme qui, pour être exempte de venir au puits, demandait à Notre Seigneur de l’eau qui ôte la soif, avant de connaître encore celle qui éteint le feu de la concupiscence et qui rejaillit jusqu’à la vie éternelle.

J’ai dit, au commencement, avoir trouvé cinq enfants baptisés. Il a plu à Notre-Seigneur d’en ajouter cinquante-cinq autres. Quoiqu’il y ait beaucoup d’adultes suffisamment disposés, je diffère jusqu’à ce qu’on puisse les marier aussitôt après le baptême, pour remédier au vice du pays, comme j’ai fait pour ceux qui ont été baptisés en France. J’aurai soin cependant qu’aucun de ceux qui sont disposés ne meure sans être régénéré. Je baptisais, il y a quelques temps, une pauvre vieille femme grièvement malade, dans laquelle Dieu fit voir les effets de la grâce par les grands sentiments que tout à coup il lui donna de sa bonté. Elle est allée, la première de ce pays, à l’éternité bienheureuse, et son corps a été le premier enterré au cimetière des Français. » (Notices III, p.102-105)

On avait été plusieurs fois sur le point de renvoyer BOURDAISE de la Compagnie, comme ayant trop peu de talent et de science, et c’est lui qui va devenir le véritable apôtre de Madagascar !

 « Dieu, je t’aime tout à fait »

« Un nègre encore tout jeune, étant tombé grièvement malade, m’envoya quérir pour le baptiser. J’y courus, je lui parlai de Dieu et du paradis, et il me dit que je le baptisasse au plus tôt, ce que je fis. Ensuite je lui donnai quelques médicaments, dont il se trouva un peu soulagé. Toutefois, nous ne pûmes le guérir. Il m’appelait sans cesse de jour et de nuit et me demandait de prier Dieu pour lui. Ce pauvre garçon, qui avait de grandes convulsions par tous les membres, me faisait pitié. Il mourut en prononçant cette parole, qu’il avait répétée bien souvent pendant sa maladie : « Dieu, je  t’aime tout à fait » » (…)

 Je leur[4] avais exposé des vérités de notre foi, particulièrement sur l’enfer et le paradis, les assurant que personne ne pouvait être heureux après la mort ni éviter les peines éternelles s’il n’était baptisé. Aussitôt ils me prièrent de les baptiser à l’heure même, et de les ensevelir dès qu’ils seraient morts (…) Je ne puis passer sous silence la joie et l’édification que me donnèrent les nègres lors de l’enterrement : car soudain ils accoururent en foule pour voir descendre en terre ceux qu’ils avaient autrefois tenus comme des dieux ». (Notices III, p.202-206)

… et aujourd’hui

TEMOIGNAGES

Issue de parents d’origines mixtes (chrétiennes et musulmanes), j’ai été baptisée à l’âge de 26 ans.

Le baptême adulte demande une préparation de 2 ans. J’ai eu le vertige à l’annonce du délai. 2 ans pensez donc ! Ce temps m’a permis de sentir dans tout mon être (corps et esprit), combien j’intégrais petit à petit une famille avec son histoire, ses codes, ses valeurs, son esprit ! Rejoindre le Christ et cette communauté devenait, chaque semaine, plus vital. J’ai expérimenté le manque de cette famille et le désir de la retrouver. Ce sens d’appartenance s’est enraciné progressivement en moi.

A l’appel du Seigneur, je suis entrée chez les Filles de la Charité. Comme au baptême, l’appartenance à la compagnie s’est faite progressivement. Elle a été soutenue par nos différentes étapes (postulat, séminaire, envoi en mission et émission des vœux). J’ai eu la grâce de pouvoir émettre mes vœux pour la première fois le 16 juillet 2017.

