Présentation de Jésus au temple. Réflexion

Après quarante jours, les parents de Jésus l’amènent au Temple pour le présenter au Seigneur, parce qu’ils sont de vrais observateurs de la Loi.

La première chose qui m’étonne ce matin c’est le peu d’écho que cette fête conserve dans notre monde d’aujourd’hui, au-delà des crêpes d’usage et de bon goût. Pourquoi cette fête peut-elle encore nous parler ? Ce n’est pas parce qu’elle a un parfum d’Ancien Testament mais parce qu’elle clôt le cycle de Noël et découvre au peuple de baptisés que nous sommes, que Jésus-Christ est Lumière, splendeur du Père et point de ralliement pour tous les hommes de bonne volonté. Au nom de tous, nous sommes des processionnaires de la lumière du Christ. Nous avons réfléchit aux diverses manifestations de Celui qui se fait homme pour nous, manifesté aux bergers en signe d’ouverture aux petits et aux humbles ; manifesté aux mages en signe d’ouverture aux païens ; et manifesté aux amis et aux mariés de Cana en signe d’ouverture à notre humanité… Aujourd’hui, Jésus est le bien universel qui vient de Dieu et n’existe que pour Lui ; il est offert au Seigneur et, par lui, c’est tous les vivants qui sont offerts parce que notre humanité unie à sa divinité nous divinise. L’offrande appelle la glorification. Réjouissons-nous car elle vient « pour la multitude » !

La deuxième chose qui m’étonne ce matin et que je vous partage volontiers, c’est la présence de Syméon, le juste religieux qui attend. Il fait partie du « petit reste », de ces gens de peu comme on pourrait dire, qui étaient persuadés en Israël que le Messie n’allait pas tarder à venir, pétris qu’il était de l’Ecriture. Syméon est aux aguets prêt à saisir l’Envoyé de Dieu et de fait, il le reconnaît dans ses bras, c’est-à-dire contre son cœur. «On ne voit bien qu’avec le cœur». Et le cœur est capable de chanter la présence de Dieu dans nos vies : ‘J’ai vu, je peux partir, le salut est là à portée de main et il est universel. D’Israël, il touche toutes les nations. Je chante l’action de grâces au nom de tous’. Ce matin je prends le relais de Syméon pour dire merci pour ceux qui oublient de le dire.  Nous sommes des serviteurs-relais de la louange et de la reconnaissance.

La troisième chose qui m’étonne c’est ce qui arrive aux parents de Jésus. A Marie est dévoilé un avenir de souffrances. Elle sera associée au sacrifice de son fils. Elle aura l’âme traversée d’un glaive. Sans doute avait-elle besoin d’être prévenue de qui l’attendait. On accueille mieux l’épreuve quand on la sait inévitable. Nous savons bien que la suite de Jésus ne nous promet pas un chemin de roses mais que celles-ci se cueillent toujours au risque des épines. Jérusalem, la ville chère à st Luc, est au bout d’une route rude et semées de souffrances. Il n’y a pas de résurrection sans chemin de passion. A Joseph reste l’étonnement, l’homme du silence, qui nous convie à l’intériorité. Toutes nos relations vraies avec Dieu sont cachées et elles racontent notre véritable histoire sainte. Laissons l’Esprit nous mettre en lien avec le Père. Et prions aujourd’hui pour ceux qui cherchent sens à leur vie.

Et je m’étonne enfin avec Anne la prophétesse. Elle est la sainte du grand âge. Elle rejoint nombre d’entre nous aujourd’hui. Vieillir, c’est voir son physique s’altérer mais c’est croire en même temps, en la jeunesse de la foi. Anne aussi est toute glorification. Au lieu de nous lamenter sur le poids du passé et du péché, allons de l’avant et témoignons de notre fidélité. Parlons de Jésus. Comme il a su grandir et se fortifier pour devenir le Sauveur de ses frères, ne doutons pas qu’au creux des ans et des peines associées, il nous nous fait grandir et nous fortifie en nous communiquant sa Sagesse. Restons fidèlement au Nazareth où Dieu nous a fixés et attendons son Retour. C’est toujours le temps de la Rencontre. Amen.

Jean-Pierre RENOUARD, CM 🔸

Jean-Pierre Renouard

Jean-Pierre Renouard

26 novembre 1934. Ecole publique de Ribaute (Gard), Prime-Combe, Lycée d’Alès (Gard). Séminaire interne Dax- Etudes à Paris et à Rome. Vocation 21 octobre 1955. Vœux 14 avril 1963 et Ordination sacerdotale le 5 avril 1964. Habite au Berceau pour la quatrième fois (Marseille, CIF, Catus, Limoges)
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La première chose qui m’étonne ce matin c’est le peu d’écho que cette fête conserve dans notre monde d’aujourd’hui, au-delà des crêpes d’usage et de bon goût. Pourquoi cette fête peut-elle encore nous parler ?

Jean-Pierre Renouard CM
Explications :
  • Titre: Presentation of Jesus at the Temple (détail)
  • Créateur: Master of the Cini Madonna
  • Date de création: Around 1330
  • Dimensions physiques: w407 x h505 x d40 cm
  • Type: Painting
  • Lien externe: Museu Nacional d’Art de Catalunya
  • Support: Tempera and gold leaf on wood