Par la porte de Monsieur Vincent

– Actes 2, 14a, 36-41 / 1 Pet 2,20b-25 / Jn 10,1-10 // Année Liturgique A –

Frères et sœurs, savez-vous que dans le monde vincentien, 2017 est une année exceptionnelle ? Toutes les branches qui forment notre famille, fêtent les 400 ans des débuts de la Mission et de la Charité, selon st Vincent. C’est grande joie chez les Équipes st Vincent, les membres de la Congrégation de la Mission, les Filles de la charité, les Conférenciers et toutes les autres fondations qui se réclament de notre saint. Nous nous retrouverons, ici au Berceau, pour célébrer cet anniversaire à l’occasion des fêtes de la Pentecôte. Aujourd’hui, en ce dimanche de prière internationale des vocations, nous avons bien le droit, en ce lieu béni, de méditer sur l’appel « à la manière de Monsieur Vincent » et de supplier le Seigneur sur la beauté de cette convocation. A quoi le jeune Vincent qui a vécu 15 ans à Ranquines, s’est-il senti invité ? A quoi sommes-nous mobilisés, aujourd’hui encore ?

  1. Ne l’oublions pas, c’est ici même que Vincent Depaul a entendu Dieu lui faire signe. Il a reçu des siens la foi, l’a développée et l’a assumée pour lui-même. La famille a été son terreau d’élection. Il a prié avec les siens, il a travaillé pour eux ; il a reçu et donné l’amour et tout naturellement, son cœur s’est ouvert aux choses de Dieu. Comme il le suggèrera plus tard «Un mouton fait un mouton » pour nous confier : ‘qui est plein de Dieu donne Dieu’. Dans l’évangile qu’il a ouvert, il a lu cette page de st Jean et reçu ces mots de Jésus : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage… Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». Qu’en est-il de l’éducation chrétienne donnée et reçue dans nos familles, nos communautés, nos assemblées ? Comment sont-elles des lieux d’éveil des vocations, des lieux d’appel ? Et quand on habite en terre landaise, y aurait-il honte et déshonneur à orienter un enfant vers la famille de Vincent ?
  2. Comme lui, nous avons à prendre cette porte, si quelqu’un nous la montre et nous l’ouvre. Nous risquons toujours de prendre d’autres passages, de nous trouver devant des impasses, de risquer de nous faire voler ou agresser le cœur. Monsieur Vincent jeune, a frôlé le carriérisme mais il a réussi à trouver des intermédiaires qui l’ont conduit au Christ. Il s’est laissé saisir par le Christ cherchant les êtres en perdition, écoutant leurs confidences, leur pardonnant et les remettant en route. Il a découvert son autre face, le Serviteur à genoux devant ses frères, trouvant sa joie dans les secours et les appels lancés par les personnes en détresse. La vocation vincentienne n’indique pas autre chose : évangéliser en ouvrant la porte de l’Évangile et veiller à ce que personne ne manque du nécessaire pour vivre et se réconcilier avec la vie. Il y a là, un véritable défi qui vaut un engagement pour toujours. Comme il est heureux d’être missionnaire ! C’est un vieux prêtre qui vous le dit et qui, malgré ses limites, ses imperfections et son péché, ne regrette rien du parcours et de l’existence que lui a offert la Congrégation de la Mission, la bien-nommée. Que ce modeste témoignage emporte l’adhésion de quiconque se pose la question de suivre ce Christ Missionnaire et Serviteur. A sa suite, nos pas dans ses pas, devenir « bon berger, gardien des âmes », c’est trouver la porte du bonheur !
  3. Mgr Sarrabère confiait un jour, que se trouvant quelquefois au fin fond du monde, et apercevant sur les murs des églises ou des salles paroissiales, le portrait de st Vincent, il disait en souriant : «  Je suis l’évêque de Monsieur Vincent » et cela lui servait de présentation. Au-delà de l’anecdote, nous pouvons nous souvenir que de Ranquines à l’universel, il n’y a qu‘un pas. Comme Jésus, le petit landais est devenu le saint de tous, le missionnaire et le serviteur de tous. Savez-vous que de cette vieille école apostolique qui a duré plus de 100 années, sont sortis, 475 prêtres, 32 frères, 323 lazaristes dont 189 en Mission hors d’Europe, 142 diocésains et 10 en d’autres congrégations. Sept élèves sont devenus évêques en Grèce, Colombie, Chine, Madagascar. Quand on fréquente cette chapelle, il faut porter toute cette histoire et se dire que ce qui a été fait dans le passé vaut pour aujourd’hui. Le monde entier est toujours le chantier de la mission et comme st Pierre nous l’a écrit, chacun de nous est responsable du cœur du message à transmettre : « Convertissez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés ». Si nous avons été appelés et baptisés, c’est pour le communiquer et qui pourra le savoir, s’il n’y a pas d’ouvriers pour le faire connaître ? Toi qui participes à cette Eucharistie, en cette journée des vocations : offre et prie, alors tu seras berger. Amen
Jean-Pierre RENOUARD, CM 🔸

Jean-Pierre Renouard

Jean-Pierre Renouard

26 novembre 1934. Ecole publique de Ribaute (Gard), Prime-Combe, Lycée d’Alès (Gard). Séminaire interne Dax- Etudes à Paris et à Rome. Vocation 21 octobre 1955. Vœux 14 avril 1963 et Ordination sacerdotale le 5 avril 1964. Habite au Berceau pour la quatrième fois (Marseille, CIF, Catus, Limoges)
La vocation vincentienne n’indique pas autre chose: évangéliser en ouvrant la porte de l’Évangile et veiller à ce que personne ne manque du nécessaire pour vivre et se réconcilier avec la vie. Il y a là, un véritable défi qui vaut un engagement pour toujours. Comme il est heureux d’être missionnaire !