Le temps et les étapes m’ont permis de percevoir le lien très fort et la continuité entre mon baptême et les vœux. Je suis née à la vie le jour du baptême. Les vœux, eux, m’aident à vivre en plénitude cette vie semée en moi ce jour-là. De déployer pleinement mon être chrétien. Les vœux me permettent de grandir en sainteté tout simplement. J’ai revêtu le Christ le jour de mon baptême, les vœux m’aident à Le révéler dans ma vocation. La rénovation est l’occasion de Lui dire merci pour le chemin parcouru depuis ma naissance et Lui confier celui qui s’ouvre.

Sœur Elisabeth fdlc

Dire « OUI,  je te suis Seigneur », ce n’est pas facile. Le Seigneur a bien un dessein pour chacun de nous, le chemin n’est évidemment pas le même pour tout le monde. J’ai mis 40 ans avant de céder, j’ai eu une vie simple avec des valeurs, communes à celles des Chrétiens, puis j’ai rencontré une jeune femme, nous nous sommes posés la question du mariage à l’Eglise. Pour ma part n’étant pas baptisé, il fallait faire une promesse devant  DIEU et dans une église, ce n’est pas anodin de promettre quelque chose devant DIEU, même si on n’est pas Chrétien. Le baptême des enfants était aussi important, car n’étant toujours pas pratiquant (aller à la messe dominicale) nous avons promis d’éduquer nos enfants dans la foi Chrétienne, n’ayant pas fait de catéchisme … c’était compliqué. Mes enfants ont fait leur parcours de jeunes Chrétiens, la communion, profession de foi et la confirmation qui ne me parlaient pas, ne sachant pas ce que c’était. Mon épouse a fait sa confirmation en même temps que ma première fille, puis j’ai accompagné mon épouse de temps en temps à la messe. Le parcours ALPHA, les rencontres, un appel plus clair du Seigneur. J’ai regardé au ciel et je lui ai dit « OUI, je te suis, je te fais confiance, je m’en remets aux signes que tu m’as fait depuis si longtemps ». Avec l’accompagnement d’un prêtre puis de ma famille j’ai été baptisé, j’ai continué à partager ma foi, et préparer ma confirmation. Aujourd’hui, je connais le sens du parcours d’un Chrétien, de chaque sacrement et du sens de la communion chaque dimanche à la messe. Le sens de ma vie au quotidien, mes relations familiales et professionnelles, mon rôle de Témoin du Christ.

Franck

POUR PROLONGER, PERSONNELLEMENT ET EN EQUIPE …

Comment répondons-nous personnellement, communautairement, et en Eglise à cette question ?

Quels moyens concrets prenons-nous pour entretenir notre Baptême ? Dans quels lieux et avec qui ?

Comment garder vivante au quotidien cette plongée dans la mort et la vie du Christ ?

En catéchèse, dans les différents mouvements, en groupes de réflexion, en famille … que faisons-nous pour proposer un chemin, une mise en route vers le Baptême ? Partageons nos expériences à ce sujet.

Que proposez-vous à un jeune qui vous confie cela ?

Bibliographie

Bruno JACOBS, Le baptême des petits enfants dans une société déchristianisée : quelle approche pastorale pour notre époque ?, Parole et Silence, 13 juin 2019

Yves LABBE, « L’économie symbolique du baptême », in Nouvelle revue théologique 2005/2  (Tome 127), p. 200 à 225

Elmar MITTERSTIELER, Tous prêtres, prophètes et rois : vivre enfin l’égale dignité de tous les baptisés, Mediaspaul novembre 2018

Timothy RADCLIFFE, Faites le plongeon, Cerf 2012

Animation Vincentienne

© Congrégation de la Mission, 425 route du Berceau, 40990 SAINT VINCENT DE PAUL

Tous droits réservés

[1] Jean MORIN, « L’Evangélisation », in Carnets Vincentiens 1, p.57-65

[2] Notices sur les prêtres, clercs et frères défunts de la Congrégation de la Mission (Paris – Imprimerie de D. DUMOULIN et Cie 1898 – volume 3)

[3] Ce mot, du latin niger : noir, n’avait pas au 17e siècle le caractère péjoratif qu’il a aujourd’hui.

[4] [à trois Seigneurs locaux parmi les plus redoutés et presque à l’heure de leur mort]

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