Mission et Charité en situation de désert et de défi pour la Congrégation de la Mission

Au numéro 14 de l’EVANGELII GAUDIUM, le Pape François nous rappelle que l’Évangile appartient sans exception à tous et qu’il doit être proposé comme le partage d’une joie, la présentation d’un magnifique horizon ou d’un festin appétissant. En évoquant son prédécesseur, le Pape Benoît XVI, François souligne que l’Église ne se développe pas par le prosélytisme mais par l’attraction. Sur   la base des données statistiques du monde occidental en particulier, nous constatons que la force d’attraction de l’Évangile semble avoir perdu sa force. La réalité des chiffres témoigne d’une baisse brutale du nombre de pratiquants dans les pays catholiques. Plusieurs auteurs de la pensée laïque soulignent que l’Église est devenue l’une des nombreuses institutions en concurrence pour faire entendre sa voix dans l’espace public. Cependant, ce phénomène peut-il justifier le manque d’attraction et, par conséquent, la désertification de l’espace sacré ?

Dans cet article, je propose une réflexion sur la possibilité d’évangéliser dans les circonstances concrètes que nous appelons métaphoriquement « le temps du désert ». On comprend généralement par le mot désert, le temps et le lieu de l’absence de conditions favorables à la naissance et au développement équilibré d’un mode de vie, comme par exemple le religieux, qui nous est offert à partir de la Parole et de l’Eucharistie. Laissons les questions qui nous déstabilisent, pour chercher à tout prix les bonnes réponses et les stratégies qui nous permettent de vivre dans l’illusion de vouloir trouver une solution aux problèmes d’aujourd’hui, qui est un temps que nous pouvons définir, à partir d’un autre point de vue, comme « le temps favorable !  ».

1.        Temps de désert : Quel diagnostic ?

Comment définir ce temps-ci ? Est-il possible de définir un temps où tout se passe si vite ? Est-ce que les signes que nous associons au présent historique révèlent quelque chose au sujet d’un temps plein de douleur ? Dans l’introduction du livre La Civilisation du Spectacle, Vargas Llosa dit avec sagacité : « Il est probable que dans l’histoire on n’ait jamais écrit tant de traités, d’essais, de théories et d’analyses sur la culture comme on le fait de notre temps. » (1) Ainsi que les douleurs corporelles, une fois correctement identifié le langage pour le diagnostic ; les douleurs de notre temps, une fois identifiées, peuvent aider à comprendre la pathologie dominante, ou plutôt les traits propres à la personnalité collective. Quelles sont les plaintes les plus importantes des hommes de notre temps ? Quelles sont leurs douleurs ? Quels sont les symptômes de cette société, technologiquement avancée où les niveaux de bien-être n’ont jamais été atteints auparavant ? On parle des douleurs de l’âme : l’indifférence, du manque d’intérêt pour la cause du « bien commun », de l’ennui et du vide, qui sont les symptômes d’une société qui multiplie les « non-lieux » (M. Augé), qui ne peut pas bien coexister avec l’autorité et qui est, par conséquent, profondément immergé dans un environnement culturel fluide et fragmenté (Z. Bauman). Ceci est le temps des « sans temps » pour tolérer le fait de mûrir dans l’acquisition du plaisir, dans la recherche de récompense, dans la quête effrénée et de la satisfaction à tout prix qui, rapidement devient fastidieuse. C’est le temps de la dictature du narcissisme, l’empire de l’éphémère (G. Lipovetsky), qui, dans l’actuel système économique néolibéral, impose des conditions de travail qui, dans des endroits déterminés ressemblent à l’esclavage. C’est une culture qui favorise la « corrosion du caractère » (R. Sennett). Cependant, c’est dans ce moment que nous sommes appelés à porter l’Évangile. Si le message du Maître de la Palestine a traversé les siècles, c’est parce qu’il est valable pour tous les temps, et il continue aujourd’hui à être la réponse inspiratrice pour les hommes et les femmes de toutes les classes. Pour cette raison, nous sommes appelés à la proposer à notre temps actuel.

