Vincent et les vocations de la Congrégation de la Mission

Tous les jours, après la prière pour les vocations, le fameux Expectation Israël, les lazaristes du monde entier invoquent st Joseph. Excellente tradition qui plonge ses racines dans l’expérience de st Vincent. En cette st Joseph 2018, nous vous communiquons des lettres de notre fondateur, significatives à cet égard :

 

 

A MONSIEUR DE SAINT MARTIN

Monsieur,

Je vous envoie, par l’occasion de Monsieur Touschard, qui se rend à Aqcs (Dax), le petit tableau que j’ai commandé à Monsieur Brentel faire à votre intention[1]. Le présent est de peu de conséquence ; mais j’ai espérance que vous le tiendrez de quelque prix, venant d’une personne qui est de si longtemps le tant obligé de votre maison. Le voyant devant vos yeux, n’oublierez en vos prières le plus humble de vos serviteurs.

VINCENT DEPAUL

De Paris, ce 16 août 1636.

Lettre 233. ­ Archives de la Mission, copie prise sur l’original, qui était en entier de la main du saint. –

 

 

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A Etienne Ozenne, supérieur à Varsovie

De Paris ce 20 è mars 1654

Grâces à Dieu, nous n’en avons point de mauvaises de deçà. Il est vrai qu’à Gênes toute la maison quasi a été incommodée, qui d’une sorte, qui d’une autre ; mais à présent tous se portent mieux, quoique quelques-uns ne soient pas tout à fait guéris. Ils vont recommencer un séminaire interne et continuer une dévotion qu’ils ont commencée, et nous avec eux, pour demander à Dieu, par les mérites et les prières de saint Joseph, dont nous célébrions hier la fête, qu’il envoie de bons ouvriers en la compagnie pour travailler à sa vigne. Jamais nous n’en avons connu le besoin au point que nous le ressentons à présent, à cause que plusieurs cardinaux et évêques d’Italie nous pressent pour leur donner des missionnaires. (V, 102)

 

 

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12 novembre 1655.

A CHARLES OZENNE, SUPÉRIEUR, A VARSOVIE

De Paris, ce 20e mars 1654.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je n’ai rien à vous dire de particulier, n’ayant encore reçu vos lettres, quoique l’on soit allé deux fois les demander chez Madame des Essarts, qui m’a mandé n’être pas encore arrivées. Dieu veuille qu’elles ne nous apportent que de bonnes nouvelles ! Je rends grâces à Dieu des dévotions extraordinaires que vous vous êtes proposé de faire pour demander à Dieu, par le bienheureux saint Joseph, la propagation de la compagnie. Je prie sa divine bonté qu’elle les ait agréables. J’ai été plus de vingt ans que je n’ai  osé demander cela à Dieu, estimant que, la congrégation été son ouvrage, il fallait laisser à sa providence seule le soin de sa conservation et de son accroissement; mais à force de penser à la recommandation qui nous est faite sans l’Evangile, de lui demander qu’il envoie des ouvriers à sa moisson, je suis demeuré convaincu de l’importance te de l’utilité de cette dévotion (V, 462-463)

 

 

***

­ A JACQUES PESNELLE

De Paris, ce 23 mai 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

…/…

Je suis consolé de la dévotion que vous faites à l’honneur de saint Joseph pour obtenir de Dieu de bons missionnaires. Si le prêtre de Chiavari ne s’accommode pas aux exercices de votre séminaire, après quelque temps de patience et de semonces, vous pourrez le prier de faire place à un autre. ..

 

 

Conclusion : redoublons de constance et de piété pour prier st Joseph pour les vocations.

Jean-Pierre RENOUARD, CM 🔸

Jean-Pierre Renouard

Jean-Pierre Renouard

26 novembre 1934. Ecole publique de Ribaute (Gard), Prime-Combe, Lycée d’Alès (Gard). Séminaire interne Dax- Etudes à Paris et à Rome. Vocation 21 octobre 1955. Vœux 14 avril 1963 et Ordination sacerdotale le 5 avril 1964. Habite au Berceau pour la quatrième fois (Marseille, CIF, Catus, Limoges)
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Tous les jours, après la prière pour les vocations, le fameux Expectation Israël, les lazaristes du monde entier invoquent st Joseph. Excellente  tradition qui plonge ses racines dans l’expérience de st Vincent.

NOTE :

[1] Voici la description que nous en fait Firmin-Joussemet, qui l’a eu sous les yeux (Lettre de saint Vincent de Paul sur sa captivité à Tunis dans la Revue des provinces de l’Ouest, septembre 1856, p. 230 et suiv.) : «Cette peinture très finement touchée a été exécutée sur parchemin par un artiste nommé François Brentel. Elle représente la fuite en Égypte. La Vierge, assise à l’ombre de grands arbres, allaite l’enfant Jésus, tandis que saint Joseph les contemple. Plus loin l’âne cherche sa nourriture. Dans le fond du paysage est une ville décorée de beaux édifices et bâtie au milieu d’un site sévère. Deux anges en prière, portés sur des nuages, occupent le haut de la composition. Autour règne une bordure noire et or, et au bas se trouve une bande pourpre, sur laquelle on lit en caractères romains : Aimez Dieu et votre prochain, légende qui résume la doctrine du donateur. Au-dessous est la signature de l’artiste et la date 1636. L’ensemble a 0 m. 14 de haut sur 0 m. 10 de large. Ce petit tableau, d’une conservation parfaite, se recommande surtout par l’extrême finesse de la touche. Il semble être la copie d’une oeuvre d’un artiste de l’école des Carrache.» Arthur Loth l’a reproduit   dans son bel ouvrage Saint Vincent de Paul et sa mission sociale, Paris, 1880, in-8, p. 74. Celui que Firmin-Joussemet appelle François Brentel n’est autre vraisemblablement que le Strasbourgeois Frédéric Brentel, mort à Augsbourg en 1651, artiste de grand talent, au dessin correct, au coloris brillant et agréable, auteur de divers tableaux d’histoire, de portraits, de plusieurs gravures et des miniatures d’un manuscrit intitulé : Officium B. Mariae Virginis, in-8, 1647. (Bibl. Nat. f. l. 10.567-10.568.) (Cf. Schreiber, Das Mûnster zu Strassburg, Carlsruhe, 1828.