Armistice. 11 novembre 2018. Homélie – Chapelle Saint Vincent de Paul (Maison-Mère) – 32e dim. B

La 2e lecture tirée de l’épitre aux Hébreux, nous indique la supériorité du culte et du sanctuaire du Christ-Prêtre, indépendamment du péché, de la haine et des luttes entre les hommes qui s’appellent la guerre.

Son sacrifice, Jésus l’offre, non dans un sanctuaire humain ou sur un champ de bataille, mais dans le ciel où il se présente pour nous devant son Père (24 ; cf. 7,25)

C’est le Christ lui-même qui s’offre pour détruire le péché de la multitude (26-28).

Son sacrifice est unique, non réitérable, fait « une fois pour toutes» (25.26.28 ; cf. 7,27). Nous, nous avons refait la guerre.

Venu dans la chair, le Christ a pris sur lui le péché de la multitude pour le détruire, l’enlever (cf. Rm 8,3 ; 2 Co 5,21). Lorsqu’il se manifestera de nouveau, ce sera dans la gloire divine, « non plus à cause du péché et de la guerre », mais pour le salut de ceux qui l’attendent (28).

La guerre… – En ce triste dimanche de novembre nous commémorons et la victoire des alliés qui mit fin à la première guerre mondiale, dans le wagon de la forêt de Compiègne et le rappel des millions de morts de cette guerre ; il y a 100 ans… Les média nous en parlent abondamment. En France, presque toutes les familles conservent la mémoire de cette immense boucherie, ne serait-ce que par le souvenir d’un lointain parent tué au combat. Faisons de ce dimanche le dimanche de la paix.

On parle de plusieurs millions de morts de tous les camps et de tous les pays. En circulant en France il m’arrive de m’arrêter devant le monument aux morts d’une commune ou dans l’église devant la plaque où sont inscrits ceux du village qui sont tombés au combat. Liste épouvantable de longueur, même dans de tout petits villages.

En ce jour de victoire et de deuil, nous sommes invités à une double réflexion :

  1. Tout d’abord, la prière pour toutes les victimes des guerres, les deux guerres du XXe siècle, et la résolution de faire tout ce qui est en notre pouvoir en tant que citoyens pour que de pareilles catastrophes ne se reproduisent pas, car elles se sont reproduites, vingt ans après la première, ce fut la deuxième guerre mondiale, qui fut peut-être plus terribles encore.

Pour exprimer cela, souvenons-nous du cri du pape Paul VI à l’O.N.U. le 5 octobre 1965 :

«Et ici Notre Message atteint son sommet. Négativement d’abord : c’est la parole que vous attendez de Nous et que Nous ne pouvons prononcer sans être conscient de sa gravité et de sa solennité : jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais ! […] Il suffit de rappeler que le sang de millions d’hommes, que des souffrances inouïes et innombrables, que d’inutiles massacres et d’épouvantables ruines sanctionnent le pacte qui vous unit [l’ONU], en un serment qui doit changer l’histoire future du monde : jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C’est la paix, la paix, qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité !»

  1. Et voici la seconde réflexion. Loin de moi le désir de parler politique dans cette aula. Je veux parler de l’Europe. Le 11 novembre 1918, dans le wagon de la forêt de Compiègne, qui l’eut cru possible cette Europe ? Elle a bien du mal à se construire, on la quitte si elle n’apporte pas tous les avantages qu’on en attendait, on s’en désintéresse, on néglige les intuitions et les convictions qui habitaient ses fondateurs. Mais pouvons-nous espérer la paix, la vraie paix, sans le soutien de l’Europe ? Il est difficile de se faire une opinion ; car on entend tout et son contraire. Des dangers nous menassent, l’Europe nous aidera-t-elle à les éloigner ? Le Pape nous rappelle que nous devons avoir en tant que chrétiens une posture et une action citoyennes.

Pour terminer, je vous propose de prier pour la paix et pour l’Europe, avec cet hymne du Cardinal MARTINI, Archevêque de Milan, mort en 2012 ; il est du 26 mai 2005.

 

Prière pour l’Europe

 

Père de l’humanité,

Seigneur de l’histoire,

Regarde ce continent auquel tu as envoyé

des philosophes, des législateurs et des sages,

précurseurs de la foi en ton Fils mort et ressuscité.

 

Regarde ces peuples évangélisés

par Pierre et Paul,

par les prophètes, les moines et les saints.

Regarde ces régions baignées

par le sang des martyrs

et touchées par la voix des réformateurs.

 

Père de l’humanité,

Seigneur de l’histoire,

Regarde les peuples unis par de multiples liens

et divisés par la haine et la guerre.

 

Donne-nous de nous engager

pour une Europe de l’Esprit de Jésus,

fondée non seulement sur des accords économiques

mais aussi sur des valeurs humaines et éternelles :

une Europe capable de réconciliations

ethniques et œcuméniques,

prompte à accueillir le pauvre et l’étranger,

respectueuse de toute dignité de la naissance à la mort.

 

Père de l’humanité,

Seigneur de l’histoire,

Donne-nous de regarder avec confiance notre devoir

de susciter et promouvoir une entente entre les peuples

qui assure pour tous les continents

la justice et le pain,

la liberté et la paix.

 

Cardinal MARTINI (1927-2012), Archevêque de Milan – 26 mai 2005

Claude LAUTISSIER, CM 🔸

Claude Lautissier

Claude Lautissier

Responsable des Archives de la Congrégation de la Mission [lazariste] à la Maison-Mère de Paris
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En ce triste dimanche de novembre nous commémorons et la victoire des alliés qui mit fin à la première guerre mondiale, dans le wagon de la forêt de Compiègne et le rappel des millions de morts de cette guerre il y a 100 ans…

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