1.2 La fin du christianisme ?

Aujourd’hui, nous pouvons voir que les générations plus âgées partagent un code de vie dont les coordonnées ont été offertes par les valeurs d’une société dans laquelle l’Église occupait une place centrale. Le son de la cloche marquait le rythme du temps qui passait et appelait les fidèles à participer aux occasions festives les plus variées. De la naissance à la mort, les sacrements marquaient les étapes les plus importantes de l’histoire personnelle et alimentaient par l’Eucharistie et, éventuellement par la réconciliation, la routine hebdomadaire des croyants. Le théologien français P. Bacq, fait référence à ce modèle et affirme que « les personnes devenaient chrétiennes par osmose, en adoptant simplement des façons de penser, des comportements et des pratiques de l’environnement croyant auquel elles appartenaient. Les questions de la foi se développaient d’une façon naturelle en s’identifiant avec la pratique : être chrétien signifiait être baptisé et pratiquant » (2). Les églises se remplissaient de fidèles et les séminaires recevaient les enfants remarquables de l’école ou ceux qui disposaient de bonnes ressources financières. Une fois ordonnés prêtres, on les envoyait dans des paroisses nombreuses où ils reproduisaient le même modèle pastoral qui avait dominé depuis des siècles dans leurs terres d’origine.

Ce modèle du christianisme a duré pendant des siècles. Aujourd’hui, dans de nombreuses villes européennes, plutôt que  des églises pleines de gens, nous trouvons des lieux pleins d’objets et de tableaux, facilement repérables comme des musées, des lieux qui éveillent l’intérêt du point de vue artistique, qui évoquent des événements historiques et qui suscitent la curiosité des touristes, mais qui sont peu fréquentés en tant que lieux pour la célébration de la foi.

Pourquoi la question de la foi est-elle devenue une « chose rare », jusqu’au point de trouver des personnes qui se questionnent sur la fin du christianisme ? Serons-nous la dernière génération de chrétiens ? Nous reconnaissons qu’il y a un effet pervers du phénomène religieux qui a suscité la réaction passionnée de certains athées, comme le résume l’écrivain C. Stenger dans le livre populaire La peur de l’insignifiance (3). Stenger montre le nouveau courant de critique prôné par les « chevaliers de l’apocalypse » (4) dans les œuvres les plus célèbres, et il arrive à conclure que pour eux la religion est toujours mauvaise et elle empoisonne la vie de l’homme, raison pour laquelle elle doit être éliminée. Dans quelle mesure pouvons-nous inverser cette situation ?

1.        Le retour de Dieu

Les attaques des « chevaliers » à la condition religieuse n’ont pas dissipé le phénomène religieux de l’horizon existentiel. Au contraire, ils ont eu le mérite d’éveiller de nouvelles façons d’aborder le sacré, surtout, de stimuler la purification des expressions qui défiguraient le message de Jésus. D’une façon générale, au début du XXIe siècle, il y a une vigueur remarquable des mouvements religieux, comme en témoigne l’étude menée par J. Michlethwait et A. Wooldridge intitulé Le retour de Dieu – comment le retour de la foi est en  train de changer le monde. À travers des faits et de la lecture des statistiques, les auteurs démontrent la réapparition, même dans les pays où le nom de Dieu avait été interdit comme la Russie et la Chine, d’une pluralité d’expressions religieuses. La plupart des milliers de réfugiés qui « envahissent » aujourd’hui l’Europe sont des hommes et des femmes qui croient et professent un autre credo et par conséquent, aux yeux des Européens, constituent une menace pour la sécurité et un défi pour l’identité affaiblie d’un continent vieillissant. R. Dawkins affirme qu’aujourd’hui, probablement pour des raisons différentes, ridiculiser la religion aux États-Unis et en Europe est aussi risqué que brûler le drapeau national au siège d’un groupe d’extrême droite5. La ferveur religieuse est à l’origine des plus grandes tensions, mais c’est dans ce contexte paradoxal que le disciple de Jésus est appelé à évangéliser.

2.1       La recherche de Dieu dans le questionnement sur le sens.

Dans la grande introduction du Catéchisme de l’Église catholique on trouve l’affirmation selon laquelle l’homme a soif de Dieu et qu’en Lui seul il trouve la vérité et le bonheur qu’il ne se lasse de chercher6. La question de la capacité naturelle qu’a l’homme de Dieu est récurrente dans la littérature universelle et en particulier dans  les écrits inspirés par le christianisme, et on la trouve clairement exprimée chez tous les grands auteurs, depuis les Pères de l’Église jusqu’aux plus récents documents conciliaires. Tous sont unanimes à réaffirmer que la vocation humaine ne peut se réaliser en plénitude que dans la communion avec Dieu.

