Le voici donc le Fils de la promesse, comme le confirme la voix venue de la nuée : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ».

Transfiguration. Homélie (dimanche, 2ème Semaine de Carême – Année C) à la chapelle saint Vincent de Paul. Maison-Mère des Lazaristes. Paris

Voici que Dieu visite Abraham au cours d’une « vision », ce qui suppose que le patriarche était en prière. Vraisemblablement déversait-il devant le Seigneur son angoisse face à l’échec apparent de sa vie se terminant sans descendance. Dieu l’invite à lever les yeux : « Regarde le ciel et compte les étoiles ». La descendance sera glorieuse, mais il ne la verra pas de son vivant : elle lui est annoncée pour un lointain avenir. Dieu demande seulement à Abraham de persévérer dans une espérance confiante en dépit des épreuves. « Abraham eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu’il était juste. »

Les apôtres aussi sont préoccupés : les foules abandonnent le Maître, qui en plus vient de leur annoncer sa mort proche ainsi que leur participation à sa Passion. Pourtant, à l’inverse d’Abraham et de Jésus, ils ne prient pas sur la montagne où ils ont suivi leur Maître : « accablés de sommeil », ils se sont endormis. La suite du récit suggère que la transfiguration eut lieu pendant la nuit, ce qui rapproche encore le récit de celui d’Abraham. Mais ce qu’ils virent en se réveillant, ce n’est pas le scintillement d’une étoile lointaine, mais « la gloire de Jésus » tout proche.

Le voici donc le Fils de la promesse, comme le confirme la voix venue de la nuée : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ». La mise en parallèle des deux récits nous autorisait à penser que Dieu, sur le Thabor, aurait renouvelé l’Alliance scellée avec Abraham. Il s’apprête effectivement à le faire ; mais c’est sur une autre montagne, celle du Golgotha, que sera offert le véritable sacrifice et scellée l’Alliance nouvelle et éternelle.

Le dimanche de la Résurrection vient après celui de la Passion, comme le dimanche de la transfiguration fait suite à celui de la tentation. Jésus au désert a repoussé victorieusement la suggestion de l’Ennemi qui le poussait à se glorifier lui-même par des stratégies toutes humaines. La gloire véritable, celle qui est participation à la vie divine, ne peut qu’être reçue du Père dans un cœur filial, qui s’abandonne à son bon vouloir jusqu’au fond de l’épreuve, et même de la mort : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46).

Tel est le chemin du Maître, tel doit être aussi celui des disciples. Nous croyons certes que « nous sommes déjà citoyens des cieux » ; mais comme il est difficile de garder les yeux fixés vers le ciel, d’où viendra « notre Sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (2ème lecture) ! Instinctivement l’inertie de la chair nous fait « tendre vers les choses de la terre » et nous mettons notre « gloire dans ce qui fait » notre « honte ».

Que le Seigneur nous préserve de nous comporter en « ennemis de la Croix du Christ » par notre refus de le suivre sur le chemin du renoncement à la vaine gloire de ce monde. Puissions-nous n’aspirer à nulle autre gloire que celle que Dieu seul peut nous donner : la participation à sa propre vie.

« Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié I Réponds-moi ! C’est ta face Seigneur que je cherche : ne me cache pas ta face. » (Ps 26) Révèle-moi mes complicités cachées avec l’esprit de ce monde, et donne-moi de tenir le coup dans le beau combat de l’espérance

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