Homélie du Vendredi Saint en la chapelle saint Vincent de Paul à Paris

Aussi facilement que l’on peut souffler la flamme d’une bougie, l’espérance vient de s’éteindre. Une voix, celle de l’Amour, vient de s’éteindre.

Au pied de la croix, tout semble soudain s’arrêter.

La paix, l’amour sont bafoués, flagellés.

L’avenir semble fermé, l’horizon bouché. La pierre est roulée et c’est toute l’histoire de Jésus qu’elle entraîne ; le livre se referme.

C’est le temps du grand silence.

Les ténèbres recouvrent la terre, elles plongent dans l’abîme de la nuit le trop peu qui restait de rêve et d’espérance. Jour de la contemplation, de l’adoration, du silence.

Un Silence en communion avec tous ceux qui sont crucifiés par la maladie, la trahison, les conflits, l’abandon. Dans ce silence, c’est vers le Seigneur que nous sommes tournés, le rejoignant dans cette communion avec tous ceux qui n’en peuvent plus, qui se sentent abandonnés de Dieu.

Jésus entre dans le silence.

Après avoir proclamé la Bonne Nouvelle par toute la Galilée, après avoir guéri les malades et relevé les boiteux, après avoir ouvert les yeux des aveugles et changé le cœur des riches, Jésus va jusqu’au bout de sa passion pour les hommes. Il va jusqu’au bout de son amour pour ceux que son Père lui a donnés.

Il entre dans le silence de la mort. Tout est accompli.

Signature de toute une vie donnée, sa mort sur la croix dit le don qu’il fait de sa vie pour sauver chacun de ces petits que nous sommes.

Elle donne encore plus de force et de sens à ses gestes et à ses paroles. Elle nous invite encore davantage à nous mettre à l’écoute de sa parole et de toute sa vie.

C’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit.

Jésus entre dans le silence.

Celui de la semence jetée en la terre… silence profond où la semence germe dans la nuit de la terre pour donner tout le fruit qu’elle porte en elle !

Silence où la Parole travaille dans notre intérieur pour faire de nous des vivants, non des complices du mal !

Au pied de la croix, Dieu parle encore plus fort. Son visage de Père aimant est donné à voir, il est à accueillir. La Croix, qui nous laisse tous un peu analphabètes devant le Mystère de la souffrance et de la mort, est un signe d’humilité qui signifie que nous avons toujours à apprendre du Seigneur, de sa Parole.

Entrons dans l’espérance ! rendons-y présents tous nos défunts, revisitons chacun de nos deuils qui nous ont frappés, touchés.

Aujourd’hui, Jésus nous convie à sa suite, à faire de notre vie une offrande, par amour de Dieu et de nos frères et sœurs.

Il nous apprend aussi la confiance totale, l’abandon entre les mains du Père qui seul nous relèvera de la mort. Il nous invite à la confiance en ce Père qu’il est venu nous révéler.

Christian MAUVAIS, CM 🔸

P. Christian Mauvais, cm

P. Christian Mauvais, cm

Visiteur Province de France.
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Au pied de la croix, Dieu parle encore plus fort. Son visage de Père aimant est donné à voir, il est à accueillir. La Croix, qui nous laisse tous un peu analphabètes devant le Mystère de la souffrance et de la mort, est un signe d’humilité qui signifie que nous avons toujours à apprendre du Seigneur, de sa Parole.