Le questionnement sur le sens est l’un des moyens privilégiés pour la découverte de Dieu. En s’interrogeant sur le sens de l’histoire, personnelle et collective, l’homme entre nécessairement en débat avec Dieu. Comme W. Kasper qui disait que dans l’interrogation  sur  le  sens  de  la  vie  se  pose  inévitablement  la question de Dieu. Elle « est seulement possible dans un horizon de questionnement universel. Nous pouvons seulement parler de Dieu non pas en nous posant des questions sur ceci ou cela, mais quand nous nous interrogeons sur le sens de l’ensemble de la réalité. Ainsi, le questionnement sur le sens se transforme en un point de départ pour un discours compréhensible et responsable sur Dieu »7.

La psychologie existentielle, par exemple, confirme que l’expérience religieuse est inévitable parce qu’elle joue un rôle important dans la mesure où elle protège l’homme de l’anxiété, surtout face à la peur de la mort. La foi assure à l’homme tout au long de son itinéraire, une attitude confiante qui lui permet d’affronter les profondeurs les plus risquées. La cosmovision du croyant trouve le sens au-delà de l’explicable et, pour paraphraser le poète français Péguy, ce regard vers l’éternel fonde l’espérance qui, étant la plus jeune des trois sœurs – la foi, l’espérance et la charité – est la plus forte, et c’est elle qui dirige ses sœurs ainées. Si pour l’homme Dieu est la réponse de tous les temps, que pouvons-nous faire pour que Son message puisse atteindre tous les destinataires à travers un changement libérateur de toutes les structures qui déprécient la vie et prolongent la souffrance qui provient du manque de sens ?

2.1   L’aventure de la foi

La perspective de la foi nous dit que l’homme est essentiellement la créature née de la main de Dieu. Il est vrai que sa nature est contaminée par le virus du mal ou, comme l’indique le cardinal J. Ratzinger, elle est « infiltrée par un autre facteur qui, en plus de la tendance orientée vers Dieu, a aussi un appel, qui éloigne de Dieu. » (8)

Les textes sacrés conservent une actualité étonnante parce que nous continuons à être comme Caïn, le frère qui par envie tue son frère ou bien, nous ressemblons à Abraham, exemple du croyant qui, motivé par une impulsion divine, recherche une réponse à ses inquiétudes en contemplant le ciel étoilé. Nous sommes comme David ou comme l’un des disciples, capables du meilleur et du pire, deux chemins sur lesquels réfléchissait déjà l’ancien sage lors de la composition du Psaume premier.

Sur la table, on trouve des questions d’ordre pastoral : quelles stratégies devons-nous prendre ? En tant qu’agents pastoraux vincentiens, quelle contribution pouvons-nous  donner pour  rendre « effectif l’Évangile » ? J-M Donegani affirme que la nature de la situation actuelle ne signifie pas qu’elle est, en soi, plus opposée    à l’Évangile que dans les temps précédents9. La mutation du paradigme qui se profile à l’horizon exige de la part des agents pastoraux une attention aigüe aux signes des temps afin de pouvoir donner une réponse adéquate, conformément au charisme fondateur synthétisé dans le passage de l’Évangile « Il m’a envoyé évangéliser les pauvres ». Il est intéressant de voir comment l’histoire nous montre que, dans ces temps de grande transition, des hommes inspirés par Dieu ont su, conformément à l’Évangile répondre aux besoins du temps. C’est le cas de S. Benoît, François d’Assise et Vincent de Paul. Il est vrai que l’étude de l’histoire de l’inculturation du message nous aide à comprendre l’actualité, mais il serait inutile pour les défis de nos jours, de chercher dans cette voie les recettes pastorales. Le passé peut éclairer mais, comme disait le sage de l’Ancien Testament, « il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux » (Ecclésiaste 3.1). Ce temps exige d’autres ressources, un nouveau langage, une attitude différente.

