Homélie 4e Dimanche de Pâques.

Chapelle Saint Vincent de Paul – Paris

Chaque année, au 4e dimanche de Pâques, nous sommes invités à contempler le Christ Bon Pasteur, Bon Berger, Vrai Pasteur… une image très connue à l’époque de Jésus, qui désignait souvent celui qui dirige, celui qui est à la tête… Une très belle image, mais je vous rassure, elle ne fait pas de nous des moutons ! Elle veut nous redire la proximité avec laquelle Jésus aime ceux qu’il appelle ses brebis.

En ce dimanche nous célébrons la journée mondiale de prière pour les vocations, lesquelles sont multiples et diverses dans l’Église, et elles s’inspirent toutes du Christ serviteur. Nous sommes toutes et tous appelé(e)s à servir et à devenir beau berger, vrai pasteur pour les autres.

Les évangiles, durant ce temps pascal nous parlent de la manière comme Dieu s’inquiète et préoccupe de son peuple. Les textes de la Parole de Dieu, nous dissent que Dieu n’a jamais abandonné son peuple, que Dieu est toujours présent. La Parole que nous proclamons es traversé exprime les images par lesquelles Dieu se donne à connaître à peuple. Si nous méditons sur ces images c’est pour que nous devenions à notre tour des « signes » de Sa présence au milieu de notre monde. Le pasteur, le berger c’est justement l’une de ses images…

Nous avons pris trop l’habitude de parler d’un manque de pasteurs dans notre Église et nous nous plaignons sans cesse, mais si nous regardons bien…, il y a partout des hommes et des femmes qui ont à cœur la foi chrétienne et qui s’engagent pour témoigner de leur foi et de leur appartenance au Christ de Pâques.

L’image que le Seigneur assume n’est pas pour nous dire un « ministère ordonné », mais pour nous inviter à assumer avec responsabilité notre mission de baptisés.

Jésus se présente à nous comme le Bon Pasteur qui donne sa vie pour l’unité et la communion, qui connaît bien ses brebis, qui les enseigne, qui les conduit à la vie en abondance! Le Seigneur nous offre un chemin qui s’incarne dans notre histoire et nous invite à assumer notre vocation de baptisés.

Le propre du pasteur est le dialogue établi avec « ses » brebis, pour cela on ne peut pas s’improviser pasteur ; il faut être reconnu par les brebis, et c’est dans la relation avec elles, qu’on devient pasteur et qu’on peut remplir la mission du Christ, vrai berger, où s’exprime la relation entre les croyants et Dieu lui-même.

Quand on entend cela, Jésus nous met en garde : Lorsqu’on se prend pour les propriétaires de la bergerie, il est fort possible qu’on empêche le Christ, beau berger, vrai pasteur, d’agir dans notre Église. Être pasteur est une véritable vocation, un appel, une mission donnée par le Christ ! Il faut avoir clairement cette réalité. Prendre conscience de celle-là, nous empêchera de tomber sur la manipulation, ou la domination, ou la perversion…

Plus que jamais, en ce dimanche de prière pour les vocations, nous sommes invités à répondre à l’invitation de Jésus à devenir de bons pasteurs auprès de tous ceux et celles qui veulent écouter la Parole de Dieu et connaître la véritable identité de Jésus ainsi que faire de efforts et se donner les moyens pour que ceux qui sont loin ou n’ont jamais écoute ce message ; entrent en relation avec le Christ, le Messie venu pour offrir à tous le salut et la vie éternelle.

À l’exemple de Paul et Barnabé, n’ayons pas peur d’annoncer l’Évangile ! Face à ces pasteurs et gourous qui sèment la confusion, la violence, qui enlèvent la liberté intérieure des personnes en abusant de leur pouvoir, en suscitant violence, rejet, condamnation et discrimination sur leur passage, l’Église et le monde ont besoin de vrais pasteurs.

L’Évangile de Jean interpelle les hommes et les femmes, dans le respect de la liberté humaine, à emprunter le chemin du bonheur et de la vie en abondance, à la suite de Jésus. À l’exemple de Jésus, sachons donner notre amour et notre vie, soyons des artisans de paix, d’unité, de pardon et de miséricorde auprès des migrants, des itinérants, des pauvres, des malades et des exclus de notre société. Il n’y aura pas de témoignage de cet amour-communion entre Dieu et Jésus, si nous n’aimons pas comme Jésus et si nous ne sommes pas porteurs de la même vie en abondance.

Soyons des parents qui agissent en guides et éducateurs, soyons des accompagnateurs spirituels qui veulent la liberté évangélique, soyons des travailleurs de rue, des pasteurs, des religieux, des religieuses et les laïcs engagés, qui écoutent, accueillent, réconfortent et permettent aux gens de s’approcher un peu plus du visage d’amour et de miséricorde de Dieu.

Dans le contexte actuel nos communautés souhaitent la venue de bons pasteurs, vrais leaders capables de montrer le chemin à suivre, pour pouvoir se nourrir de la Parole de vie et d’expérimenter cette intime communion du Père avec le Fils.

Le bon pasteur doit aider la communauté chrétienne à ne pas se fermer sur elle-même, mais à s’ouvrir sur toutes personnes, à rassembler celles-ci autour de l’Unique Pasteur, source de vie et racine du véritable bonheur. Jésus est l’unique chemin qui mène au Père et qui peut effacer toutes larmes de nos yeux.

Si Christ est vivant aujourd’hui, et nous les croyons, il est impossible qu’il nous manque de pasteurs dans notre Église

C’est pourquoi, en ce dimanche des vocations, il nous faut élargir notre prière, pour que celle-ci puisse refléter les réalités nouvelles qui sont les nôtres, afin que Dieu puisse donner à l’Église les pasteurs dont elle a besoin.

Alexis CERQUERA TRUJILLO, CM 🔸

Alexis CERQUERA

Alexis CERQUERA

Colombien. Né le 13 avril 1969. Ordonné prêtre le 21 mai 2009.
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Dans le contexte actuel nos communautés souhaitent la venue de bons pasteurs, vrais leaders capables de montrer le chemin à suivre, pour pouvoir se nourrir de la Parole de vie et d’expérimenter cette intime communion du Père avec le Fils.