2.1     Une proposition : la pastorale de la gestation

L’ouvrage collectif intitulé Une nouvelle chance pour l’Évangile. Vers une pastorale, publié en 2004, sous la direction des théologiens Bacq et C. Theobald, est présenté comme une proposition pertinente pour la réflexion à partir de laquelle nous pouvons élaborer des lignes d’action. Après avoir indiqué plusieurs modèles pastoraux existants – pastorale de transmission ou d’encadrement, d’accueil, de proposition et d’initiation – le Bacq s’arrête dans la caractérisation de la proposition pastorale de la gestation pour la définir comme celle qui nous « réfère à l’expérience humaine la plus puissante et la plus fragile, la plus émouvante, la plus joyeuse et parfois la plus douloureuse »10. Elle contient un projet qui suscite   la vie à partir de l’amour (et non pas à partir de l’idéologie ou du sens de culpabilité), la vie défendue dans toutes les circonstances  où elle se voit précaire et marginalisée. L’auteur rappelle que le « cœur de l’Évangile est là », dans la défense intransigeante de la vie. De  plus, cette perspective vise l’implication harmonieuse  du masculin et du féminin parce que « personne n’est capable d’engendrer seul ». Elle invite « à reconnaître pleinement les charismes de chacun » et renforce les relations de réciprocité, en assurant la « même sollicitude les uns envers les autres » (1Cor12), une sollicitude qui développe des cellules ecclésiales à la mesure humaine dans un dialogue permanent, à partir duquel naissent des initiatives pastorales inédites, la « pastorale du fait-maison, du produit artisanal qui n’est ni industriel ni en série». Ainsi, dans cet environnement, il est souhaitable que chacun atteigne son identité propre, et qu’il soit cohérent avec soi-même. Loin de l’obsession  de définir des stratégies, ce modèle privilégie, en premier lieu, la réflexion autour des questions suivantes : Qu’est-ce qui se passe entre Dieu et ces hommes et femmes qui vivent à l’aube du XXIe siècle ? De quelle manière Dieu invite l’Eglise à transformer sa façon traditionnelle de croire et de vivre pour donner accès à la rencontre ? Comment Dieu se rapproche de la personne avec qui je parle ?

À ces questions, comme vincentiens, nous pouvons également en ajouter d’autres : dans quelle mesure le charisme vincentien peut contribuer à la gestation des semences de Dieu dans ces situations de périphérie ? Sommes-nous dans le contexte du désert ?

2.1       Un regard vincentien : Mission et Charité

La perspective vincentienne apporte avec elle une marque qui comprend deux temps qui, tout en étant différents, sont inséparables. Deux faces d’une même médaille : Mission et Charité. Comment comprenons-nous chacun de ces mots ? Dans certains contextes, domine une vue partielle qui tend à restreindre la mission à l’annonce et les œuvres de la charité à la bienfaisance. Si sur le plan conceptuel cette distinction demeure possible et peut-être même avantageuse, au niveau pratique elle ne peut avoir de sens que si nous la comprenons comme un même processus d’évangélisation contenant des moments différents. La Parole de Dieu est en substance, performative, c’est- à-dire, génératrice d’une nouvelle réalité. Dès ses premières pages, l’Ecriture Sainte nous montre la relation intime entre ce qui est dit et ce qui est fait. Ainsi, dans le récit de la création, nous trouvons d’une part « Dieu dit » et de l’autre, « et Il fit, il créa … ». La parole et l’événement sont indissociables. En effet, le terme hébreu dabar signifie en même temps « parole » et « action », comme le suggère le texte du prophète Isaïe 50, 10-1111. Le Christ est par excellence la Parole de Dieu, non seulement pour le message transmis, mais aussi pour le geste réalisé. Ses multiples miracles sont une garantie de l’authenticité de la présence du Royaume de Dieu parmi les hommes. Dans la même perspective, Vincent de Paul propose un « format » de mission qui comprend inexorablement l’exercice de la Charité. Le missionnaire est appelé à imiter Jésus dans un double rôle, spirituel et corporel, parce que dans ces deux mouvements se trouve la suite la plus parfaite de Jésus.

Ainsi, comme vincentiens, conformément à l’intuition charismatique du fondateur, nous sommes appelés à ne pas négliger ces deux aspects dans notre action pastorale. L’annonce de la  Parole nous engage dans la cause des pauvres dans ses différentes implications, c’est-à-dire, non pas seulement en leur procurant une simple assistance matérielle, mais aussi dans la promotion des plus défavorisés et dans la lutte contre les structures qui maintiennent l’exploitation. Si la parole est répétée sans une incarnation dans le quotidien personnel et communautaire, ou bien, s’il n’y a pas une conversion traduite par des gestes concrets, à l’exemple de Zachée qui, ayant trouvé Jésus, décide de rembourser l’argent volé, cela veut dire que cette parole n’est pas la Parole de Dieu, ou bien elle n’a pas été reçue en tant que telle.

En conclusion : une route à travers le désert

Les Actes des Apôtres décrivent l’épisode dans lequel Philippe est envoyé sur un chemin à travers le désert. Apparemment, cette proposition serait absurde pour un missionnaire puisque dans le désert il ne trouverait pas de public à évangéliser. L’attitude de Philippe qui, dans l’obéissance aux appels de l’Esprit Saint avance dans la terre aride, exprime ainsi la raison d’être de l’Église. Le Pape Benoît XVI affirme que la mission de l’Église est de sauver l’homme dans son désert pour « le conduire vers le lieu de vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, et la vie en plénitude » (12).

Aujourd’hui, le Saint-Esprit continue à nous inviter à marcher sur des chemins désertiques et des routes impraticables pour aller à la rencontre et baptiser des nouveaux Ethiopiens. Ce sont des voyages exigeants. Les seuls survivants seront ceux qui se sont préparés et qui maintiennent une perspective du futur suffisamment motivante, capable de compenser l’âpreté d’une activité pleine d’imprévus.  Les tentations des oignons d’Égypte ou celles de rester cristallisés  à contempler le passé comme la femme de Lot sont fréquentes. La terre brûlée par le soleil deviendra facilement une tombe pour les personnes qui manquent de préparation.

Ce territoire inhospitalier est aussi le lieu où la voix de Dieu se fait entendre plus facilement. Dans le silence des lieux inhabités,  on entend l’écho de la voix qui nous attire et nous appelle par notre nom. En tant que membres de la CM, animés par l’amour envers les nomades de Dieu, sommes-nous capables de donner à boire et guérir les blessures des plus faibles ? Sommes-nous préparés pour cette mission ? Sommes-nous en train de travailler afin que, de cette terre morte, surgissent aussi des espaces verts, de petites oasis où nous pourrons semer généreusement les graines de la Parole de Dieu ?

Assumer cette mission de guides dans le désert exige que nous renforcions notre identité à la lumière du corps charismatique des origines. Il implique un aggiornamento (mise-à-jour) interne et une conviction de ne plus chercher les routes les plus faciles qui nous mènent loin des pèlerins qui, chaque jour demandent le sens des écritures. C’est le moment où la voix de Dieu se fait entendre, sans doute avec clarté. Entrainons-nous à l’écouter !

Nélio Pita, CM 🔸

L’annonce de la  Parole nous engage dans la cause des pauvres dans ses différentes implications, c’est-à-dire, non pas seulement en leur procurant une simple assistance matérielle, mais aussi dans la promotion des plus défavorisés et dans la lutte contre les structures qui maintiennent l’exploitation

Explications :

Traduit par : Abdo EID, CM

NOTES :

1. VARGAS LLOSA, M., A civilização do espetáculo. [La civilización del espectáculo] Lisboa: Quetzal, 2012. p. 11.

2. BACQ, P, «Para uma pastoral da gestação». In THEOBALD, C., BACQ, P., Uma nova oportunidade para o Evangelho. Lisboa: Paulinas, 2013, p. 8.

3. STRENGER, C.,O medo da insignificância. Como dar sentido às nossas vidas no século XXI. Lisboa: Lua de Papel, 2012.

4. Cf. HARRIS, S. (2004), The end of faith: religion, terror and the future of reason. Nova Iorque, NO: Norton; DENNETT, D.C. (2005). Breakingthespell: religion as la natural. Nova Iorque, NI: Viking; HITCHENS, C. (2007), God is not great: how religion poisons absolutely. Nova Iorque: NI: TwelveBooks; ONFRAY, M. (2007). Atheistmanifesto. Nova Iorque, NY: Arcade. DAWKINS, (2006). TheGoddelusion. Nova Iorque, NY, Houghton Mifflin.

5. Cf. DAWKINS, R., Adesilusão de Deus [El espejismo de Dios]. Lisboa: Casa de las Letras, 2º Ed., 2007, p. 17

6. Catecismo da Iglesia Católica, n. 27.

7. KASPER, Walter. Introdução à fé [Introducción a la fe]. Porto: Ed Telos, 1972. Sobre este tema, cf., por ejemplo, FISICHELLA, R.,A fé como resposta de sentido. Abandonar-se ao mistério [Lafecomo respuesta de sentido. Aban- dona-se al misterio]. Lisboa: Paulinas, 2006.

8. RATZINGER, J., Deus e o mundo. A fé cristã explicada por Bento XVI. [Dios y el mundo. La fe cristiana explicada por Benedicto XVI].Coimbra: Tenacitas, 2006, p. 49.

9. DONEGANI, J-M., Inculturação e gestação do crer. [Inculturación y gestación del creer]In THEOBALD, C., BACQ, P.,Op. Cit., pp. 35-55.

10. Cf. BACQ, P., Op. Cit., pp. 7-34.

11. Cf. SANTABÁRBARA, L. González-Carvajal, Con los pobres contra la pobreza. Madrid: San Pablo, 1991, pp. 173-187.

12. Homilía en la Misa de inicio de Pontificado (24 abril  2005): AAS  97 (2005), 710.